En seulement deux éditions, le Portivechju film festival s’était fait une place et un nom dans le paysage cinématographique en Corse. Il nourrissait, cette année encore, de belles ambitions, mais des mésententes y ont soudainement mis fin. L’emblématique tapis orange, signature visuelle du PFF, ne sera donc pas déroulé cette année. Pour autant, l’aventure va continuer : désireuse de ne pas enterrer une formule qui a fait ses preuves, la municipalité porte à bout de bras Piazz’à u filmu, le nouveau festival du cinéma porto-vecchiais qui aura lieu comme feu le PFF, à la mi-septembre (du 17 au 20).
Le Portivechju Film Festival s'arrête au bout de deux éditions. Mais un nouveau festival prendra la suite, du 17 au 20 septembre.
« Le Portivechju film festival, c’est parti pour durer. On a eu que des bons retours. Il n’y a pas de raison... » C’était le 22 septembre 2024, dernier jour du PFF premier du nom. Galvanisé par une première édition encourageante, Michel Ferracci se prend à rêver chaque année d’une grand-messe du cinéma à Portivechju. Aux côtés de son épouse, la regrettée Emilie Dequenne, l’acteur porto-vecchiais copréside alors le comité directeur du festival qu’il souhaite enraciner dans sa ville. Les films projetés sont de qualité, le public répond présent, les vedettes aussi, mais en dépit de cette réussite incontestable, deux ans plus tard, c’est déjà fini. La faute à des divergences de vue au sein de l’équipe organisationnelle, Michel Ferracci d’un côté et Cinéma Paradisu de l’autre, l’association coorganisatrice de l’événement, qui en détient la propriété intellectuelle. Son président, Fabien Santoni, est amer : « Oui, on est déçus, car il y a eu deux ans de travail durant lesquels on a mis beaucoup de notre vie pour lancer un nouvel événement à Porto-Vecchio. » Car comme Michel Ferracci, lui aussi y croyait : avant même que la deuxième édition ne commence, il s’était projeté sur la troisième, annonçant qu’elle ferait place à une sélection de films en compétition.
Piazz'à u filmu, c'est le nouveau festival porto-vecchiais dédié aux arts visuels, à la musique et au cinéma bien sûr.
Climat dégradé
Mais au coeur de l’hiver, les désaccords entre les deux parties ont persisté, actant de part et d’autre l’impossibilité de continuer. D’abord spectatrice de ce climat dégradé, la municipalité porto-vecchiaise n’a pas voulu se résoudre à voir le festival disparaître : « On a pensé marquer une pause, et puis non, on s’est dit qu’on allait reprendre le festival en main », confie Jean-Christophe Angelini, le maire de Porto-Vecchio, trop conscient des retombées positives que l’événement génère, en terme d’attractivité, de fréquentation ou d’image. Il faut dire que la collectivité porto-vecchiaise tenait déjà les cordons de la bourse, ayant financé l’essentiel des deux premières éditions. « Cinéma Paradisu a beaucoup de contacts et d’expérience dans le milieu du cinéma et elle a démontré qu’elle était une vraie force en matière d’ingénierie, rend honneur Jean-Christophe Angelini, mais on souhaitait aussi être plus présents dans le choix des œuvres, au sens de l’argent public qui est investi. Il ne s’agit pas de tout régenter, mais je tiens à ce que la maîtrise de notre proposition culturelle soit avérée. » Demeurer au cœur des projets, même après leur concrétisation, c’est un marqueur fort de la mandature de Jean-Christophe Angelini, que ce soit en matière de culture, comme de services à la population ou de développement économique (la cuisine centrale et le port sont - ou seront - gérés en régie municipale).
"Eveiller les consciences sur des faits de société ou d'actualité"
Et c’est portée par cette conviction politique que la municipalité a donné naissance à Piazz’à u filmu, qu’elle coorganisera désormais avec la communauté de communes Sud-Corse, la cinémathèque, l’office du tourisme et la Collectivité de Corse. Le programme de cette première édition (ou troisième, pour les nostalgiques du PFF) sera dévoilé la semaine prochaine : « On veut faire dialoguer plus fortement le cinéma avec les autres médiums, que ce soit le théâtre, la bande dessinée, les jeux vidéo ou la littérature. Et à travers le choix des films, on a cette volonté d’éveiller les consciences sur des faits de société ou d’actualité. »
Mais au coeur de l’hiver, les désaccords entre les deux parties ont persisté, actant de part et d’autre l’impossibilité de continuer. D’abord spectatrice de ce climat dégradé, la municipalité porto-vecchiaise n’a pas voulu se résoudre à voir le festival disparaître : « On a pensé marquer une pause, et puis non, on s’est dit qu’on allait reprendre le festival en main », confie Jean-Christophe Angelini, le maire de Porto-Vecchio, trop conscient des retombées positives que l’événement génère, en terme d’attractivité, de fréquentation ou d’image. Il faut dire que la collectivité porto-vecchiaise tenait déjà les cordons de la bourse, ayant financé l’essentiel des deux premières éditions. « Cinéma Paradisu a beaucoup de contacts et d’expérience dans le milieu du cinéma et elle a démontré qu’elle était une vraie force en matière d’ingénierie, rend honneur Jean-Christophe Angelini, mais on souhaitait aussi être plus présents dans le choix des œuvres, au sens de l’argent public qui est investi. Il ne s’agit pas de tout régenter, mais je tiens à ce que la maîtrise de notre proposition culturelle soit avérée. » Demeurer au cœur des projets, même après leur concrétisation, c’est un marqueur fort de la mandature de Jean-Christophe Angelini, que ce soit en matière de culture, comme de services à la population ou de développement économique (la cuisine centrale et le port sont - ou seront - gérés en régie municipale).
