Après cinq heures de réunion à la préfecture de Haute-Corse, les représentants des syndicats agricoles ont quitté les lieux, à l’exception de la FDSEA 2B, qui a décidé de poursuivre l’occupation. En cause : des désaccords sur les avancées obtenues et sur le rendez-vous fixé au ministère de l’Agriculture le 30 septembre.
Alors que l’ensemble des syndicats agricoles de l’île - Coordination Rurale Corsica, la FDSEA 2A, la FDSEA 2B, les JA Corse, Mossa Paisana et Via Campagnola - avait appelé à une mobilisation commune ce jeudi devant les préfectures de Bastia et d’Ajaccio, l’intersyndicale semble finalement s’être fissurée au fil de la journée. Après cinq heures de réunion en préfecture de Haute-Corse, les représentants des syndicats agricoles ont quitté les lieux, à l’exception de Joseph Colombani, président de la FDSEA de Haute-Corse, et de son secrétaire général, qui ont décidé de rester sur place pour manifester leur mécontentement vis-à-vis de l’issue de la réunion. « Il y a eu une appréciation différente quant au fait qu’on a obtenu ou non quelque chose », indique Joseph Colombani, joint par téléphone alors qu’il se trouve encore dans les locaux de la préfecture. « Pour nous, on n’a rien obtenu, c’est pour ça qu’on reste occuper la préfecture, et qu’au niveau du port, une action de blocage est menée par les syndicats sauf Via Campagnola. »
À l’issue de la réunion, les syndicats ont obtenu une réunion avec le ministère de l’Agriculture, prévue le 30 septembre à Paris. Mais pour la FDSEA, « on aurait voulu que la réunion se fasse avec la ministre de l’Agriculture ». « Le président de la Chambre s'est contenté du directeur de cabinet, or celui-ci était déjà présent aujourd’hui lors de la réunion à travers le contact permanent qu'il avait avec le préfet de région », poursuit-il, assurant que la FDSEA « ne sera pas présente » en cas de réunion avec toute autre personne que la ministre elle-même. « Je n’irai pas. On veut un engagement ministériel avec la ministre. »
Joseph Colombani et le secrétaire général sont actuellement toujours dans les locaux de la préfecture. Pourraient-ils rester toute la nuit ? « Franchement, je ne sais pas », lâche le président du syndicat. « Pour être très franc, je pense qu'ils vont me sortir. Ce qui est sûr, c'est qu'on est seuls. On est en solidarité avec ce qui se passe au port, et ce qui se passe au port est aussi en solidarité avec l'occupation qu'on fait ici. Je le redis : rien n'a été obtenu malgré une mobilisation extraordinaire qui dénote une situation gravissime en cet état. Et la réponse apportée, c'est-à-dire un rendez-vous le 30 septembre avec le directeur de cabinet de la ministre, n'est pas à la hauteur de ce qu'on pouvait espérer. »