Dans une publication postée sur son site Internet ce mardi, le Groupement de Défense Sanitaire (GDS) Corse annonce qu’un premier cas de besnoitiose bovine, également appelée maladie de la peau d’éléphant, vient d’être officiellement détecté en Corse-du-Sud. Transmise principalement par des insectes piqueurs, cette maladie parasitaire peut avoir de lourdes conséquences sur les élevages.
Elle inquiète les éleveurs depuis déjà plusieurs années sur le continent. Si son nom est encore peu connu du grand public, la besnoitiose bovine gagne pourtant progressivement du terrain en France. Et la Corse est désormais à son tour concernée. Dans une publication mise en ligne ce mardi, le Groupement de Défense Sanitaire (GDS) Corse annonce en effet qu’un premier cas vient d’être officiellement détecté en Corse-du-Sud. Une première détection qui pousse l’organisme à alerter sur le risque de voir la maladie s’étendre aux élevages insulaires. « Cette maladie parasitaire vectorielle, longtemps cantonnée au continent, progresse régulièrement », souligne le GDS, qui entend donc faire connaître « les stratégies de lutte à adopter d’urgence ».
Également appelée maladie de la peau d’éléphant, la besnoitiose est due à un parasite microscopique, Besnoitia besnoiti, qui se transmet principalement d’un bovin à l’autre par l’intermédiaire d’insectes piqueurs, notamment les taons et les stomoxes. Particulièrement actifs de mars à décembre, ces derniers peuvent ainsi transmettre le parasite d’un animal contaminé à un animal sain, même si « des contaminations hivernales restent possibles ». Une transmission peut également avoir lieu lors de l’utilisation d’une même aiguille sur plusieurs bovins, précise le GDS en ajoutant : « Après l’inoculation, le parasite se multiplie et envahit l’ensemble des organes en formant des milliers de petits kystes qui persistent toute la vie de l’animal ». Si la maladie ne présente aucun risque pour l’homme, puisqu’il ne s’agit pas d’une zoonose, elle peut en revanche avoir des conséquences particulièrement importantes pour les bovins, et notamment les mâles qui y sont notamment plus sensibles et peuvent devenir définitivement stériles.
Trois phases de la maladie
Si sa détection est une première en Corse, la besnoitiose est loin d’être une maladie nouvelle sur le continent. Historiquement implantée dans le sud de la France, elle a progressivement gagné de nouveaux territoires à partir des années 1990. Une extension qui se poursuit depuis, notamment à la faveur des mouvements d’animaux entre élevages. Et la maladie est d’autant plus difficile à enrayer que tous les bovins contaminés ne présentent pas nécessairement de symptômes. « Seule une partie des animaux contaminés exprime des signes cliniques », note le GDS Corse. Un bovin peut donc être infecté sans que la maladie soit immédiatement repérée. Surtout, la disparition des symptômes ne signifie pas celle du parasite. « Un animal traité et guéri en apparence reste porteur à vie du parasite et constitue un réservoir de contagion pour le troupeau », insiste l’organisme. Une particularité qui rend la prévention particulièrement importante, notamment lors de l’introduction de nouveaux animaux dans un élevage.
Lorsqu’elle se manifeste, la besnoitiose évolue généralement en trois phases successives, les premiers symptômes apparaissant environ une semaine après la contamination. Durant trois à dix jours, « l’animal présente de la fièvre (40-41°C), s’isole et perd l’appétit », indique le GDS en détaillant : « On observe un larmoiement, un jetage clair, une peau chaude et douloureuse, ainsi qu’une congestion des muqueuses ». Mais cette première phase est aussi la plus difficile à identifier. « Les tests sérologiques restent négatifs à ce stade », prévient le GDS, qui relève que le diagnostic peut notamment être difficile à distinguer de celui de la fièvre catarrhale ovine (FCO), du coryza gangréneux ou de certaines bronchopneumonies.
Une deuxième phase survient ensuite durant une à deux semaines. Des œdèmes bien visibles apparaissent alors à la tête et à l’extrémité des membres, pouvant gêner les déplacements du bovin. Une hypertrophie testiculaire peut également survenir chez les mâles. C’est durant cette période qu’une prise en charge peut encore permettre de limiter l’évolution de la maladie. « Un traitement à base de fortes doses de sulfamides n’est efficace que dans ces tout premiers jours », dévoile le GDS, en précisant qu’il doit être raisonné avec le vétérinaire sanitaire.
À partir de six semaines débute enfin la phase la plus caractéristique de la maladie. La peau s’épaissit durablement, prenant progressivement cet aspect de « peau d’éléphant » qui a donné son surnom à la besnoitiose, et se craquelle au niveau des articulations. Des lésions qui peuvent alors favoriser de fréquentes surinfections. Des kystes peuvent également apparaître sur le blanc de l’œil. C’est à ce stade que les tests sérologiques deviennent positifs. La maladie peut enfin provoquer des pertes de poils et un amaigrissement sévère, « pouvant conduire à l’euthanasie ou à la mort de l’animal ».
