Réuni vendredi matin devant la préfecture de Haute-Corse à Bastia, le comité de soutien à Scola Corsa estime que les avancées obtenues ces derniers jours restent insuffisantes tant qu'elles ne sont pas officiellement validées par l'État. À quelques semaines de la préparation de la rentrée scolaire, ses représentants demandent des réponses immédiates et n'excluent pas de nouvelles actions.
Au lendemain d’une réunion qui a réuni les deux préfets de Corse, le recteur d’académie ainsi que les représentants de l’association des maires de Haute-Corse, une trentaine de membres du comité de soutien à Scola Corsa se sont rassemblés vendredi matin devant la préfecture de Haute-Corse à Bastia. L’objectif : dénoncer l’absence de décisions concrètes dans un dossier qui, selon ses représentants, ne peut plus attendre. Lors d’une conférence de presse, les membres du comité ont reconnu plusieurs avancées. Ils estiment notamment que la sécurisation juridique de la subvention accordée par la Collectivité de Corse semble désormais possible grâce aux propositions élaborées par le réseau et validées par les différents services concernés. Le recours préfectoral contestant cette subvention devant le tribunal administratif pourrait également être reconsidéré sur la base de ce nouveau montage juridique et budgétaire. Enfin, la contractualisation de six postes d’enseignants au sein de Scola Corsa est jugée comme une première étape vers la stabilisation du réseau.
Pour autant, le comité de soutien considère que ces éléments restent insuffisants tant qu'ils ne sont pas officiellement validés par l'État. « La problématique est connue de tous : de la société, parce que nous sommes sur le terrain depuis plusieurs mois, des principaux interlocuteurs au niveau local, mais également à Paris », martèle Jean-Pierre Luciani, secrétaire national du STC Éducation. « À Matignon ou au ministère de l’Éducation nationale, tout le monde est au courant que nous attendons la sécurisation du financement de la Collectivité de Corse pour Scola Corsa. Et surtout, le deuxième point, le plus important, c'est celui de la contractualisation de cinq postes qui manquent à l'appel. »
Pour les membres du comité de soutien, l’urgence est désormais liée au calendrier. La préparation de la rentrée scolaire de septembre impose des décisions rapides alors que plusieurs échéances administratives approchent. « Le plan de financement doit être déposé au niveau de la Collectivité de Corse, mais je rappelle que la dernière session de l’Assemblée est en juillet », poursuit Jean-Pierre Luciani. « Le dossier a été présenté au ministère au mois de janvier, il y a toutes les mobilisations, entre autres une mobilisation de 3 000 personnes dans la rue à Bastia. On a travaillé dans la sérénité et dans le dialogue jusqu'à maintenant, mais le temps du dialogue est aujourd'hui plus que consommé. »
En cas d’absence de réponse dans les prochains jours, le comité de soutien à Scola Corsa annonce d’ores et déjà un durcissement du mouvement. « On attend un retour immédiat, sinon nous allons obligatoirement organiser des actions, ça veut dire qu'on va certainement occuper le terrain dans les prochains jours », détaille le secrétaire national du STC. « Il y a obligatoirement des lieux et des établissements qui seront bloqués. Lorsque le dialogue ne suffit pas, le peuple se fait entendre par des actions un peu plus dures. »