En Corse, huit groupes de travail pour transformer les revendications des lycéens en actions concrètes

Written on 10/14/2026
Jeanne Soury

Après une première rencontre consacrée aux revendications des établissements, le rectorat a installé un comité de suivi du plan pour la vie lycéenne, lors d’une seconde réunion organisée ce mercredi 14 octobre. Huit groupes de travail vont permettre d’avancer sur les principales préoccupations des élèves, du bâti scolaire aux remplacements des enseignants. Le ministère a également accordé cinq postes supplémentaires et des moyens financiers pour renforcer ces derniers.

Passer de la parole aux actes. C’est désormais l’objectif affiché par le rectorat de Corse. Ce mercredi 14 octobre, une seconde réunion a permis d’installer le comité de suivi du plan pour la vie lycéenne et de poser les bases d’un travail collectif. Autour de la table, des représentants des lycées Fesch, Laetitia Bonaparte et Finosello aux côtés de la rectrice Nathalie Mons et de représentants des institutions. D’autres élèves de l’île participaient en visioconférence, ainsi que la conseillère exécutive en charge de la jeunesse et de l’éducation, Lauda Guidicelli-Sbraggia. 

Pour les élèves, cette nouvelle étape marque une avancée. « On a eu beaucoup de réponses de la rectrice et de son équipe », se réjouit Didier Monlton, élu au conseil de la vie lycéenne du lycée Fesch. « Le premier rendez-vous était surtout consacré aux revendications de chaque lycée. Aujourd’hui, c’était vraiment sur la mise en place des groupes de travail. On va vers le concret. »

Bâti scolaire, remplacement des enseignants, orientation, internat, vie de l’élève, vie lycéenne et engagement, vie étudiante.. Au total, huit groupes de travail ont été définis pour approfondir les sujets remontés par les jeunes. Un volet consacré à la ruralité et à la mobilité est également envisagé. Ces groupes réuniront des représentants du rectorat, de la Collectivité de Corse et au moins un élève par lycée. L’objectif est de rapprocher les institutions des jeunes pour apporter des réponses à leurs préoccupations.

Huit groupes pour répondre aux difficultés du quotidien

« Les lycéens nous ont dit : “Nous avons été écoutés, mais derrière, il faut qu’il y ait une action concrète” », rapporte Nathalie Mons. La rectrice s’appuie notamment sur les contributions recueillies sur la plateforme Agora : plus de 500 en Corse, sur des sujets aussi variés que les équipements, l’organisation scolaire, l’orientation, les questions médicales ou les emplois du temps. À l’échelle nationale, 90 489 contributions ont, à ce jour, été recensées.

Élève du lycée Laetitia Bonaparte, Luca Bouverot Cristiani exprime son ressenti à la sortie de la réunion : « On a eu des réponses, des actions qui ont été promises sur le long terme et des actions concrètes. C’est ce qu’on voulait, après il faut attendre le résultat de ces groupes, en espérant que ce soit convaincant », indique-t-il.

Parmi les réponses concrètes, le ministère de l’Éducation nationale a accordé cinq postes supplémentaires à l’académie de Corse pour renforcer le remplacement des enseignants absents. Un renfort qui se traduit déjà sur le terrain : le nombre de postes restant à pourvoir pour assurer ces remplacements est passé de treize à huit en une semaine, indique la rectrice Nathalie Mons.

À ces moyens humains s’ajoute une enveloppe budgétaire supplémentaire destinée aux remplacements de courte durée, pour les absences de moins de quinze jours. Elle doit permettre aux établissements d’organiser eux-mêmes ces remplacements et de limiter les heures de cours perdues.

« On a exprimé des besoins, le ministère nous a entendus », souligne la rectrice. Si l’académie affiche de bons résultats en matière de remplacement, des difficultés persistent. « Chaque enseignant qui manque, c’est un enseignant qui fait défaut à nos élèves. Il faut vraiment que l’on avance. » Les situations les plus difficiles à résoudre concernent notamment les lycées professionnels, où certaines spécialités, comme la conduite routière, nécessitent des profils rares.

Cinq postes supplémentaires pour renforcer les remplacements

Au lycée professionnel Finosello, Lobatt Gadio estime que son établissement a été moins touché par les difficultés. Les principales préoccupations concernent davantage l’internat et son équipement. « On a eu une réunion au lycée, ça a été entendu et c’est en train d’être réglé », explique-t-il. Le représentant entend poursuivre son engagement : « C’est bien de s’investir pour tous les lycées. On est une communauté, on est tous ensemble. C’est important. »

Le prochain comité de suivi se réunira le 9 décembre prochain. Nathalie Mons prévient toutefois que toutes les demandes ne pourront pas être satisfaites au même rythme. « Je leur ai dit que je n’avais pas de baguette magique. Certaines actions pourront être résolues à court terme, d’autres prendront plus de temps. Nous ne créons pas ce dispositif en ayant l’impression de gagner du temps », insiste la rectrice. « Nous le créons pour pouvoir avancer avec eux et revenir sur tout un ensemble d’actions concrètes. »