Sénatoriales en Corse-du-Sud : Jean-Jacques Panunzi réélu dès le premier tour

Written on 09/27/2026
Patrice Paquier Lorenzi

Le sénateur sortant Jean-Jacques Panunzi a obtenu ce dimanche 27 septembre un troisième mandat au Palais du Luxembourg. Le candidat LR s’est imposé dès le premier tour face à Jean Giuseppi, Christophe Versini et René Peres. Une victoire qui confirme le poids du sortant auprès des grands électeurs de Corse-du-Sud, à quelques semaines de l’arrivée au Sénat de la réforme constitutionnelle sur l’autonomie de la Corse.

Il n’aura finalement pas fallu de second tour. Jean-Jacques Panunzi a été réélu sénateur de Corse-du-Sud dès le premier tour des élections sénatoriales, ce dimanche 27 septembre. Avec 293 voix, (près de 64 % des suffrages exprimés], le sénateur sortant devance Jean Giuseppi (154 voix), René Peres (4 voix) et Christophe Versini (2 voix)

À 70 ans, l’élu apparenté LR décroche ainsi un troisième mandat consécutif au Palais du Luxembourg. Face à trois adversaires et dans un scrutin où 465 grands électeurs étaient appelés aux urnes, Jean-Jacques Panunzi avait fait de son expérience et de son implantation auprès des communes les principaux arguments de sa campagne. La Corse-du-Sud ne disposant que d'un siège, le scrutin se déroule au scrutin majoritaire : une victoire dès le premier tour suppose d'obtenir la majorité absolue des suffrages exprimés et au moins le quart des électeurs inscrits.
 

Le pari du rassemblement de la droite réussi
Cette victoire vient surtout valider la stratégie de rassemblement menée ces dernières semaines autour du sénateur sortant. La campagne avait pourtant commencé sur fond de discussions et d’ambitions concurrentes au sein de la droite, notamment à Ajaccio. La majorité municipale ajaccienne avait finalement apporté son soutien à Jean-Jacques Panunzi, qui avait choisi comme suppléante Annie Sichi, élue municipale à Ajaccio. Durant la campagne, le sortant avait présenté cette séquence comme une « clarification politique » et revendiqué le soutien de Stéphane Sbraggia et Laurent Marcangeli. 

En obtenant son élection dès le premier tour, Jean-Jacques Panunzi montre surtout qu'il a réussi à rassembler au-delà de son socle politique immédiat. Dans une élection où près de 95 % du collège électoral national est constitué de maires, adjoints et conseillers municipaux, son implantation dans les communes rurales et de l'intérieur constituait l'un des ressorts majeurs de sa candidature.

 

Jean Giuseppi ne parvient pas à créer la surprise
Face à lui, Jean Giuseppi avait pourtant réussi à réunir une large partie de la famille nationaliste. Le maire de Figari avait reçu le soutien de Femu a Corsica et mené des discussions avec Core in Fronte et le PNC, avec l'ambition de porter au Sénat une ligne nettement plus favorable à un pouvoir normatif pour la Corse.  Le scrutin constituait donc également un test du poids du mouvement national auprès des élus municipaux de Corse-du-Sud. 

Christophe Versini, nouveau délégué territorial du Rassemblement national, cherchait pour sa part à mesurer l'implantation du RN parmi les élus locaux, tandis que René Peres entendait porter une candidature issue de la société civile et ne recueillent finalement que des miettes.


L'autonomie désormais au coeur du mandat
Au-delà du rapport de forces politique local, cette réélection intervient à un moment particulier. La question institutionnelle corse doit rapidement revenir devant le Sénat, avec des divergences importantes sur l'étendue de l'autonomie et notamment sur la question d'un pouvoir normatif.

Jean-Jacques Panunzi a défendu pendant la campagne une évolution institutionnelle qu'il veut « applicable », ainsi qu'un statut fiscal adapté, tout en marquant son opposition à l'octroi d'un pouvoir normatif à la Corse. Jean Giuseppi défendait au contraire une autonomie permettant à l'île de disposer d'une capacité législative propre dans certains domaines.

Réélu pour six ans, Jean-Jacques Panunzi retrouvera donc rapidement ce dossier au Palais du Luxembourg. Et le résultat de ce dimanche lui donne, avant cette bataille institutionnelle, une légitimité renouvelée auprès du collège des grands électeurs de Corse-du-Sud.