Face à la baisse des effectifs scolaires et à la fermeture de classes annoncée à la rentrée, Julien Morganti, chef de file du groupe d’opposition « Un futur pour Bastia », tire la sonnette d’alarme. Il dénonce un modèle éducatif local « défaillant » et dévoile une série de propositions visant à enrayer la fuite des familles et améliorer les résultats des élèves.
Fermetures de classes, fuite des familles, faiblesse des parcours scolaires… Pour Julien Morganti, élu d’opposition à Bastia, l’école bastiaise traverse une crise profonde. Ce mercredi 2 avril,à l'occasion d'une conférence de presse, le leader du mouvement Un futur pour Bastia, a dressé un constat "alarmant" de la situation scolaire dans la commune, et pointé du doigt les failles de la politique municipale en matière d’éducation, qu’il juge responsable d’un déclin progressif.
Selon lui, la situation actuelle est préoccupante : « D’après un rapport du centre d’action sociale de la mairie, 22 % des élèves bastiais s’arrêtent au bac et 28 % des jeunes de moins de 25 ans sont au chômage. » À cela s’ajoutent, selon l’élu, le vieillissement des bâtiments scolaires, l’absence de gratuité des cantines et des crèches, ou encore une offre d’activités jugée insuffisante. « Cela pousse les familles à quitter Bastia. En huit ans, ce sont 500 enfants qui ont quitté les écoles de la ville », observe-t-il.
Trois fermetures de classes annoncées
Julien Morganti estime que Bastia ne parvient plus à rivaliser avec ses communes voisines – Ville-di-Pietrabugno, Furiani, Biguglia ou encore Borgo – en matière d’éducation, d’emploi ou de logement. « Des classes ouvrent en périphérie, alors que trois classes fermeront à la rentrée prochaine dans les écoles Reynoard, Calloni et Desanti. » Déplorant l’absence d’évaluation des politiques publiques locales, il critique la gestion du budget alloué à l’éducation : « La municipalité consacre 7 millions d’euros par an à l’éducation, mais sans remettre en cause ses choix ou mesurer les résultats. »
Cours supplémentaires, filières d'excellence et gratuité
Pour enrayer ce déclin, le conseiller d’opposition avance un ensemble de mesures. Parmi elles : l’instauration d’heures de cours supplémentaires et de cours particuliers facultatifs. « Nous proposons la création d’une réserve éducative municipale composée d’enseignants en activité ou retraités, pour assurer une heure de cours par jour sur les fondamentaux : lire, écrire, compter. » Il souhaite également offrir 40 heures de cours particuliers à domicile chaque année, « pour que cette aide ne soit pas réservée aux familles les plus favorisées ». Julien Morganti veut aussi détecter les élèves à haut potentiel dès le primaire pour les accompagner jusqu’au supérieur, et annonce son intention d’implanter un campus universitaire à Bastia, « sur des filières de niveau bac+5, peut-être dans les locaux du couvent Saint-François ».
Enfin, il propose de rendre gratuits les crèches, les cantines et les transports scolaires. Un dispositif estimé à 1,5 million d’euros par an, qu’il compte financer en relançant la démographie résidentielle : « La création de 5 000 logements sur dix ans permettrait de générer 3 millions d’euros de recettes fiscales annuelles. »
Un programme éducatif présenté comme une réponse à « un décrochage scolaire préoccupant » et à « une politique municipale figée, qui ne s’interroge jamais sur ses effets ».