Régate Rose : à Ajaccio, une journée en mer pour 22 femmes touchées par le cancer du sein

Written on 08/18/2026
Léana Serve

Le 24 août, 22 femmes touchées par le cancer du sein participeront à la Régate Rose, un événement qui se déroule en marge de la course Corsica Classic. Organisé par l’association SOS Cancer du Sein, l’événement entend offrir une parenthèse loin de la maladie, mais aussi aider les participantes à reprendre confiance et à parler plus librement de leur parcours.

Photo : Facebook / SOS Cancer du Sein

Lundi 24 août, elles seront vingt-deux à prendre le large depuis le port de plaisance Charles Ornano à Ajaccio. À bord de voiliers engagés dans la Corsica Classic, une course côtière de yachts de tradition et de voiliers classiques, vingt-deux femmes touchées par le cancer du sein participeront à la Régate Rose, un événement nautique solidaire organisé par l’association SOS Cancer du Sein. « C’est la onzième fois que nous sommes invités par la Corsica Classic », explique Barbara Prot, directrice de l’association. Chaque année, une vingtaine de femmes prennent ainsi part à cette journée. « On lance toujours un appel, mais on fonctionne aussi beaucoup avec le bouche-à-oreille pour trouver des participantes. »
 

Le départ sera donné dans la matinée depuis le port Charles Ornano. Les participantes embarqueront à bord des différents voiliers de la flotte, avec pour destination Portigliolo. À l’arrivée, les voiliers mouilleront devant une base nautique. La journée se poursuivra sur la plage autour d’un cocktail réunissant les participantes, les équipages, les organisateurs et les partenaires de l’événement. Pour les participantes, cette journée permet de sortir, le temps de quelques heures, du quotidien de la maladie. « L’eau a un pouvoir de guérison », souligne Barbara Prot. « Elles ont le sourire, elles participent parfois aux manœuvres, et elles oublient tout. Et cet oubli de la maladie et de leurs soucis, ça leur fait du bien. »
 

Au-delà du plaisir de la navigation, l’association voit dans cette journée une occasion de reprendre confiance en soi. Pour certaines participantes, le fait de se retrouver à bord de voiliers de tradition et de prendre part aux manœuvres constitue aussi une expérience inhabituelle. « Participer à des régates avec des voiliers aussi magnifiques n’est pas accessible à tout le monde, c'est un milieu très fermé, et elles participent à un événement auquel beaucoup de personnes ne peuvent pas participer. Finalement, elles voient que le cancer qui d’habitude ne leur amène que des moments négatifs peut aussi leur apporter quelque chose de positif en participant à une belle journée. Ça retourne aussi le regard qu'elles peuvent avoir sur leur maladie et ça ajoute une petite fierté à la journée. »
 

Un objectif d’autant plus important que le cancer du sein reste parfois difficile à évoquer ouvertement, notamment en Corse. « Il y a beaucoup de pudeur, on sent qu'elles ont du mal à parler de leur maladie », affirme la directrice de SOS Cancer du Sein. « Même si on a senti une évolution ces dernières années, certaines ont toujours un peu peur du regard des autres et c’est plus difficile pour elles de s’exprimer. D’ailleurs, il faut savoir que certaines femmes sont parfois réticentes à l’idée de participer à la régate parce qu’elles ne veulent pas être prises en photo. Et parfois, et c'est magique quand ça arrive, elles passent tellement une belle journée qu’elles acceptent d’être photographiées à la fin. »
 

Pour SOS Cancer du Sein, la régate permet justement de créer un espace où ces femmes peuvent se retrouver entre elles et parler plus librement de ce qu’elles traversent. « Leur participation à cet événement les aide à voir leur maladie de façon différente et peut-être à en avoir un peu moins honte aussi. En plus, elles voient qu’elles ne sont pas seules dans ce cas et qu’il n’y a pas de honte à en parler. Plus on en parle, plus on est aidée et soutenue, et ça les aide beaucoup. Au-delà du plaisir de la journée, on voit qu’il y a un petit déclic qui se fait dans leur tête, et on est ravies de voir ça. »