Marion Maréchal était l’invitée ce samedi 29 aout à Bastia des Scontri Palatini. L’eurodéputée et présidente du parti d’extrême droite Identité-Libertés a évoqué l’identité, l’autonomie de la Corse et les prochaines élections présidentielles.
(Photos et vidéo Gérard Baldocchi)
C’était probablement l’intervention la plus attendue des Scontri Palatini organisés par Palatinu, émanation du mouvement nationaliste identitaire mené par Nicolas Battini, ces 28 et 29 août entre Ajaccio et Bastia. Marion Maréchal, eurodéputée et présidente du parti d’extrême droite Identité-Libertés, était à Bastia, place Guasco, pour débattre à la tribune de l’identité, mais aussi évoquer la Corse et son autonomie.
Celle qui incarne la nouvelle génération de l’extrême droite française s’est prêtée au jeu de l’interview avant son intervention au cœur de la citadelle bastiaise. Marion Maréchal a expliqué suivre depuis longtemps : « le combat de Nicolas Battini pour faire évoluer idéologiquement le nationalisme corse vers une doctrine qui soit à la fois amicale à l’égard de la France et qui soit offensive pour défendre l’identité de cette île magnifique ».
Une aspiration qu’elle dit partager, notamment avec : « des combats en commun autour de l’autonomie au service de cette identité ».
Les questions sur l’évolution institutionnelle de la Corse et l’autonomie ne sont jamais loin : « L’idée de l’autonomie est de répondre à cette aspiration à cette singularité » avant de poursuivre sur un plan plus politique : « L’amendement proposé par La France insoumise d’empêcher de distinguer le résident du non-résident corse a vidé le texte de sa substance. L’intérêt d’une autonomie est de pouvoir mettre en place une priorité, une préférence corse. Sur l’accès au foncier ou encore dans l’emploi public. Le Rassemblement national n’a pas pu soutenir un texte qui perdait ce sens profond. » a expliqué l’eurodéputée alliée du parti d’extrême droite, qui a indiqué aussi que : « la préférence locale n’est jamais qu’une déclinaison de la préférence nationale que nous défendons au niveau national. Quand on est citoyen français, on a plus de droits qu’un étranger. Quand on est un Corse en Corse, on devrait avoir un certain nombre de préférences. Ça vaut pour les Corses, mais ça devrait valoir pour d’autres régions. Tout le monde en tirerait un bénéfice », avant d’indiquer vouloir : « Mettre en place tous les dispositifs pour que tous les Français qui veulent rester sur leur terre puissent le faire dans des conditions dignes ».
La ligne défendue par l’eurodéputée d’extrême droite sur l’autonomie de la Corse et l’identité insulaire est bien loin des discours que des membres de sa famille politique pouvaient tenir il y a près de 40 ans : « Dans la famille nationale, il y a toujours eu des courants. J’ai toujours fait partie de ceux qui y voyaient une vraie complémentarité entre les enracinements locaux et l’identité française. Pour moi, l’identité corse est une composante de l’identité française et, à ce titre, nous devons la chérir, la protéger et la transmettre », avant de poursuivre : « Aujourd’hui, il y a une évidence. À la fois pour les Corses et les Français. Si la France disparaît dans son être, la Corse disparaîtrait elle aussi dans son être et inversement », puis : « Il y a quelque chose de tout à fait naturel qui s’est fait dans la nouvelle génération. Que porte aujourd’hui Marine Le Pen. »
Un déplacement du curseur au fil des années, qui a produit des débats et des remous chez les nationalistes corses sur des questions d’incompatibilité politique très régulièrement reprochées à Nicolas Battini et son parti nationaliste identitaire Mossa Palatina.
Pourtant, l’électorat corse a, lui, franchi cette barrière depuis longtemps. Et à quelques mois de la présidentielle, Marion Maréchal, qui porte « un courant libéral en économie et conservateur sur les sujets de société », travaille à faire élire Marine Le Pen au mois de mai prochain. Appelant aussi à une union des droites. La présidente du groupe RN à l’Assemblée nationale avait déjà été placée en tête au premier tour en 2017, puis en tête au second tour en 2022 face à Emmanuel Macron, avec 58 % des suffrages exprimés.
Présent pour ce débat des Scontri Palatini, François-Xavier Ceccoli, le député LR de la 2e circonscription de Haute-Corse, a rappelé que s’il y a des sujets sur lesquels on peut être d’accord ou sur lesquels les idées se retrouvent, comme « l’immigration, la sécurité ou le bashing agricole », d’autres sujets les séparent. Le député en a profité pour réaffirmer son soutien à Bruno Retailleau pour la prochaine présidentielle.