Alors que la grève à la Corsica Linea entamée mardi par le STC et la CGT a été reconduite pour 24 heures, le STC a bloqué ce vendredi matin le port de Bastia et n’exclut pas d’étendre son action à Ajaccio. Les syndicats contestent l’affrètement du Massalia de La Méridionale pour assurer les délégations de service public et alertent sur ses conséquences pour les emplois au sein de la compagnie insulaire.
Le mouvement social à la Corsica Linea franchit un nouveau cap. Trois jours après le début de la grève lancée par la CGT et le STC, ce dernier a procédé ce vendredi matin au blocage du port de commerce de Bastia. Dès 8 heures, une vingtaine de syndicalistes se sont rassemblés à l’entrée du port, bloquant l’accès notamment à l’aide d’un feu de pneus et de palettes. Le syndicat assure que les bateaux qui arriveront au port pourront débarquer, mais aucun passager ne pourra embarquer, sauf urgence. À l’origine de cette colère : l’affrètement du Massalia, navire de La Méridionale, avec ses propres équipages, pour assurer les liaisons de la délégation de service public entre Marseille et Propriano et entre Marseille et L’Île-Rousse. Une décision vivement contestée par le STC et la CGT, ces deux lignes étant actuellement assurées par le Vizzavona de Corsica Linea. Pour les syndicats, la sortie du Vizzavona de ces rotations entraînerait la suppression de 90 emplois en CDI, auxquels pourraient s’ajouter des conséquences sur les personnels en CDD et les officiers.
Du côté du STC, on assure que les discussions avec la direction sont actuellement au point mort. « À cette heure-ci, la discussion est fermée », affirme Maxime Piaggi, déléguée syndicale STC Corsica Linea, qui dit attendre désormais des réponses concrètes aux revendications du syndicat. « On essaie de pousser pour avoir des réponses par rapport à l'affrètement du Massalia qui va nous faire perdre 90 personnels. Pour nous, c'est hors de question. Après, bien sûr, on essaie de trouver des solutions, des accords pour repousser cet affrètement, mais la discussion avec la direction est très compliquée. De toute façon, c'est eux qui ont les cartes en main. » Le syndicat assure toutefois vouloir privilégier le dialogue et ne pas perturber davantage la population. « Notre but, c'est de ne pas bloquer les ports, de ne pas bloquer la Corse, mais on n'a pas le choix. On est obligé de faire évoluer les choses et on n'a que cette solution pour se faire entendre. » Si le port de Bastia est le seul à être bloqué actuellement, le syndicat assure que celui d’Ajaccio pourrait être bloqué à son tour en cas de non avancée des discussions dans la journée.
La grève, reconduite par le STC ce vendredi pour 24 heures supplémentaires, l’a également été du côté de la CGT, « à l’unanimité » selon Frédéric Alpozzo, secrétaire général CGT des marins de Marseille. « On est toujours en attente de réponses et de solutions », explique-t-il. « Si on obtient une réponse positive, alors on arrêtera le mouvement, mais il est important aujourd’hui de défendre les emplois et le service public. Je pense d’ailleurs qu’il est temps que les collectivités locales et notamment les régions interviennent dans ce dossier. »
À La Méridionale, le STC soutient le mouvement de grève
De son côté, la section STC de La Méridionale, qui n’est pour l’instant pas entrée en grève, soutient le mouvement engagé. Dans un communiqué signé de Marc-Aurèle Orsoni, son délégué, le syndicat affirme que « nous n’accepterons aucune perte d’emplois en CDI, ni du côté bleu ni du côté rouge ». « Notre leitmotiv dans le maritime ne peut être autre : corsisation des emplois et souveraineté de nos transports par la mise en place d’une compagnie régionale. C'est pourquoi nous en appelons aux élus de la Corse et de son peuple, afin qu'ils fassent preuve de courage politique en donnant vie, avant l'échéance des prochaines élections territoriales, au projet voté en 2016 au sein de l'Assemblée de Corse », écrit-il, avant de poursuivre : « Cette nouvelle crise nous conforte dans notre conviction de toujours : seule une compagnie maritime régionale constitue une solution pérenne pour nos transports, répondant aux besoins de la Corse tout en offrant une perspective d'emploi et d'avenir pour la jeunesse insulaire, afin qu'elle puisse travailler et vivre dignement sur notre terre. »