SNSM d’Ajaccio : après 40 ans à la présidence, Claude Ricci passe la barre à Arnaud Clercin

Written on 10/04/2026
Jeanne Soury

Après 40 ans à la présidence de la station SNSM d’Ajaccio, Claude Ricci a officiellement passé le relais à Arnaud Clercin, ce samedi 3 octobre, sur la base d’Aspretto. Près de 80 personnes, bénévoles, familles, amis et représentants des autorités, étaient réunies pour cette cérémonie particulière, entre souvenirs, émotion et transmission.

Ce samedi 3 octobre, à Aspretto, Claude Ricci a officiellement transmis la présidence de la station SNSM d’Ajaccio à Arnaud Clercin (© Paule Santoni)

« Arnaud, à toi la barre ! » Quelques mots pour une page qui se tourne après quatre décennies. Ce samedi 3 octobre, à Aspretto, Claude Ricci a officiellement transmis la présidence de la station SNSM d’Ajaccio à Arnaud Clercin. Dans les rangs, beaucoup de sourires, quelques regards émus et la sensation d’assister à un moment particulier de l’histoire de la station.

Pour Claude Ricci, forcément, l’instant est chargé. « Il va falloir que je fasse mon deuil de tout ça », confie-t-il. Mais derrière l’émotion, il y a aussi la sérénité de celui qui sait que la suite est assurée. « La suite est en place et ils ont toute ma confiance », assure-t-il. À 74 ans, celui qui arrivait au terme de son mandat avait fait de la préparation de cette succession une priorité. « Ce n’est pas un choix individuel, c’est le sens de la vie. Il faut bien renouveler les équipes, motiver les nouveaux entrants », explique-t-il.

Devenir président de la SNSM n’avait pourtant jamais été son projet. Alors pilote du port d’Ajaccio, Claude Ricci est sollicité par le directeur des affaires maritimes. À l’époque, la SNSM est quasiment à l’arrêt en Corse-du-Sud : les vedettes de Bonifacio et de Propriano ont été réformées et celle d’Ajaccio arrive en fin de vie. Sa mission est alors de remettre la station sur pied. « Au début, la tâche était ardue. Ça a fini par être exaltant, fascinant », se souvient-il.

Quarante ans plus tard, les moyens ont considérablement évolué : bateaux mieux entretenus, aides à la navigation, matériel plus performant. Mais les interventions restent nombreuses. Claude Ricci observe aussi une évolution des pratiques en mer. « La mer, qui était avant le domaine de certains passionnés, est devenue, comme beaucoup de domaines, un objet de consommation », constate-t-il.
 

Derrière chaque sortie en mer se cache un engagement qui peut parfois se faire au détriment de la vie familiale

Une transmission qui dépasse les deux hommes

Depuis le 1er juin, Arnaud Clercin est en réalité à la tête de la station, mais par manque de temps, la cérémonie n’a pu se dérouler que quatre mois plus tard. Après 15 années d’engagement opérationnel, il connaît la maison et continuera d’ailleurs à participer aux interventions. L’émotion est pourtant bien présente au moment de prendre la relève : « Je succède à Claude Ricci qui a 40 ans de présidence et qui a monté une super station. Il est parti de zéro pratiquement, et il me donne un super outil entre les mains. » Si la lignée semble déjà toute tracée, quelques projets sont prévus à l’instar du développement d’un dispositif de patrouilleurs autour de Cargèse, Sagone et Porto, sur le modèle de celui mis en place dans le golfe du Valinco.

À Ajaccio, la station compte 48 bénévoles, dont 37 opérationnels, et dispose de trois moyens nautiques. Un dispositif qui repose surtout sur l’engagement de ceux qui acceptent de donner de leur temps. Car ce samedi, il n’était pas seulement question de deux présidents. Dans leurs discours, Claude Ricci et Arnaud Clercin ont aussi remercié les bénévoles, mais également leurs familles et leurs proches. Car derrière chaque sortie en mer se cache un engagement qui peut parfois se faire au détriment de la vie familiale.

La cérémonie a également permis de saluer Jean Clemenceau, qui compte plus de 1 000 sorties à son actif et achève son mandat de trésorier au service de l’association. Une médaille lui a par ailleurs été remise par l’inspecteur général de la Méditerranée, Nicolas Renaud.
 

Après 15 années d’engagement opérationnel, Arnaud Clercin connaît la maison et continuera d’ailleurs à participer aux interventions

Un été 2026 riche en interventions

La cérémonie était aussi l’occasion de dresser un premier bilan de la saison. Et l’été 2026 aura été particulièrement dense pour la station d’Ajaccio : « Riche en interventions », résume Arnaud. 52 sorties ont été comptabilisées, dont plusieurs opérations longues et complexes, ainsi que deux accidents importants sur la zone de compétence de la station.

Derrière ces chiffres, une même exigence demeure : être prêt à sortir en mer, parfois dans l’urgence, face à un environnement qui ne laisse pas de place à l’improvisation. « Il faut une maîtrise technique, une gestion des risques et se rappeler qu’on intervient au niveau d’éléments naturels qui dépassent un peu l’échelle humaine », rappelle Claude Ricci.


La barre a changé de mains donc, mais Claude Ricci ne quitte pas complètement la station. Il en devient secrétaire : « J’ai dis oui, mais principalement en télétravail », s’amuse-t-il. Aux nouveaux responsables, il laisse désormais le soin de faire vivre cette station, avec une exigence : préserver « la convivialité » et la motivation, continuer à former « une équipe soudée » et relever des défis toujours plus exigeants.