Commémoration du drame de Furiani : une programmation tournée vers la jeunesse

Written on 04/02/2025
Léana Serve

À l’approche du 33e anniversaire du drame de Furiani, le collectif des victimes du 5 mai 1992 a dévoilé ce mercredi le programme des commémorations 2025. Projections, échanges, rencontres sportives : cette année encore, l’accent est mis sur la transmission auprès des jeunes générations. Un passage de témoin essentiel pour que l’histoire ne s’efface pas.

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Trente-trois ans après l'effondrement de la tribune nord du stade Armand-Cesari, qui a coûté la vie à 18 personnes et blessé plus de 2 300 autres, le souvenir du 5 mai 1992 reste une plaie vive. Fidèle à son engagement, le collectif des victimes poursuit son travail de mémoire. Ce mercredi, sa présidente Josepha Guidicelli a présenté le calendrier des événements commémoratifs qui jalonneront les prochaines semaines. Une édition 2025 placée sous le signe de la transmission. « Il est primordial de sensibiliser les plus jeunes à cette tragédie », insiste Josepha Guidicelli. « Je dis toujours qu’on est fait de ce qui nous a précédé. C’est donc eux qui vont, dans quelques années, raconter notre histoire. Et c’est pourquoi elle ne doit pas être oubliée. »

Cette année encore, plusieurs actions seront spécifiquement tournées vers la jeunesse. Le court-métrage 5 mai 92, réalisé par Corinne Mattei, sera projeté devant plus de 230 lycéens. Un échange avec la réalisatrice est prévu à l’issue de la séance, suivi d’une présentation vidéo retraçant l’histoire du drame et de la mobilisation née au sein du collectif. « Ce temps de dialogue est fondamental. Il ne s’agit pas seulement de raconter, mais de faire comprendre », souligne Josepha Guidicelli.

Autre moment fort : l’organisation d’un grand plateau intergénérationnel de football. Des vétérans du SC Bastia, de l’ACA, de la Squadra Corsa, de Montpellier, de l’association Sporting Bastia 92 et des jeunes joueurs U13 se retrouveront autour du ballon rond, dans un esprit de mémoire et de partage. Un second rendez-vous sportif, le challenge Santa Grimaldi, rassemblera également des équipes U11 venues de toute la Corse. Des lectures seront faites en hommage aux victimes avant les matchs.

Cette année, pour la première fois, le collectif portera aussi son message au-delà de l’île. Il se rendra à Marseille pour aller à la rencontre de jeunes footballeurs de l’Olympique de Marseille. Une manière d’élargir encore le cercle de cette mémoire partagée.  “Lorsque Pablo Longoria, le président de l’Olympique de Marseille, est venu lors des commémorations, il a été très touché, et a souhaité qu’il se passe quelque chose là-bas”, détaille Josepha Guidicelli. “Ils vont inaugurer, au sein du musée de l’Orange Vélodrome, un espace dédié au 5 mai 1992 pour rendre hommage aux victimes. Avec le collectif, on va aussi se rendre au sein de l’OM Campus, qui forme les futurs footballeurs professionnels, afin de réaliser la même sensibilisation que l’on fait en Corse."


De nombreux témoignages

Les commémorations de la catastrophe de Furiani seront également l’occasion de faire témoigner “tous ceux qui ont été aux premières loges de ce drame”. À la fin du mois, plus de 150 collégiens seront sensibilisés à cet événement, et entendront le témoignage de nombreuses personnes ayant vécu ce drame. “Après un moment de recueillement à la stèle, les élèves participeront à des ateliers sur le collectif, sur la violence dans le football, mais aussi sur le 5 mai 1992 vu par les soignants présents à l’hôpital ce jour-là, ainsi que les journalistes et les joueurs qui étaient présents au stade. L’idée, c’est d’avoir tous les points de vue, et comprendre comment chacun a été impacté par cette tragédie.”

Les soignants du centre hospitalier de Bastia organisent aussi un tournoi de football à l’occasion des 40 ans de l’hôpital, et les gagnants se verront remettre “un trophée 5 mai, en hommage à la tragédie”. “Ils souhaitaient rendre hommage à Furiani à leur manière, parce qu’on a un lien très étroit avec eux. Ce jour-là, aucun hôpital en France n’était préparé à une telle catastrophe, et ils ont fait bien plus que leur travail en prenant en charge les victimes.”