"Eveiller les consciences sur des faits de société ou d'actualité"
Et c’est portée par cette conviction politique que la municipalité a donné naissance à Piazz’à u filmu, qu’elle coorganisera désormais avec la communauté de communes Sud-Corse, la cinémathèque, l’office du tourisme et la Collectivité de Corse. Le programme de cette première édition (ou troisième, pour les nostalgiques du PFF) sera dévoilé la semaine prochaine : « On veut faire dialoguer plus fortement le cinéma avec les autres médiums, que ce soit le théâtre, la bande dessinée, les jeux vidéo ou la littérature. Et à travers le choix des films, on a cette volonté d’éveiller les consciences sur des faits de société ou d’actualité. »
A gauche, Michel Ferracci, et les membres de l'association Cinéma Paradisu, l'an dernier lors de la deuxième édition du PFF.
Cette ligne éditiorale tracée, Piazz’à u filmu reprendra les ingrédients qui ont fait le succès du PFF, à savoir masterclass, conférences, foodtruck et animations musicales. « Ne plus travailler avec nous, mais garder les mêmes dates et le même concept, je trouve ça un peu audacieux », ironise Fabien Santoni, qui « aurait été partant pour continuer ». « On souhaitait continuer à travailler ensemble, mais on n’est pas tombé d’accord », assure de son côté Jean-Christophe Angelini. S’il laisse la porte entrouverte, le maire porto-vecchiais rejette le procès en opportunisme qui lui est fait : « Cinéma Paradisu n’a pas l’apanage exclusif de la réussite de ce festival. On y a tous contribué. »
Cinéma Paradisu ne baisse pas les bras
Il n’en demeure pas moins que Cinéma Paradisu détient les droits du PFF, qu’elle n’a pas souhaité revendre à la municipalité (d’où le changement de nom du festival). L’association ne veut pas enterrer le festival, espèrant encore le relancer d’une manière ou d’une autre : « Que ce soit dans une autre ville, ou avec un privé, on réfléchit déjà à une autre édition, soutient Fabien Santoni. Il y a de fortes possibilités de le voir revenir plus tard. » De son côté, Michel Ferracci a confirmé très clairement sa mise en retrait auprès de Corse Net Infos. Piazz’à u filmu ? « Je ne participe pas du tout à l’organisation, je n’ai plus rien à voir. » Dès lors, Jean-Christophe Angelini dit s’être appuyé sur le réseau du cinéma Galaxy de Lecci pour constituer la programmation de cette édition, à laquelle participeront les acteurs Vincent Perez, Camélia Jordana, Fabrice Lucchini, les réalisateurs Pierre Salvadori et Louis Clichy, mais aussi l’humoriste Alban Ivanov.
« Piazz’à u filmu », du jeudi 17 au dimanche 20 septembre, espace culturel Jean-Paul de Rocca Serra à Porto-Vecchio.
Cinéma Paradisu ne baisse pas les bras
Il n’en demeure pas moins que Cinéma Paradisu détient les droits du PFF, qu’elle n’a pas souhaité revendre à la municipalité (d’où le changement de nom du festival). L’association ne veut pas enterrer le festival, espèrant encore le relancer d’une manière ou d’une autre : « Que ce soit dans une autre ville, ou avec un privé, on réfléchit déjà à une autre édition, soutient Fabien Santoni. Il y a de fortes possibilités de le voir revenir plus tard. » De son côté, Michel Ferracci a confirmé très clairement sa mise en retrait auprès de Corse Net Infos. Piazz’à u filmu ? « Je ne participe pas du tout à l’organisation, je n’ai plus rien à voir. » Dès lors, Jean-Christophe Angelini dit s’être appuyé sur le réseau du cinéma Galaxy de Lecci pour constituer la programmation de cette édition, à laquelle participeront les acteurs Vincent Perez, Camélia Jordana, Fabrice Lucchini, les réalisateurs Pierre Salvadori et Louis Clichy, mais aussi l’humoriste Alban Ivanov.
« Piazz’à u filmu », du jeudi 17 au dimanche 20 septembre, espace culturel Jean-Paul de Rocca Serra à Porto-Vecchio.