Avis aux amateurs d'asperges des bois, des intoxications sont possibles

Written on 04/03/2025
CNI avec AFP

En Corse, c’est une tradition du printemps : l'asperge des bois, plante sauvage aux boutons floraux en forme d’épi, se déguste volontiers en vinaigrette ou en accompagnement. Récoltée entre avril et juin, elle fait le bonheur des cueilleurs. Mais les autorités sanitaires rappellent qu’une mauvaise identification peut entraîner des intoxications parfois graves.

Avis aux amateurs d’asperges des bois dont la saison a commencé : bien qu’a priori comestible, cette plante sauvage peut provoquer chez certaines personnes des intoxications parfois graves, trois à quatre heures après le repas, avertissent ce jeudi les autorités sanitaires.Plante sauvage de couleur vert amande, l’aspergette pousse dans les prairies et les bois, d’avril à juin en Franceet en Corse - elle peut aussi être cultivée en potager. Son bouton floral en forme d’épi se consomme en vinaigrette ou en accompagnement d’un plat.

De janvier 2010 à juin 2020, sa consommation a entraîné 48 cas d’intoxication, dont un grave, recensés par les centres antipoison en France, indique un avis de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation de l’environnement et du travail.

Douleurs intenses et gonflements
Trois à quatre heures après avoir consommé des asperges des bois, ces personnes ont présenté des douleurs intenses du pharynx, un gonflement de la bouche ou de la gorge et des difficultés à avaler. Une analyse en laboratoire a montré une présence abondante de microscopiques cristaux en forme d’aiguilles, les raphides d’oxalate de calcium, présents dans nombre de plantes et dont le caractère irritant est bien connu. En lésant la peau et les muqueuses, ces cristaux pourraient « faciliter le passage de substances inflammatoires ou toxiques, provoquant un gonflement local des tissus », explique l’Anses, qui note qu'« au cours d’un même repas, certains consommateurs ont été touchés et d’autres pas, suggérant une sensibilité individuelle ». La cuisson n’élimine pas la toxicité des asperges, précise l’agence.

Si d’autres recherches seraient nécessaires pour identifier précisément les substances provoquant l’inflammation, l’Anses émet une mise en garde et conseille, « en cas de détresse vitale », d’appeler un centre antipoison, le 15, le 112 ou le 114 -pour les personnes malentendantes. Photographier « les plantes consommées avant cuisson peut aider à identifier la plante en cas d’intoxication », précise-t-elle.