Après les blocages de jeudi, quelle situation dans les lycées corses ce vendredi ?

Written on 10/02/2026
La rédaction

Au lendemain d’une journée de mobilisation dans plusieurs lycées de Haute-Corse, le mouvement se poursuit ce vendredi dans l’île, sans toutefois avoir aucune mesure avec ce qui se passe sur le continent. Le lycée du Fium’Orbu reste bloqué, tandis qu’à Bastia, Giocante de Casabianca et Montesoro ont basculé en enseignement à distance.

La mobilisation se poursuit dans plusieurs lycées de Corse. Après une journée de jeudi marquée par des blocages à Bastia et dans le Fium’Orbu, la situation reste perturbée ce vendredi matin dans plusieurs établissements de l’île.
 
En Haute-Corse, le lycée du Fium’Orbu est toujours bloqué par des élèves. À Bastia, en revanche, pas de nouveau blocage ce vendredi matin à Giocante de Casabianca et Montesoro. Après les mouvements de la veille, les deux établissements ont décidé de basculer leurs élèves en enseignement à distance.
 
Une décision qui intervient notamment après les tensions survenues jeudi à Giocante. Dans la matinée, près de 200 lycéens s’étaient rassemblés devant l’établissement pour dénoncer leurs conditions d’étude, évoquant notamment des emplois du temps trop chargés, le manque de personnel ou encore l’état de certains locaux.
 
La situation s’était ensuite tendue avec l’arrivée de plusieurs individus cagoulés, extérieurs au lycée, qui avaient tenté de mettre le feu à des poubelles et des palettes. Face à ces incidents, la direction avait finalement décidé de suspendre les cours dans l’après-midi.
 

Quelques élèves devant le Fesch à Ajaccio en début de matinée 
 
Le mouvement a également une petite répercussion Ajaccio ce vendredi matin. Une poignée d’élèves se sont en effet rassemblés en début de journée devant le lycée Fesch. Contrairement au Fium’Orbu, l’établissement n’a toutefois pas été complètement bloqué, et les lycéens ont pu accéder normalement aux cours.
 
Une mobilisation qui ne fait visiblement en outre pas l’unanimité au sein même de l’établissement. Palma, élève au Fesch, dit ainsi ne pas comprendre les raisons avancées par les élèves mobilisés. « Aujourd’hui le lycée Fesch est bloqué par des élèves qui ne savent même pas pourquoi ils bloquent. Issus de milieux plutôt aisés, ils veulent suivre les banlieues parisiennes pour les conditions de travail dans lesquelles nous sommes, qui sont très bonnes », estime-t-elle. La jeune fille conteste également les critiques concernant les moyens et l’état du lycée. « Ils parlent alors de manque de moyens, notamment de la toiture du Fesch “qui serait laborieuse”. Nous ne sommes en aucun cas en danger dans notre établissement », assure-t-elle. 
 
 
Un mouvement qui prend de l’ampleur en France
 
La mobilisation observée depuis plusieurs jours en Corse s’inscrit dans un mouvement beaucoup plus large qui touche désormais de nombreux lycées en France. Depuis le début de la semaine, les actions se multiplient pour dénoncer le manque de moyens dans l’Éducation nationale, les effectifs dans les classes, les difficultés de remplacement des enseignants ou encore les conditions de travail et d’apprentissage.
 
La journée de jeudi a été particulièrement suivie, avec des blocages organisés dans plusieurs centaines d’établissements et des tensions dans certaines villes. Ce vendredi, plus de 400 lycées doivent encore rester fermés à travers le pays, selon le ministère de l’Éducation nationale, tandis que le ministre doit recevoir dans la journée les représentants des lycéens, des parents d’élèves et des organisations syndicales.