Le 25 juillet à 21 heures à Bastia, le spectacle historique de la Relève des Gouverneurs, orchestré par le Comité des Fêtes et de l’Animation du Patrimoine de Bastia, partira de la Citadelle pour rejoindre le Vieux-Port. Depuis 1988, cette reconstitution fait revivre une cérémonie génoise vieille de plusieurs siècles. Pour cette 39e édition, près de 160 figurants défileront sous les yeux de milliers de spectateurs attendus.
La reconstitution d’une cérémonie génoise
Le spectacle retrace un épisode précis de l’histoire bastiaise : la Relève des Gouverneurs, « U Cambiu di Bastia » en langue corse. Sous l’administration génoise, les grandes familles de Gênes désignaient l’un des leurs pour gouverner Bastia. Une fois nommé, ce noble prenait ses fonctions de gouverneur de la Corse pour deux ans, avant qu’une cérémonie officielle ne marque la passation de pouvoir : l’ancien gouverneur quittait la Citadelle avec sa suite, tandis que son successeur était accueilli au Vieux-Port avant d’aller prendre sa place au Palais.
Un spectacle né en 1988
L’origine de la manifestation remonte au 600e anniversaire de la ville de Bastia, célébré par la publication d’un livre retraçant son passé. C’est en visionnant un diaporama au musée de Bastia, évoquant un texte de 1671 traduit par le chancelier du royaume, Angelo Francesco Luri, que Jean-Baptiste Raffalli, président du Comité des Fêtes et de l’Animation du Patrimoine et instigateur de la manifestation, découvre le récit originel de la Relève. Le cortège partait du palais vers le port, le bateau du gouverneur restait au large en attendant qu’une felouque arrive avec son successeur.
Jean-Baptiste, qui voulait créer un spectacle historique, se remémore les paroles de l’ancienne conservatrice du musée de Bastia lui ayant dit : « Voilà, vous voulez un spectacle historique, regardez, là vous l’avez sous les yeux. » Et c’est ainsi qu’ils ont commencé à commander, à louer des costumes et à faire la première relève, qui a eu lieu en 1988. Depuis, l’événement ne cesse d’attirer des spectateurs : « En croyant que c’était juste pour animer la ville, on a inventé un produit touristique sans le savoir », poursuit-il, avant d’insister sur sa dimension familiale : « Ça fonctionne de mieux en mieux parce que c’est intergénérationnel maintenant. On a des gens qui viennent et qui disent : mon grand-père le faisait, ma grand-mère le faisait. »
Jean-Baptiste, qui voulait créer un spectacle historique, se remémore les paroles de l’ancienne conservatrice du musée de Bastia lui ayant dit : « Voilà, vous voulez un spectacle historique, regardez, là vous l’avez sous les yeux. » Et c’est ainsi qu’ils ont commencé à commander, à louer des costumes et à faire la première relève, qui a eu lieu en 1988. Depuis, l’événement ne cesse d’attirer des spectateurs : « En croyant que c’était juste pour animer la ville, on a inventé un produit touristique sans le savoir », poursuit-il, avant d’insister sur sa dimension familiale : « Ça fonctionne de mieux en mieux parce que c’est intergénérationnel maintenant. On a des gens qui viennent et qui disent : mon grand-père le faisait, ma grand-mère le faisait. »
Dans les pas de Spinola « le plus bastiais des gouverneurs »
Le spectacle met en lumière le centre historique, de la Citadelle au Vieux-Port : « Maintenant la Citadelle est restaurée, le Vieux-Port avec la Conca Marina, c’est devenu une merveille », se réjouit Jean-Baptiste Raffalli, qui ajoute : « On met le projecteur sur cette ville qui, pour nous, est toujours capitale, même si elle ne l’est plus depuis 1811. » Le spectacle revient sur l’histoire du Palais des Gouverneurs et sur la figure d’un certain Spinola, « le plus bastiais des gouverneurs », car il est né et mort à Bastia, dans le Palais même où son père exerçait déjà cette fonction. Revenu lors de soulèvements populaires, il était parvenu à apaiser la situation et avait nommé des ecclésiastiques corses, dont plusieurs évêques. Le spectacle évoquera aussi son baptême, célébré au son de l’orgue de l’église Sainte-Marie, aujourd’hui conservé dans le village de Piedicroce et fabriqué par un facteur d’orgues qui portait, lui aussi, le nom de Spinola. Une rue de Bastia porte également ce nom.
Une organisation millimétrée
Jean-Baptiste Raffalli détaille une nouveauté majeure de cette édition sur le plan technique, avec l’arrivée d’un présentateur chargé de détailler le cortège de bout en bout afin d’expliquer le déroulement en direct au public. « C’est quelque chose de nouveau qui va beaucoup nous aider sur le plan du timing », explique-t-il. Le nombre de figurant ayant augmenté, une régisseuse, Hélène Giusti de l’association Ballerina, est chargée de les coordonner en lien constant avec la voix du présentateur afin que l’ensemble respecte un minutage strict. « Cette année je compte 160 figurants, peut-être plus », précise Jean-Baptiste Raffalli. Parmi les autres participants, on retrouve des lanceurs de drapeaux venus de Calenzano (près de Florence) et les arbalétriers de Vintimille, présents depuis la création du spectacle : « L’un d’entre eux n’a manqué aucune édition en 39 ans. », souligne Jean-Baptiste Raffalli.
Un hommage à Charles-Paul Viale
Cette édition rendra hommage à Charles-Paul Viale, qui avait oeuvré à la restauration de la Sainte-Élisabeth, le plus ancien pointu du Vieux-Port, inscrit au patrimoine maritime, et qui transporte traditionnellement le gouverneur lors du spectacle. Pour la première fois, le club d’aviron de Bastia participera en sa mémoire à la Relève des Gouverneurs. Les rameurs iront chercher la Sainte-Élisabeth à la Conca Marina et l’escorteront jusqu’au rivage, en portant les armoiries de la famille Viale.