Les réactions politiques se multiplient après la profanation de la statue de la Vierge Marie installée sous l’arche du rond-point du Stabiacciu, à la sortie Sud de Portivechju dans la nuit du 1er octobre. La présidente de l’Assemblée de corse, Nanette Maupertuis, a fait part de son émotion et de sa colère, vendredi matin, en ouverture de session et appelle à « une condamnation franche et claire » de ce qu’elle qualifie « d’offense à notre identité collective ». Même émotion et condamnation ferme du leader de la majorité territoriale et maire de Bastia, Gilles Simeoni, qui affirme que cet acte de vandalisme porte atteinte au sacré et aux valeurs profondes de la Corse.
Le silence de l’Assemblée de Corse, lors de la session de jeudi, avait surpris, même si certains élus avaient, à titre personnel, exprimé leur indignation sur les réseaux sociaux après la profanation de la statue de la Vierge Marie, installée sous l’arche du rond-point de Stabiacciu, à la sortie Sud de Portivechju dans la nuit du 30 septembre au 1er octobre. En ouverture de séance, vendredi matin, la présidente de l’Assemblée de Corse, Nanette Maupertuis, a, dans une courte prise de parole, redit son émotion qu’elle avait déjà formulée la veille dans un tweet. « Cet acte a profondément choqué et blessé une grande partie de notre peuple. Je partage cette émotion. Parce que la Vierge occupe en Corse une place singulière. Elle appartient à notre histoire, à notre culture, à notre mémoire collective. Pour nous autres comme pour beaucoup de nos compatriotes, elle est également l’expression d’une foi intime et sincère. En s’en prenant à ce symbole, qui est aussi celui de la femme et de la mère universelle, c’est bien davantage qu’une statue qui a été visée. C’est une part de ce que nous sommes, de notre héritage commun et de notre identité collective qui a été offensée. On peut croire ou ne pas croire, être pratiquant, agnostique ou athée. Mais vivre ensemble suppose de savoir reconnaître ce qui est sacré pour l’autre et de le respecter ». Elle appelle à « une condamnation franche et claire » et demande à la justice de sanctionner cet acte. « Et, une fois les responsabilités pleinement déterminées, bien que les images de l’incident laissent peu de place à l’ambiguïté, la justice devra exercer pleinement sa mission. Mais parce que nous parlons précisément de respect, de dignité et de vivre-ensemble, je veux également appeler chacun à la responsabilité et à la mesure ». Avant d’inviter à l’apaisement in lingua nustrale : « Ciò ch’emu vistu eri, una cascia viota purtata in carrughju, era dinù un attu viulente. È sè no devimu parlà di simbuli è di ciò chì ci custuisce cum’è populu, vogliu solu rammentà chì, a morte dinù hè sacra in Corsica. Purtà una cascia hè, dinù, pè noi altri, un attu sacru. Mi paria impurtante di rivene nant’à sta malfatta. Cundannà a prufanazione, sigura. Ma di pettu à l’offese è sopratuttu à a stupidità, ùn ci scurdemu di ciò chè no simu è stemu fidi à i nostri valori. À a fine, sti valori seranu più forti chì l’atti chì i dispettanu ». En accord avec les présidents de groupe, aucune autre prise de parole n’a suivie celle de la présidente dans l’hémicycle. Une réunion entre présidents se tiendra dans la journée pour décider du dépôt ou non d’une motion condamnant cet acte.
Les valeurs corses
La veille également, le leader de la majorité territoriale et maire de Bastia, Gilles Simeoni, avait, également dans un tweet, réagi dans le même sens, exprimé son émotion, sa colère et dénoncer un acte contraire au sacré et aux valeurs profondes de la Corse. « Une statue de la Vierge a été dégradée et profanée à Portivechju. Les auteurs des faits, peut-être sous l’emprise de drogues ou d’alcool, se sont filmés, rigolards et obscènes, pendant les dégradations. Que l’on soit croyant ou pas, ces actes et ce comportement ont suscité et suscitent stupéfaction, émotion et colère, à Portivechju et dans toute la Corse. Ils heurtent en effet profondément chacun d’entre nous car ils portent atteinte non seulement au sacré pour tous les catholiques mais aussi, plus largement, à nos valeurs culturelles profondes, aux codes et aux façons d’être et d’être au monde qui ont façonné le peuple et la société corses au fil des millénaires ». Avant d’interroger : « Face à ces tristes agissements révélateurs d’un monde que, bien souvent, nous ne reconnaissons plus, comment répondre, réagir et agir, au-delà des réactions spontanées initiales ? ». Et d’appeler, lui aussi, à éviter les surenchères : « Dans le champ du religieux, l’Eglise de Corse, conformément à sa vocation, invite à retrouver un chemin de sérénité et de paix. Cet appel doit inspirer nos choix dans le champ de l’action publique, pour rejeter la tentation des surenchères et de la démagogie. À chacun son rôle : à la justice pénale celui de sanctionner les auteurs des faits, au terme d’un procès équitable. À nous, citoyens et élus, après avoir dit fermement que nous n’acceptons pas ces comportements, de construire une société porteuse de sens et de valeurs, au premier rang desquelles le respect d’autrui ».
Les valeurs corses
La veille également, le leader de la majorité territoriale et maire de Bastia, Gilles Simeoni, avait, également dans un tweet, réagi dans le même sens, exprimé son émotion, sa colère et dénoncer un acte contraire au sacré et aux valeurs profondes de la Corse. « Une statue de la Vierge a été dégradée et profanée à Portivechju. Les auteurs des faits, peut-être sous l’emprise de drogues ou d’alcool, se sont filmés, rigolards et obscènes, pendant les dégradations. Que l’on soit croyant ou pas, ces actes et ce comportement ont suscité et suscitent stupéfaction, émotion et colère, à Portivechju et dans toute la Corse. Ils heurtent en effet profondément chacun d’entre nous car ils portent atteinte non seulement au sacré pour tous les catholiques mais aussi, plus largement, à nos valeurs culturelles profondes, aux codes et aux façons d’être et d’être au monde qui ont façonné le peuple et la société corses au fil des millénaires ». Avant d’interroger : « Face à ces tristes agissements révélateurs d’un monde que, bien souvent, nous ne reconnaissons plus, comment répondre, réagir et agir, au-delà des réactions spontanées initiales ? ». Et d’appeler, lui aussi, à éviter les surenchères : « Dans le champ du religieux, l’Eglise de Corse, conformément à sa vocation, invite à retrouver un chemin de sérénité et de paix. Cet appel doit inspirer nos choix dans le champ de l’action publique, pour rejeter la tentation des surenchères et de la démagogie. À chacun son rôle : à la justice pénale celui de sanctionner les auteurs des faits, au terme d’un procès équitable. À nous, citoyens et élus, après avoir dit fermement que nous n’acceptons pas ces comportements, de construire une société porteuse de sens et de valeurs, au premier rang desquelles le respect d’autrui ».