Une maladie sans vaccin ni traitement curatif total
Mais c’est surtout l’absence de moyens permettant de guérir complètement les animaux qui préoccupe. Il n’existe aujourd’hui aucun vaccin contre la besnoitiose, tandis que les traitements disponibles ne permettent pas d’éliminer le parasite. Ils peuvent, au mieux, stopper l’évolution des symptômes lorsqu’ils sont administrés suffisamment tôt.
Dans ces conditions, la maladie peut rapidement prendre de l’ampleur lorsqu’elle entre dans un élevage. Le GDS évoque ainsi « 20 à 40 % de nouvelles infections par an » dans un cheptel qui ne bénéficie d’aucune mesure de protection. Avec derrière, des conséquences économiques importantes. Outre une mortalité qui peut atteindre 10 %, l’organisme pointe « des réformes précoces, des moins-values commerciales et des frais d’euthanasie ». Chez les mâles, la stérilité constitue également un enjeu majeur puisqu’elle « complique fortement le renouvellement et le niveau génétique du troupeau ».
Une situation qui explique pourquoi le GDS Corse insiste aujourd’hui sur la nécessité d’éviter l’installation de la maladie dans les élevages insulaires. La prévention passe d’abord par une maîtrise accrue des introductions de bovins. Le GDS recommande ainsi de « n’introduire que des animaux rigoureusement contrôlés par un dépistage sérologique préalable », et ce quel que soit leur âge. Il conseille également de limiter les contacts avec d’autres troupeaux, en évitant notamment les pâturages collectifs ou en maintenant une distance minimale de 100 mètres avec des animaux infectés voisins. L’utilisation d’aiguilles à usage unique lors des prophylaxies et des traitements en série est également préconisée, tout comme la lutte contre la prolifération des insectes piqueurs.
Et même lorsqu’un troupeau est déjà atteint, le GDS souligne que des solutions existent pour tenter d’éliminer progressivement la circulation du parasite. Selon la proportion d’animaux contaminés, des plans d’assainissement peuvent être mis en place en combinant l’isolement, la réforme progressive des bovins séropositifs ou présentant des symptômes et une gestion stricte des animaux par lots. Des mesures qui, selon l’organisme, « permettent d’assainir durablement un cheptel, y compris dans les élevages fortement touchés ».
Face à l’apparition de ce premier cas en Corse-du-Sud, le mot d’ordre est donc aujourd’hui avant tout d’agir rapidement en cas de suspicion. « En cas de doute ou de suspicion de signes cliniques, isolez immédiatement l’animal concerné, prévenez votre vétérinaire sanitaire et contactez le GDS Corse pour mettre en place les analyses et la stratégie de lutte adaptées », martèle l’organisme avant de conclure : « La découverte de ce premier cas en Corse-du-Sud nous rappelle que la vigilance doit être collective ».
Également appelée maladie de la peau d’éléphant, la besnoitiose est due à un parasite microscopique, Besnoitia besnoiti, qui se transmet principalement d’un bovin à l’autre par l’intermédiaire d’insectes piqueurs, notamment les taons et les stomoxes. Particulièrement actifs de mars à décembre, ces derniers peuvent ainsi transmettre le parasite d’un animal contaminé à un animal sain, même si « des contaminations hivernales restent possibles ». Une transmission peut également avoir lieu lors de l’utilisation d’une même aiguille sur plusieurs bovins, précise le GDS en ajoutant : « Après l’inoculation, le parasite se multiplie et envahit l’ensemble des organes en formant des milliers de petits kystes qui persistent toute la vie de l’animal ». Si la maladie ne présente aucun risque pour l’homme, puisqu’il ne s’agit pas d’une zoonose, elle peut en revanche avoir des conséquences particulièrement importantes pour les bovins, et notamment les mâles qui y sont notamment plus sensibles et peuvent devenir définitivement stériles.
Trois phases de la maladie
Si sa détection est une première en Corse, la besnoitiose est loin d’être une maladie nouvelle sur le continent. Historiquement implantée dans le sud de la France, elle a progressivement gagné de nouveaux territoires à partir des années 1990. Une extension qui se poursuit depuis, notamment à la faveur des mouvements d’animaux entre élevages. Et la maladie est d’autant plus difficile à enrayer que tous les bovins contaminés ne présentent pas nécessairement de symptômes. « Seule une partie des animaux contaminés exprime des signes cliniques », note le GDS Corse. Un bovin peut donc être infecté sans que la maladie soit immédiatement repérée. Surtout, la disparition des symptômes ne signifie pas celle du parasite. « Un animal traité et guéri en apparence reste porteur à vie du parasite et constitue un réservoir de contagion pour le troupeau », insiste l’organisme. Une particularité qui rend la prévention particulièrement importante, notamment lors de l’introduction de nouveaux animaux dans un élevage.
