« Nimu Dormi », c’est la nouvelle biennale d’art contemporain qui est à découvrir depuis fin mai dans cinq lieux distincts, à Bonifacio, et jusqu’au 5 novembre. Les têtes créatrices de l’association De Renava ont imaginé une exposition qui explore les liens unissant fête, liberté, révolte et expression collective. Et ce jeudi matin, des élèves de CE2, CM1 et CM2 de l’école primaire de San Gavinu di Carbini ont découvert l’expo avec leurs yeux d’enfants. Reportage.
Cette étrange créature aux yeux toujours ouverts a fasciné les enfants, dans la pénombre de l'Agora.
Dans la pénombre de l’Agora, un ancien dancing bonifacien fermé depuis plus de quarante ans, un groupe d’enfants retient son souffle. Face à eux, une étrange créature métallique aux yeux grands ouverts semble les observer. Cette créature impressionnante, on la doit à l’artiste grecque Niki Danai Chania. Victoria, 10 ans, avoue avoir d’abord pris peur : « Je pensais que c’était un esprit très méchant, mais j’ai été contente d’apprendre l’explication. » C’est Léa Millet, médiatrice culturelle, qui la leur a apportée : « C’est une mortelle transformée en monstre, mais qui a toujours les yeux ouverts pour s’assurer que les gens dans la boîte de nuit ne font pas de bêtises et ne se mettent pas en danger. C’est un monstre gentil, en fait. » La réplique, espiègle, d’un élève, a fusé : « Moi je vais faire une bêtise pour voir ce que ça fait ! »
Cette installation de Tony Regazzoni traduit une sensation de liberté : la mobylette comme moyen de déplacement pour aller en boîte de nuit.
"C'est le début de l'esprit critique"
Quelques rues plus loin, à la Cisterna, l’œuvre de Tony Regazzoni suscite un enthousiasme immédiat. Ses mobylettes, que les enfants peuvent enfourcher, dialoguent avec des pyrogravures consacrées aux discothèques emblématiques du nord de l’Italie. L’ensemble évoque les départs collectifs vers les pistes de danse, ces rites initiatiques où se mêlent désir d’émancipation, amitié et découverte du monde adulte. Le sentiment de liberté véhiculé par ces deux-roues parle instantanément aux enfants, et leur enseignante ne peut que s'en réjouir : « Nous travaillons sur la sensibilité artistique et la gestion des émotions. Mettre des mots sur ce qu’on ressent. Et nous souhaitions aussi proposer aux élèves quelque chose de contemporain, pas seulement figuratif. » Cette immersion précoce dans l’art contemporain est encouragée par Basine Isitt, le directeur des expositions De Renava : « Ils ont autour de 10 ans, c’est le passage à l’âge de raison et le début de l’esprit critique. En voyant l’expo, ils peuvent faire des associations. »
Quelques rues plus loin, à la Cisterna, l’œuvre de Tony Regazzoni suscite un enthousiasme immédiat. Ses mobylettes, que les enfants peuvent enfourcher, dialoguent avec des pyrogravures consacrées aux discothèques emblématiques du nord de l’Italie. L’ensemble évoque les départs collectifs vers les pistes de danse, ces rites initiatiques où se mêlent désir d’émancipation, amitié et découverte du monde adulte. Le sentiment de liberté véhiculé par ces deux-roues parle instantanément aux enfants, et leur enseignante ne peut que s'en réjouir : « Nous travaillons sur la sensibilité artistique et la gestion des émotions. Mettre des mots sur ce qu’on ressent. Et nous souhaitions aussi proposer aux élèves quelque chose de contemporain, pas seulement figuratif. » Cette immersion précoce dans l’art contemporain est encouragée par Basine Isitt, le directeur des expositions De Renava : « Ils ont autour de 10 ans, c’est le passage à l’âge de raison et le début de l’esprit critique. En voyant l’expo, ils peuvent faire des associations. »
Ce groupe d'élèves de San Gavinu, que nous avons rencontré par hasard, regarde ici les huiles sur toiles du peintre Alex Foxton.
Intitulée « Nimu Dormi » (« Personne ne dort »), la Biennale réunit quatorze artistes corses et internationaux répartis sur cinq lieux patrimoniaux de la cité des falaises : l’Agora, la Cisterna, le Palazzu, l’Impluvium et la caserne Montlaur. À travers des installations, sculptures, vidéos, peintures et créations sonores, les artistes montrent comment la fête peut être explorée comme un espace de resistance, d’insoumission et de transformation sociale. Mais les enfants sont avant tout invités à s’arrêter sur la dimension festive : « La fête, c’est danser, se retrouver entre amis. Etre joyeux », résume la petite Camille.
« Nimu Dormi », troisième Biennale d’art contemporain de Bonifacio, à découvrir jusqu’au 5 novembre. Présence des oeuvres d’Adel Abdessemed, Vanessa Beecroft, Niki Danai Chania, Alex Foxton, Nadya Tolokonnikova, Tony Regazzoni, Ghjuvan Petru Graziani et Rinatu Coti, Philippe Caamano, Puma Camillê, Nkisi, Mark Leckey, David Noonan et Anri Sala.
- Ouverture en juin, septembre et octobre : du mardi au samedi, de 10 h à 18 h. Ouverture en juillet et août : du mardi au samedi, de 10 h à 20 h. Plein tarif : 12 euros. Réductions et gratuités sous conditions.
« Nimu Dormi », troisième Biennale d’art contemporain de Bonifacio, à découvrir jusqu’au 5 novembre. Présence des oeuvres d’Adel Abdessemed, Vanessa Beecroft, Niki Danai Chania, Alex Foxton, Nadya Tolokonnikova, Tony Regazzoni, Ghjuvan Petru Graziani et Rinatu Coti, Philippe Caamano, Puma Camillê, Nkisi, Mark Leckey, David Noonan et Anri Sala.
- Ouverture en juin, septembre et octobre : du mardi au samedi, de 10 h à 18 h. Ouverture en juillet et août : du mardi au samedi, de 10 h à 20 h. Plein tarif : 12 euros. Réductions et gratuités sous conditions.