En Corse, une expédition pour établir un “point zéro” de l’état des eaux méditerranéennes

Written on 09/13/2026
Léana Serve

Alors que la Méditerranée connaît des températures records, l’association ajaccienne Naeco et la Stareso lancent une campagne océanographique pour mieux comprendre l’état des eaux corses. Jusqu'au 23 septembre, une dizaine de scientifiques, plongeurs, artistes et créateurs ont embarqué pour l’expédition « Point Zéro », dont les données doivent servir de référence pour suivre l’évolution des écosystèmes marins.

(Photo Greg Lecoeur)

Alors que les températures de la Méditerranée ont atteint des niveaux records cet été, une expédition corse s’apprête à prendre le large pour mieux comprendre l’état de ses écosystèmes marins. Depuis le 9 et jusqu'au 23 septembre, scientifiques, plongeurs, photographes et créateurs de contenu ont embarqué à bord d’un catamaran pour tenter d’établir un état de référence des eaux corses. Baptisée « Point Zéro », cette campagne océanographique est portée par l’association ajaccienne Naeco, en partenariat avec la station de recherche sous-marine et océanographique de Calvi (Stareso) et le photographe Greg Lecoeur. Une campagne qui s’inscrit dans la continuité d’un projet lancé en 2023 par Naeco. « On a lancé des expéditions mêlant scientifiques et artistes à bord des bateaux pour créer des contenus et des petites capsules pédagogiques qui permettent de mieux connaître l’environnement », explique Marie-Laurence Cipriano, cofondatrice et dirigeante de Naeco.
 

Au fil des années, le projet a grandi, avec notamment le développement de nouveaux formats pédagogiques, de partenariats et d’un projet européen destiné aux jeunes. Parmi ces collaborations, celle nouée avec la Stareso a progressivement pris de l’ampleur. Un partenariat qui donne aujourd’hui naissance à une campagne océanographique. « L’idée, c’est vraiment d’apporter une meilleure connaissance des milieux marins et de créer ce qu’on appelle une base de référence », explique Marie-Laurence Cipriano. Cette campagne doit ainsi permettre de récolter des données sur différents aspects des écosystèmes marins afin de disposer d’un état des lieux et de mesurer leur évolution. « À l’échelle de la Corse, on a très peu d’indicateurs qui nous permettent de suivre l’évolution des écosystèmes. »
 

Une expédition entre science et création
 

À bord du catamaran, entre dix et douze personnes se relaieront selon les différentes étapes de l’expédition. Scientifiques, plongeurs, réalisateur, photographe, créateurs de contenu et artistes vont partager la vie à bord pendant deux semaines. « Tout le monde va cohabiter ensemble avec un but commun : créer des contenus autour du thème de l’expédition, mais aussi tout simplement autour de la Méditerranée. C’est la rencontre de deux mondes mais qui sont complémentaires », souligne Marie-Laurence Cipriano. Le bateau partira d’Ajaccio le 9 septembre. Après une première escale à Porto, où des ateliers scolaires et une projection documentaire sont prévus, l’équipe rejoindra Calvi et la Stareso pour un premier point d’étape. Elle repartira ensuite au large pour poursuivre les protocoles scientifiques et le tournage des contenus, avant un nouveau passage par la station. Le retour à Ajaccio est prévu le 23 septembre. À certains points de l’expédition, le catamaran sera rejoint par le bateau de recherche océanographique de la Stareso, équipé d’outils plus précis.
 

Des données pour suivre l’évolution des eaux corses
 

Mais l’expédition ne s’arrêtera pas au retour à Ajaccio. Les données récoltées seront ensuite analysées au cours de l’automne et de l’hiver. L’objectif sera ensuite de faire émerger des tendances et de dégager des pistes qui pourront être utiles aux communes ou aux institutions dans leur gestion du littoral. « L’idée va être de tirer de dessiner des idées pour qu’elles puissent servir aux communes qui ont envie d’améliorer leur gestion du littoral, mais aussi aux pouvoirs publics », poursuit Marie-Laurence Cipriano. « De notre côté, on va partager ces informations pour qu’on se rende compte de l’état de nos eaux. La manière dont on approche la chose est plutôt optimiste, mais c’est une réalité : l’eau se réchauffe. Mais le but, c’est aussi de trouver aussi des solutions, des moyens de mieux comprendre. »
 

Pour Naeco, cette campagne constitue une première étape d’un projet appelé à s’inscrire dans la durée. « La première phase s’échelonne sur trois ans, mais elle a vocation à durer dans le temps et à vraiment créer cette base de référence, pour qu’on puisse revenir aux mêmes endroits dans quelques années et voir vraiment l’évolution. »