Sud Corse : 40 millions d’euros d’investissements annoncés d’ici 2030

Written on 10/07/2026
Julien Castelli

Le 30 septembre, la communauté de communes Sud Corse a adopté son projet de territoire. L'Arlésienne bien connue des habitants - le centre aquatique de Porto-Vecchio - y figure toujours en bonne place. Jean-Christophe Angelini a annoncé qu’il serait réalisé avant la fin du mandat.

Le conseil communautaire du Sud Corse s'est réuni le 30 septembre à Porto-Vecchio, pour adopter son nouveau projet de territoire.

Quarante millions d’euros d’investissements sur cinq ans. C’est le vaste programme qui a été approuvé à l’unanimité par les élus de la communauté de communes Sud Corse, sur la période 2026-2030. Réunis en conseil communautaire le 30 septembre, les élus ont fixé leurs priorités : développement économique, équipements, gestion des déchets et préservation des ressources.

Le président de l’intercommunalité, Jean-Christophe Angelini, entend notamment mieux répartir les retombées de l’activité touristique et soutenir une économie moins dépendante de la saison. « Le territoire a changé, ses tensions se sont accentuées. Ses fragilités sont devenues plus visibles et ses aspirations plus fortes. Le Sud Corse est pris dans une tension permanente entre attractivité et saturation, richesse paysagère et pression foncière, vitalité touristique et fragilité du quotidien. Le Sud Corse doit redevenir un territoire habité, tout autant qu’un territoire fréquenté », a-t-il posé, en forme de constat partagé par tous.

Le centre aquatique, encore et toujours

Abonné aux annonces depuis une quinzaine d’années, le projet du centre aquatique a beaucoup plus de mal à passer le stade de l’intention, en témoignent les innombrables échéances de calendrier évoquées, puis finalement ajournées. Évalué à 14 millions d’euros, le centre aquatique de Porto-Vecchio est toujours dans les tuyaux, rassure Jean-Christophe Angelini, qui envisage aujourd'hui sa construction du côté du complexe sportif Claude-Papi. Cette fois sera-t-elle la bonne ? Les élus ne sont guère appesantis en séance. Jean-Christophe Angelini a néanmoins pris date : « Quand on rendra les clés à la fin du mandat, il y aura un centre aquatique », a-t-il promis.  

Autres priorités : la relocalisation de l’abattoir de Porto-Vecchio et le développement de la zone d’activités de Figari en vue de diversifier l’économie et favoriser l’emploi local. La proximité de l’aéroport doit, selon Jean-Christophe Angelini, profiter davantage à la commune : « Figari ne peut pas encaisser tous les inconvénients d’un aéroport, sans bénéficier d’aucune retombée. » 

La collectivité du Suttanacciu entend par ailleurs mieux maîtriser son foncier, devenu un enjeu majeur pour les entreprises, l’agriculture et les habitants. Pas question pour autant de freiner la croissance, affirme Jean-Christophe Angelini : « Je ne veux pas céder à la lubie selon laquelle il faudrait engager notre territoire dans une forme de décroissance. L’idée, c’est de rendre plus soutenable une trajectoire assumée de croissance économique et de cohésion sociale. Il conviendra de réguler ou d’adoucir notre trajectoire de croissance pour l’annualiser et en faire bénéficier l’ensemble de territoire, ce qui permettre de mieux gérer ses effets négatifs. »

L’eau, une urgence

La gestion des déchets passera notamment par la construction d’un centre technique intercommunal et l’installation de nouveaux points d’apport volontaire enterrés ou semi-enterrés. Le programme prévoit également des actions sur les mobilités douces et les transports.

Reste la question de l’eau, après les fortes tensions de l’automne dernier. Jean-Christophe Angelini a évoqué la possibilité d’une retenue collinaire ou d’un barrage. Le maire de Figari, Jean Giuseppi, a rappelé l’urgence : « Qu’on dise qu’on va annualiser et créer de la richesse, c’est très bien. Mais la question de l’eau reste une question primordiale. Si on n’a plus d’eau, le tourisme s’arrête. »