L’INSEE a présenté son bilan démographique 2024 ce jeudi matin à Ajaccio. Une étude qui révèle que la Corse compte désormais plus de 360 000 habitants et enregistre une démographique trois fois plus rapide que la moyenne nationale. Une hausse de la population uniquement liée aux migrations résidentielles, alors que les naissances sont en baisse sur le territoire et que les décès ne cessent d’augmenter.
« En Corse, de plus en plus d’habitants et de moins en moins de naissances ». C’est le constat qui ressort du bilan démographique 2024 de l’INSEE, présenté ce jeudi matin à Ajaccio. Avec 360 200 personnes résidant en Corse au 1er janvier 2025, la population de l’île enregistre une évolution de 32 900 personnes en l’espace de 10 ans, à raison d’une augmentation de 1% par an durant cette période. « C’est un rythme assez élevé : la population corse évolue trois fois plus vite qu’au niveau national », souligne Arnaud Huyssen, chef de projet qui a réalisé cette étude qui vient en complément d’un bilan démographique national annuel, en notant que la Corse reste, malgré cette évolution de la population exponentielle, la région la moins peuplée de France métropolitaine.
Dans le même temps, il relève que cette « dynamique importante repose exclusivement sur le solde migratoire ». En effet, avec 3900 personnes par an qui arrivent sur l'île, la Corse est à la fois le territoire qui enregistre la plus forte croissance démographique par an, tout en accusant dans le même temps un solde naturel négatif. « Il y a plus de décès que de naissances sur le territoire. S’il n’y avait pas les nouvelles entrées, entre 2013 et 2015 on aurait perdu naturellement 6300 personnes en Corse », détaille le chef de projet de l’INSEE en indiquant que ce solde naturel négatif n’a fait que s’amplifier depuis 2013. Jusqu’à atteindre un différentiel de -1100 personnes entre les naissances et les décès en 2024. « C’est le plus bas niveau enregistré ces cinquantaine dernières années », précise Arnaud Huyssen.
Pour expliquer cette baisse du solde naturel, l’INSEE met en exergue deux éléments. À commencer par une diminution de 18% des naissances depuis 2011, année où 3080 naissances avaient été enregistrées sur l’île. Une tendance à la baisse qui n’a fait que s’accentuer. En 2024, seuls 2400 bébés sont ainsi nés en Corse. « C’est le plus bas niveau enregistré depuis 1976 », note Arnaud Huyssen en pointant une baisse de 4% sur un an, un chiffre deux fois plus élevé qu’au niveau national. « Cette baisse des naissances se rencontre dans toutes les régions de France métropolitaine car il y a un changement de mentalité des personnes mais aussi des incertitudes économiques qui peuvent expliquer cela, mais elle est particulièrement marquée en Corse », ajoute-t-il, « On a vraiment une chute du taux de fécondité, c’est-à-dire du nombre d’enfants par femme, depuis 2010 ».

Antonin Bretel, directeur régional adjoint de l'INSEE, et Arnaud Huyssen, chef de service études à l'INSEE de Corse, ont présenté le bilan démographique 2024 ce jeudi matin.
En 2024, ce taux s’établissait à 1,19 enfant par femme en Corse, insuffisant pour « assurer le renouvellement des générations » selon le statisticien de l’INSEE. « Pour cela il faut avoir a minima 2,05 enfants par femme ». Alors que la moyenne nationale est aujourd’hui de 1,62 enfant par femme, le taux de fécondité sur l’île est en outre le plus bas de France. « Pour autant, la Corse ressemble beaucoup à d’autres territoires méditerranéens qui ont des taux de fécondité très bas depuis longtemps », observe Arnaud Huyssen, « On a par exemple 1,08 enfant par femme à Malte, 1,16 en Espagne ou encore 1,24 en Italie. La Sardaigne est encore plus bas, puisque le taux de fécondité est d’un enfant par femme ». « On a des enfants de plus en plus tard, donc, forcément, on en a moins qu'avant. Et puis, dans le cas des migrations résidentielles, beaucoup de gens arrivent déjà avec des enfants », commente de son côté Antonin Bretel, le directeur régional adjoint de l’INSEE Corse.
Par ailleurs, la démographie corse est aussi marquée par une hausse des décès qui ont augmenté de +30% depuis 2000, jusqu’à atteindre le nombre de 3500 l’année dernière. « Il a deux choses qui peuvent expliquer cette tendance. Tout d’abord, il y a un effet démographique : la Corse a de plus en plus d’habitants et donc mécaniquement, il y a plus de décès. D’autre part, il y a un effet structurel avec le vieillissement de la population et la génération du baby-boom qui arrive à des âges de plus forte mortalité », constate Arnaud Huyssen, pointant toutefois que « la Corse reste parmi les régions de France où l’espérance de vie est la plus élevée » avec 85 ans et 7 mois pour les femmes, et 81 ans et 6 mois pour les hommes. Une espérance de vie en nette progression au cours des 25 dernières années.
« Aujourd'hui, c’est un habitant sur quatre qui a plus de 65 ans en Corse contre un sur cinq il y a une vingtaine d'années. Quand on fait des projections de population, on voit qu’on va continuer dans le vieillissement. On va arriver à l'horizon de 2070 avec 2,3 seniors pour un jeune de moins de 20 ans. Le solde naturel qui est négatif aujourd'hui va continuer à se creuser », expose encore Antonin Bretel avant de conclure : « Si on continue à tracer ces droites de tendances, on voit qu’on va être en croissance jusque 2050. Ensuite, on va être sur un palier et après on va même perdre de la population puisque le vieillissement sera tel que même les migrations résidentielles ne permettront plus de compenser le solde naturel négatif ».
Par ailleurs, la démographie corse est aussi marquée par une hausse des décès qui ont augmenté de +30% depuis 2000, jusqu’à atteindre le nombre de 3500 l’année dernière. « Il a deux choses qui peuvent expliquer cette tendance. Tout d’abord, il y a un effet démographique : la Corse a de plus en plus d’habitants et donc mécaniquement, il y a plus de décès. D’autre part, il y a un effet structurel avec le vieillissement de la population et la génération du baby-boom qui arrive à des âges de plus forte mortalité », constate Arnaud Huyssen, pointant toutefois que « la Corse reste parmi les régions de France où l’espérance de vie est la plus élevée » avec 85 ans et 7 mois pour les femmes, et 81 ans et 6 mois pour les hommes. Une espérance de vie en nette progression au cours des 25 dernières années.
« Aujourd'hui, c’est un habitant sur quatre qui a plus de 65 ans en Corse contre un sur cinq il y a une vingtaine d'années. Quand on fait des projections de population, on voit qu’on va continuer dans le vieillissement. On va arriver à l'horizon de 2070 avec 2,3 seniors pour un jeune de moins de 20 ans. Le solde naturel qui est négatif aujourd'hui va continuer à se creuser », expose encore Antonin Bretel avant de conclure : « Si on continue à tracer ces droites de tendances, on voit qu’on va être en croissance jusque 2050. Ensuite, on va être sur un palier et après on va même perdre de la population puisque le vieillissement sera tel que même les migrations résidentielles ne permettront plus de compenser le solde naturel négatif ».