Chaque été, les mêmes images reviennent : des hectares de maquis et de forêts détruits, des habitations menacées, des populations évacuées et des sapeurs-pompiers engagés dans des conditions extrêmes. Si certains incendies sont d'origine criminelle ou naturelle, beaucoup trouvent pourtant leur origine dans des activités humaines parfaitement identifiées.
Parmi elles figurent les travaux réalisés à l'aide de matériels produisant des étincelles ou de fortes chaleurs : épareuses, gyrobroyeurs, débroussailleuses thermiques, disqueuses, meuleuses, postes de soudure ou encore certains engins agricoles. En présence d'une végétation desséchée et sous l'effet du vent, une simple étincelle peut suffire à déclencher un incendie de grande ampleur.
L'actualité est venue le rappeler une nouvelle fois. Le 21 juillet, un départ de feu s'est déclaré à proximité de la retenue d'eau de Codole, en Balagne, lors de travaux de gyrobroyage, illustrant une nouvelle fois la vulnérabilité de ces interventions lorsqu'elles sont réalisées dans un contexte de sécheresse et de
risque incendie élevé.
Ce risque n'a pourtant rien de nouveau. Dès les années 1990, la cellule interservices réunie à la sous- préfecture de Calvi alertait régulièrement sur les départs de feu provoqués lors des opérations de nettoyage des accotements routiers par des épareuses. Les représentants des services de l'État, des collectivités et des secours avaient alors formulé plusieurs propositions de bon sens : équiper systématiquement les tracteurs d'un moyen de première extinction embarqué ou prévoir un véhicule d'accompagnement doté d'un kit d'intervention, comparable à ceux utilisés à l'époque par les comités communaux feux de forêt. Ces recommandations, fondées sur le retour d'expérience, ne furent jamais généralisées.
Pourtant, le changement climatique a profondément modifié la nature du risque. Les sécheresses sont plus longues, les épisodes venteux plus fréquents et les combustibles végétaux beaucoup plus inflammables. Des travaux autrefois considérés comme anodins peuvent aujourd'hui provoquer, en quelques minutes, des incendies aux conséquences humaines, environnementales et économiques considérables.
Dans la lutte contre les feux de végétation, tout se joue souvent dans les premières minutes. Un départ de feu peut généralement être maîtrisé si un extincteur, une réserve d'eau ou un kit de première intervention est. immédiatement disponible. À défaut, le temps nécessaire à l'arrivée des secours permet bien souvent aux flammes de devenir incontrôlables.
Il est donc temps d'adapter la règlementation existante à cette nouvelle réalité climatique. Les travaux utilisant des matériels susceptibles de provoquer un départ de feu devraient être systématiquement interdits lorsque le risque incendie est classé « élevé », « très élevé » ou « extrême », sauf nécessité impérieuse. Lorsqu'ils demeurent autorisés, ils devraient être réalisés sous réserve de disposer, sur le chantier, d'un moyen normalisé de première extinction immédiatement opérationnel. Cette obligation devrait s'imposer à tous : entreprises privées, collectivités, concessionnaires de réseaux, exploitants agricoles, artisans et particuliers.
Le coût d'un extincteur ou d'un kit d'intervention est dérisoire comparé aux millions d'euros mobilisés après chaque incendie, sans parler des vies bouleversées, des exploitations sinistrées et des espaces naturels détruits. Prévenir coûtera toujours moins cher que reconstruire. À l'heure où le changement climatique impose de repenser nos politiques de prévention, il serait regrettable d'attendre la prochaine catastrophe pour mettre en œuvre des mesures de bon sens identifiées depuis plus de trente ans. Car derrière certains des plus grands incendies se cache parfois une simple étincelle... qu'il aurait été possible d'éteindre en quelques secondes.
L'actualité est venue le rappeler une nouvelle fois. Le 21 juillet, un départ de feu s'est déclaré à proximité de la retenue d'eau de Codole, en Balagne, lors de travaux de gyrobroyage, illustrant une nouvelle fois la vulnérabilité de ces interventions lorsqu'elles sont réalisées dans un contexte de sécheresse et de
risque incendie élevé.
Ce risque n'a pourtant rien de nouveau. Dès les années 1990, la cellule interservices réunie à la sous- préfecture de Calvi alertait régulièrement sur les départs de feu provoqués lors des opérations de nettoyage des accotements routiers par des épareuses. Les représentants des services de l'État, des collectivités et des secours avaient alors formulé plusieurs propositions de bon sens : équiper systématiquement les tracteurs d'un moyen de première extinction embarqué ou prévoir un véhicule d'accompagnement doté d'un kit d'intervention, comparable à ceux utilisés à l'époque par les comités communaux feux de forêt. Ces recommandations, fondées sur le retour d'expérience, ne furent jamais généralisées.
Pourtant, le changement climatique a profondément modifié la nature du risque. Les sécheresses sont plus longues, les épisodes venteux plus fréquents et les combustibles végétaux beaucoup plus inflammables. Des travaux autrefois considérés comme anodins peuvent aujourd'hui provoquer, en quelques minutes, des incendies aux conséquences humaines, environnementales et économiques considérables.
Dans la lutte contre les feux de végétation, tout se joue souvent dans les premières minutes. Un départ de feu peut généralement être maîtrisé si un extincteur, une réserve d'eau ou un kit de première intervention est. immédiatement disponible. À défaut, le temps nécessaire à l'arrivée des secours permet bien souvent aux flammes de devenir incontrôlables.
Il est donc temps d'adapter la règlementation existante à cette nouvelle réalité climatique. Les travaux utilisant des matériels susceptibles de provoquer un départ de feu devraient être systématiquement interdits lorsque le risque incendie est classé « élevé », « très élevé » ou « extrême », sauf nécessité impérieuse. Lorsqu'ils demeurent autorisés, ils devraient être réalisés sous réserve de disposer, sur le chantier, d'un moyen normalisé de première extinction immédiatement opérationnel. Cette obligation devrait s'imposer à tous : entreprises privées, collectivités, concessionnaires de réseaux, exploitants agricoles, artisans et particuliers.
Le coût d'un extincteur ou d'un kit d'intervention est dérisoire comparé aux millions d'euros mobilisés après chaque incendie, sans parler des vies bouleversées, des exploitations sinistrées et des espaces naturels détruits. Prévenir coûtera toujours moins cher que reconstruire. À l'heure où le changement climatique impose de repenser nos politiques de prévention, il serait regrettable d'attendre la prochaine catastrophe pour mettre en œuvre des mesures de bon sens identifiées depuis plus de trente ans. Car derrière certains des plus grands incendies se cache parfois une simple étincelle... qu'il aurait été possible d'éteindre en quelques secondes.