Lorsqu’elle se manifeste, la besnoitiose évolue généralement en trois phases successives, les premiers symptômes apparaissant environ une semaine après la contamination. Durant trois à dix jours, « l’animal présente de la fièvre (40-41°C), s’isole et perd l’appétit », indique le GDS en détaillant : « On observe un larmoiement, un jetage clair, une peau chaude et douloureuse, ainsi qu’une congestion des muqueuses ». Mais cette première phase est aussi la plus difficile à identifier. « Les tests sérologiques restent négatifs à ce stade », prévient le GDS, qui relève que le diagnostic peut notamment être difficile à distinguer de celui de la fièvre catarrhale ovine (FCO), du coryza gangréneux ou de certaines bronchopneumonies.
Une deuxième phase survient ensuite durant une à deux semaines. Des œdèmes bien visibles apparaissent alors à la tête et à l’extrémité des membres, pouvant gêner les déplacements du bovin. Une hypertrophie testiculaire peut également survenir chez les mâles. C’est durant cette période qu’une prise en charge peut encore permettre de limiter l’évolution de la maladie. « Un traitement à base de fortes doses de sulfamides n’est efficace que dans ces tout premiers jours », dévoile le GDS, en précisant qu’il doit être raisonné avec le vétérinaire sanitaire.
À partir de six semaines débute enfin la phase la plus caractéristique de la maladie. La peau s’épaissit durablement, prenant progressivement cet aspect de « peau d’éléphant » qui a donné son surnom à la besnoitiose, et se craquelle au niveau des articulations. Des lésions qui peuvent alors favoriser de fréquentes surinfections. Des kystes peuvent également apparaître sur le blanc de l’œil. C’est à ce stade que les tests sérologiques deviennent positifs. La maladie peut enfin provoquer des pertes de poils et un amaigrissement sévère, « pouvant conduire à l’euthanasie ou à la mort de l’animal ».
Une maladie sans vaccin ni traitement curatif total
Mais c’est surtout l’absence de moyens permettant de guérir complètement les animaux qui préoccupe. Il n’existe aujourd’hui aucun vaccin contre la besnoitiose, tandis que les traitements disponibles ne permettent pas d’éliminer le parasite. Ils peuvent, au mieux, stopper l’évolution des symptômes lorsqu’ils sont administrés suffisamment tôt.
Dans ces conditions, la maladie peut rapidement prendre de l’ampleur lorsqu’elle entre dans un élevage. Le GDS évoque ainsi « 20 à 40 % de nouvelles infections par an » dans un cheptel qui ne bénéficie d’aucune mesure de protection. Avec derrière, des conséquences économiques importantes. Outre une mortalité qui peut atteindre 10 %, l’organisme pointe « des réformes précoces, des moins-values commerciales et des frais d’euthanasie ». Chez les mâles, la stérilité constitue également un enjeu majeur puisqu’elle « complique fortement le renouvellement et le niveau génétique du troupeau ».
Une situation qui explique pourquoi le GDS Corse insiste aujourd’hui sur la nécessité d’éviter l’installation de la maladie dans les élevages insulaires. La prévention passe d’abord par une maîtrise accrue des introductions de bovins. Le GDS recommande ainsi de « n’introduire que des animaux rigoureusement contrôlés par un dépistage sérologique préalable », et ce quel que soit leur âge. Il conseille également de limiter les contacts avec d’autres troupeaux, en évitant notamment les pâturages collectifs ou en maintenant une distance minimale de 100 mètres avec des animaux infectés voisins. L’utilisation d’aiguilles à usage unique lors des prophylaxies et des traitements en série est également préconisée, tout comme la lutte contre la prolifération des insectes piqueurs.
Et même lorsqu’un troupeau est déjà atteint, le GDS souligne que des solutions existent pour tenter d’éliminer progressivement la circulation du parasite. Selon la proportion d’animaux contaminés, des plans d’assainissement peuvent être mis en place en combinant l’isolement, la réforme progressive des bovins séropositifs ou présentant des symptômes et une gestion stricte des animaux par lots. Des mesures qui, selon l’organisme, « permettent d’assainir durablement un cheptel, y compris dans les élevages fortement touchés ».
Face à l’apparition de ce premier cas en Corse-du-Sud, le mot d’ordre est donc aujourd’hui avant tout d’agir rapidement en cas de suspicion. « En cas de doute ou de suspicion de signes cliniques, isolez immédiatement l’animal concerné, prévenez votre vétérinaire sanitaire et contactez le GDS Corse pour mettre en place les analyses et la stratégie de lutte adaptées », martèle l’organisme avant de conclure : « La découverte de ce premier cas en Corse-du-Sud nous rappelle que la vigilance doit être collective ».