Immobilier en Corse : moins de ventes, mais toujours de fortes tensions sur le littoral

Written on 08/18/2026
La rédaction

Les transactions immobilières ont nettement reculé en 2023, selon le nouvel Observatoire de l’AUE (Agence de l'urbanisme et de l'environnement). Les prix restent cependant élevés dans les secteurs littoraux, où se concentre également une grande partie des meublés touristiques.

(Paule Santoni)

Après le record de 2022, le marché immobilier corse a marqué le pas. 8 342 mutations ont été enregistrées en 2023, soit une baisse de 17,6 % en un an. Hors période Covid, il faut remonter à 2018 pour retrouver une activité aussi faible, selon le deuxième numéro de l’Observatoire des marchés fonciers et immobiliers publié par l’Agence d’urbanisme et d’énergie de la Corse (AUE).
Pour les seuls appartements et maisons, le recul atteint 20,1 %. Cette baisse des ventes ne s’accompagne toutefois pas d’une diminution générale des prix. En 2023, le prix médian des maisons recule de 6,2 %, à 360 125 euros, tandis que celui des appartements progresse encore de 1,8 %, à 191 565 euros.


Des écarts considérables entre les territoires
L’étude confirme surtout une forte opposition entre littoral et intérieur. Entre 2020 et 2023, les transactions se concentrent autour des bassins d’Ajaccio et de Bastia, de l’Extrême-Sud et de la Balagne.
Parmi les communes comptant plus de dix ventes, 44 affichent un prix médian inférieur à 160 000 euros, principalement dans l’intérieur. À Corte, il s’établit à 139 750 euros. À l’inverse, quatre communes dépassent le demi-million d’euros : Coti-Chiavari (829 013 euros), Corbara (689 338 euros), Bastelicaccia (540 188 euros) et Zonza (509 281 euros). Les dix communes où les prix médians au mètre carré sont les plus élevés ont toutes une façade littorale.

406 millions d’euros pour les meublés touristiques
Cette géographie recoupe en partie celle des locations de courte durée. Selon les données Likibu utilisées par l’AUE, les meublés touristiques ont généré 406 millions d’euros en 2025, soit 26 % de plus qu’en 2023. Le nombre de logements réservables est passé de 19 170 à 21 249 en deux ans.
Mais le phénomène est très concentré. Porto-Vecchio représente à elle seule 58,5 millions d’euros, devant Zonza avec 32,8 millions et Ajaccio avec 18,7 millions. À Lecci, 18,3 millions d’euros ont été générés et 44 % du parc de logements a été proposé au moins une fois sur les plateformes en 2025. À l’inverse, 143 des 360 communes corses comptaient moins de dix biens proposés.
À une échelle plus fine, l’AUE constate que les secteurs cumulant prix immobiliers et revenus touristiques élevés se concentrent principalement sur le littoral, notamment dans l’Extrême-Sud. Une convergence qui met en évidence la pression particulière exercée sur certains territoires, sans permettre pour autant d’établir un lien de causalité entre locations touristiques et niveau des prix immobiliers.