Alors que la saison des incendies s’annonce particulièrement précoce et intense en Corse, deux Canadair supplémentaires ont été déployés ce samedi matin à Ajaccio. Entre sécheresse avancée, relief difficile et forte dépendance aux moyens aériens, les autorités et les secours se préparent à une saison qui pourrait s’étendre bien au-delà des standards habituels.
(Photos Paule Santoni)
Ce samedi matin, sur la base aérienne de la Sécurité civile de Campo dell’Oro, l’activité s’est intensifiée avec l’arrivée de deux Canadair, numérotés 34 et 42, atterris aux alentours de 10 heures sur le tarmac d’Ajaccio. Cette montée en puissance s’inscrit dans le dispositif estival de prévention et de lutte contre les feux de forêts, alors que l’île entre dans une période jugée déjà à haut risque. « C’est la montée en puissance du dispositif estival de prévention et de lutte contre les feux de forêts qui continue. On arrivera au pic au 15 juillet, mais depuis le 1er juin il y a déjà de nombreux moyens, notamment au sol », explique Florian Straser, directeur de cabinet du préfet de Corse.
Un hélicoptère bombardier d’eau est également arrivé cette semaine à Figari, venant compléter les moyens aériens déjà déployés. Au plus fort de la saison, la Corse pourra compter sur deux Canadair et trois hélicoptères bombardiers d’eau. Les deux Canadair resteront basés sur l’île jusqu’à fin septembre voire mi-octobre, avec des pilotes effectuant des rotations de 15 jours. Les appareils peuvent être renforcés en cas de risque élevé, avec des renforts venus du continent. Et inversement : les avions bombardiers d’eau pourront également effectuer des allers-retours sur le continent si nécessaire.
La configuration géographique de la Corse rend l’intervention terrestre particulièrement difficile sur une grande partie du territoire. « 60 % du territoire de la Corse-du-Sud n’est pas accessible aux moyens au sol en raison des reliefs montagneux. Nous dépendons donc fortement des moyens aériens pour lutter contre les feux », souligne Florian Straser.
Une sécheresse en avance inquiétante
Et ces derniers mois, les autorités ont observé une dégradation rapide de la végétation. « Nous avons environ un mois et demi d’avance sur la sécheresse habituelle. Dans certaines zones, environ 25 % de la végétation est déjà morte, ce qu’on observe normalement entre le 1er et le 15 août », précise le représentant de l’État. Une situation qui laisse présager une saison longue et à haut risque.
Sur le terrain, les équipages doivent composer avec des conditions parfois difficiles. « La Corse est un endroit où les conditions sont complexes, notamment pour la prise d’eau en mer. Le relief crée aussi des turbulences importantes », explique Jacques Plassard, chef de détachement des pilotes pour cette rotation de 15 jours.
En cas d’alerte, les appareils peuvent décoller en moins de 30 minutes, voire 15 minutes depuis Ajaccio. « Les avions partent à vide, puis cinq minutes plus tard ils ont écopé leur eau à Porticcio ou dans le port d’Ajaccio et peuvent intervenir », détaille-t-il. Chaque appareil peut embarquer jusqu’à 6 tonnes d’eau. Les missions sont réalisées à deux avions au début des interventions, avant d’éventuels renforts.
Sur le terrain, les équipages doivent composer avec des conditions parfois difficiles. « La Corse est un endroit où les conditions sont complexes, notamment pour la prise d’eau en mer. Le relief crée aussi des turbulences importantes », explique Jacques Plassard, chef de détachement des pilotes pour cette rotation de 15 jours.
En cas d’alerte, les appareils peuvent décoller en moins de 30 minutes, voire 15 minutes depuis Ajaccio. « Les avions partent à vide, puis cinq minutes plus tard ils ont écopé leur eau à Porticcio ou dans le port d’Ajaccio et peuvent intervenir », détaille-t-il. Chaque appareil peut embarquer jusqu’à 6 tonnes d’eau. Les missions sont réalisées à deux avions au début des interventions, avant d’éventuels renforts.
Surveillance et prévention en vol
Les équipages assurent également des missions de surveillance du territoire lors des périodes de risque élevé. « Nous pouvons rester en l’air environ trois heures. En surveillance, on effectue environ deux heures et demie de vol avant d’être relevés », indique Jacques Plassard. Cette présence aérienne permet de surveiller l’île du milieu de journée jusqu’au coucher du soleil.
Et tout cela ne peut se faire qu’avec un fonctionnement coordonné des moyens terrestres. Pour le Service d’incendie et de secours de Corse-du-Sud, l’enjeu est d’ajuster en permanence l’engagement des moyens : « On attend le retour du premier commandant des opérations de secours pour faire la balance bénéfices-risques et décider de l’engagement des moyens aériens », explique le colonel Olivier Javelle, directeur adjoint du SIS 2A.
Les services de secours rappellent enfin que la majorité des incendies sont d’origine humaine. « 90 % des départs de feu sont dus à l’activité humaine », rappelle le colonel Javelle. Il insiste sur les gestes de prévention essentiels : éviter les travaux générant des étincelles, ne pas fumer en forêt et proscrire les barbecues en zone boisée. Avec une végétation déjà très sèche et des moyens mobilisés plus tôt que d’habitude, les autorités se préparent à une saison particulièrement exigeante.
Et tout cela ne peut se faire qu’avec un fonctionnement coordonné des moyens terrestres. Pour le Service d’incendie et de secours de Corse-du-Sud, l’enjeu est d’ajuster en permanence l’engagement des moyens : « On attend le retour du premier commandant des opérations de secours pour faire la balance bénéfices-risques et décider de l’engagement des moyens aériens », explique le colonel Olivier Javelle, directeur adjoint du SIS 2A.
Les services de secours rappellent enfin que la majorité des incendies sont d’origine humaine. « 90 % des départs de feu sont dus à l’activité humaine », rappelle le colonel Javelle. Il insiste sur les gestes de prévention essentiels : éviter les travaux générant des étincelles, ne pas fumer en forêt et proscrire les barbecues en zone boisée. Avec une végétation déjà très sèche et des moyens mobilisés plus tôt que d’habitude, les autorités se préparent à une saison particulièrement exigeante.