La MSA de Corse donne la priorité au terrain

Written on 06/25/2026
Jeanne Leboulleux-Leonardi

Jeudi 25 juin 2026, se déroulait, au parc Galea, l’Assemblée générale de la MSA de Corse : c’était l’occasion de faire le point après la première année de mandature de la nouvelle équipe.

« Notre priorité, c’est le terrain », affirme le Président de la MSA de Corse, Jean-Baptiste Cantini. C’est l’axe que son équipe a retenu pour sa mandature, mettant la proximité au cœur de son action, qu’il s’agisse des exploitants indépendants, des retraités ou des salariés : « Se mettre au centre de la ruralité et faire le dernier kilomètre », c’est leur credo.
 
Faire face aux crises sanitaire et climatique
« En Corse, la protection sociale ne peut pas être pensée comme ailleurs. Notre île a ses contraintes, ses distances, ses fragilités, mais aussi une force immense : celle du lien humain », souligne Jean-Baptiste Cantini dans son Rapport d’activité pour 2025. Les défis que l’agriculture corse doit relever sont importants, alors même que les agriculteurs adhérents de la MSA, en Corse, représentent une part plus importante de la population que sur la moyenne française (9 % pour 4,5 %). Le Président rappelle les crises sanitaire et climatique que traversent aujourd’hui les agriculteurs, et le problème de l’eau. « Nous sommes très attachés à nos exploitations qui souffrent fortement. Surtout que les années qui vont venir vont être encore plus compliquées. On travaille à la prévention du décrochage », explique-t-il.
 
Comment la MSA peut-elle aider les agriculteurs face à ces difficultés ? Son Président insiste sur le service de l’action sociale dont il importe de faire mieux comprendre le rôle. Il peut intervenir par des remises de cotisations, les “Agiriff”, et un plan d’accompagnement individualisé établi pour les exploitations qui rencontrent des problèmes financiers : accompagner ceux qui ont des dettes agricoles pour qu’ils puissent régulariser leur situation. A ce titre, la structure mutualiste annonce 298 plans de paiement souscrits pour un montant de 3,2 M€ et 206000 € de prises en charge du désendettement.
 
Trois groupes de travail
Où en est la nouvelle équipe qui a pris les commandes en juin 2025, après un an d’exercice ? Elle a mis en place des groupes de travail sur trois thématiques. Tout d’abord l’accueil, en lien avec le souhait de “proximité”. L’objectif est de l’améliorer en répondant mieux aux attentes des adhérents. Un deuxième groupe travaille sur les “grands comptes”, – les gros employeurs que sont les ADMR, la Chambre d’agriculture, le Crédit Agricole –, afin de rendre plus « fluides » les échanges que la MSA entretient avec ces structures, leurs cadres ou leurs agents. Enfin, un troisième groupe se consacre au problème du recouvrement : « La Corse a le taux de non-recouvrement le plus élevé de France », explique le Président qui entend que la MSA se montre proactive pour « rattraper la dette, sans mettre les agriculteurs en difficulté. Dès qu’on voit le décrochage, il faut aller à leur rencontre sans attendre que la situation dégénère. »
 
Obtenir des moyens supplémentaires
L’équipe a produit un Livre blanc qui a été communiqué aux ministères et à la Caisse centrale, le niveau national de la MSA. Il sollicite des moyens supplémentaires, moyens humains et financiers, pour mieux accompagner les adhérents « au vu de nos contraintes et de nos difficultés ». La MSA de Corse sera-t-elle entendue ? « On a bon espoir », sourit Jean-Baptiste Cantini.
Enfin, l’équipe a également rencontré les parlementaires européens, pour demander un « bouclier de protection sociale spécifique pour notre île ». Sans qu’il n’y ait aucun lien direct avec le statut d’autonomie en cours de discussion, Jean-Baptiste Cantini affirme : « On s’est mis dans la roue ».
 
Les jeunes à l’honneur
L’Assemblée qui a commencé par un hommage appuyé à Tristan Couraud, délégué de la MSA décédé récemment, a permis de mettre à l’honneur le travail des jeunes des lycées agricoles corses. La MSA, s’appuyant sur son service Santé et prévention au travail dirigé, en Corse, par le Docteur Oster, a en effet fait de la prévention l’une des priorités du régime agricole. Commencer tôt ne peut être qu’un gage d’efficacité. Aussi, la structure organise-t-elle des interventions en ce sens, dans les lycées agricoles de l’île, à Borgu et à Sartè. Tous les ans, ces lycées participent ainsi à un concours “Prévention Jeunes” qui dépasse le cadre de l’île. Ils proposent des projets liés à la prévention des risques professionnels en milieu agricole, en l’occurrence une vidéo de sensibilisation. Les projets ont été récompensés selon trois types de critères : « leur originalité, leur pertinence et la qualité des messages transmis ». Quatre prix étaient attribués. Le Campus AgriCorsica de Sartè a reçu le deuxième prix pour son film “Le DUERP (Document unique d'évaluation des risques professionnels) comme outil de prévention”. Quant au Campus Corsic’Agri Borgu-Marana, il a décroché le prix coup de cœur pour sa réalisation : “risques psychosociaux et harcèlement”. Bravo à ces jeunes pour leur implication et la qualité reconnue de leur travail !