À Bastia, le CIRFA accompagne les jeunes Corses vers l’armée de Terre

Written on 10/12/2026
Léana Serve

Quatre jeunes viennent de signer leur contrat d’engagement au CIRFA de Bastia. Derrière des parcours et des motivations différents, le centre accompagne les candidats dans leur projet, de la préparation aux sélections jusqu’à leur affectation. En Corse, 68 jeunes ont rejoint l’armée de Terre en 2025.

Ils ont choisi des parcours différents, mais s’apprêtent tous à rejoindre l’armée de Terre. Il y a quelques jours, quatre jeunes ont signé leur contrat d’engagement au centre d’information et de recrutement des forces armées (CIRFA) de Bastia, avant de rejoindre leurs nouvelles affectations à travers la France. Parmi eux, Lou s’apprête à rejoindre la sécurité civile à Brignoles. « J’ai toujours été intéressée par le fait d’avoir un métier avec une partie secours », explique-t-elle. Thomas, lui, prendra la direction de Montauban pour rejoindre les parachutistes. « J’ai eu envie de rejoindre l’armée pour la cohésion, l’aventure, et des expériences que le civil ne peut pas m’apporter. » De son côté, Vincent rejoindra le 19e régiment du génie à Besançon. Sagato intégrera quant à lui le 40e régiment de transmissions à Thionville, spécialisé dans les systèmes d’information.
 

Des choix différents, qui illustrent l’un des enjeux du CIRFA de Bastia : faire connaître aux candidats l’étendue des possibilités offertes par l’armée de Terre. « On a quand même 120 métiers, on peut tout faire à l'armée : la mécanique, la maintenance, météorologue, contrôleur aérien… », expliquent les adjudants-chefs Olivier Tresserre et Vincent Massei, chargés du recrutement au CIRFA. Lorsqu’ils franchissent la porte du centre, environ 80 % des jeunes viennent d’abord chercher les métiers les plus visibles de l’institution : l’infanterie, le combat ou encore les blindés. Le rôle des recruteurs consiste alors à élargir leur réflexion. « Si le jeune a le profil parfait pour faire ça, on l’accompagnera. Mais notre travail, c'est d’informer les jeunes sur les leviers possibles. » Ils précisent d’ailleurs qu’exercer un métier technique n’empêche pas de participer aux missions opérationnelles. « Toutes les spécialités sont combattantes. Il n’y a qu'un seul métier, c'est militaire. Après, il y a 120 filières spécialités. »
 

Un recrutement au cas par cas
 

Pour intégrer l’armée de Terre, les candidats peuvent s’engager à partir de 17 ans et jusqu’à 32 ans, sans diplôme. Mais avant la signature du contrat, le parcours peut s’étendre sur plusieurs mois, voire plusieurs années. Dès 16 ans, les jeunes peuvent notamment participer à des stages de découverte ou à des préparations militaires afin de se familiariser avec l’univers militaire. Au CIRFA de Bastia, les recruteurs insistent sur l’importance d’un accompagnement individualisé. « C’est vraiment du cas par cas et c'est un travail qu'on profile tout au long des étapes du recrutement », expliquent les adjudants-chefs Olivier Tresserre et Vincent Massei. Le travail du CIRFA consiste aussi à préparer les candidats aux différentes étapes de la sélection. « On lui donne des conseils, des plans d'entraînement, et c’est là qu’on va voir la motivation et la résilience des candidats. Parfois, on a des candidatures sur une année complète, et parfois tout est bouclé en quatre mois. »
 

Des besoins qui évoluent
 

Aujourd’hui, l’armée de Terre recrute 53 militaires du rang, 10 sous-officiers et six officiers dans la région Corse, indique l’agence de communication du service de recrutement de l’armée de Terre. Au niveau national, 16 000 soldats sont actuellement recrutés par l’armée de Terre. Si les métiers opérationnels continuent de susciter un intérêt important, les besoins évoluent désormais davantage vers la maintenance, la logistique, l’administratif ainsi que les systèmes d’information et de communication. Une évolution qui correspond aussi à la volonté des CIRFA de casser certains clichés. « Je dis souvent que c'est rare de voir un film d'action où on met en avant un mécanicien militaire », sourit Vincent Massei. « Notre travail, c’est de les amener à ouvrir leur esprit sur tout ça. Un combattant en spécialité restauration va aussi partir en mission, notamment en opération extérieure, mais il faut que le jeune fasse l'effort d'aller chercher plus loin que l'aspect visible. Je prends mon exemple : j'ai été maintenancier, je suis parti huit fois à l'étranger. C'est ma spécialité de maintenancier qui m'a permis de faire de l'opérationnel. »
 

En 2025, les deux CIRFA corses ont accueilli 296 visiteurs (190 pour Bastia et 106 pour Ajaccio). Parmi eux, 188 ont déposé un dossier et 68 jeunes ont finalement signé un contrat d’engagement. Une dynamique que l’armée de Terre entend poursuivre cette année en continuant à faire connaître des métiers parfois moins visibles, mais qui peuvent eux aussi mener à des carrières opérationnelles.