Un an après son lancement officiel, la Conférence des parties pour la transition écologique en Corse (COP de Corse) s’est réunie ce mercredi 3 avril à Ajaccio. L’occasion, pour les services de l’État et de la Collectivité de Corse, de dresser un premier bilan des actions engagées et de rappeler les objectifs de la planification écologique à l’horizon 2030.
La COP de Corse sur la planification écologique s'est réunie ce mercredi matin au Palais des Congrès d'Ajaccio.
Moins d’un an après son lancement officiel, la COP de Corse s’est réunie ce mercredi matin à Ajaccio. Cette « Conférence des parties pour la transition écologique », pilotée par l’État et la Collectivité de Corse, fait écho à la planification écologique lancée à l’échelle nationale. Objectif : structurer et accélérer les actions insulaires pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, préserver la biodiversité et anticiper les effets du changement climatique.
C’est dans ce cadre que se sont retrouvés, au Palais des Congrès, de nombreux représentants d'institutions, d'élus, de scientifiques et d’acteurs du territoire autour de Jérôme Filippini, préfet de Corse, et Gilles Simeoni, président du Conseil exécutif. Après un rappel du contexte national et des objectifs fixés à l’horizon 2030 – dont une baisse de 55 % des émissions de gaz à effet de serre – un état des lieux des travaux menés en 2024 a été présenté, suivi d’une table ronde consacrée aux enjeux locaux.
« Notre bilan en Corse en termes de déchets n’est pas bon »
Les volets décarbonation et préservation ont été au cœur des travaux menés en Corse en 2024, par le biais de la COP. L’adaptation au changement climatique avec la déclinaison en Corse de la 3e génération du programme national d’adaptation au changement climatique et visant à « préparer la France à +4°C » fera l’objet de travaux spécifiques en 2025. En attendant, Jérôme Filipini, le Préfet de Région, se voulait plutôt enthousiaste, concernant la mobilisation des acteurs publics en Corse sur ce sujet : « En entendant ce matin l’ensemble des intervenants, ce qui se fait dans le Cap Corse, dans le domaine viticole ou dans les Bouches de Bonifacio, j’ai le sentiment qu’il se passe des choses très concrètes. Il y a déjà en Corse des femmes et des hommes qui agissent activement pour atténuer les effets du dérèglement climatique mais aussi pour s’adapter. On doit chaque année, vérifier si le chemin emprunté est le bon et si nous devons continuer dans cette direction, grâce à des indicateurs (…) Cette COP n’est pas seulement un bilan mais également un exercice de mobilisation et de motivation collective. On a besoin de cela pour continuer à avancer ». Parmi les grands domaines à améliorer en Corse, celui des déchets a encore été notamment cité, notamment lors des échanges avec la salle et le maire de Viggianello : « En matière de déchets, le bilan de la Corse n’est pas bon aujourd’hui. On enfouit plus des 2/3 de nos déchets alors que la moyenne nationale est à 25%. C’est beaucoup trop, je l’ai déjà dit. On a beaucoup de retard et il faut passer la surmultipliée.. Il faut mettre en place le site de tri et de valorisation de Monte le plus rapidement possible. Il va falloir en faire un autre en Corse du Sud. Il faut des équipements supplémentaires ».
D’autre part, un premier diagnostic a été conduit à partir de travaux réalisés par le secrétariat général à la planification écologique (SGPE) afin de préciser les différents leviers de décarbonation et de préservation de la biodiversité. Celui-ci a permis de recenser les actions des collectivités territoriales établi par le SGPE, qui ont joué le jeu et répondu en masse aux divers questionnaires envoyés notamment aux EPCI et communes insulaires. A l’issue des débats, Gilles Simeoni, le Président du Conseil exécutif, rappelait l’engagement des Corses sur ce thème : « C’est un enjeu et un combat qui nous dépasse et qui doit transcender bon nombre de différences et de divergences. Il y a incontestablement la nécessité d’un engagement renforcé et d’une prise de conscience qui doit se poursuivre avec les générations à venir. Nous avons un tracé un sillon que nous avons vocation à suivre. En Corse, nous avons des contraintes mais aussi des atouts exceptionnels. La planification écologique, c’est aussi le rapport de l’homme avec la terre. Avant même que le concept ait été forgé, les Corses ont mené des combats populaires pour préserver leur environnement, notamment lors de l’épisode des « Boues Rouges ».
Parmi les principaux objectifs fixés par la feuille de route pour 2030, figurent l’alimentation en biomasse liquide des centrales de Lucciana et du Vazzio, l’augmentation de la production solaire, l’efficacité énergétique améliorée des bâtiments, le tri à 100% des déchets d’emballage, la réduction des apports d’engrais minéraux ou encore la hausse du parc de véhicules électriques à hauteur de 20%.