Avec ce passionnant roman, son premier, publié aux édition Maïa, Diana-Eva Filippi exhume un monde oublié. Entre magie ancestrale et puissance du chant polyphonique, elle tisse une quête d’identité où les pierres des villages abandonnés de l’Alisgiani ont encore leur mot à dire. Une belle rencontre…
Qui est Diana-Eva Filippi ?
Mes racines sont de l’Alisgiani. Suite à un baccalauréat littéraire avec mention TB au lycée Fesch d'Ajaccio, j'ai poursuivi ma formation en suivant le cursus Hypokhâgne et Khâgne proposé au lycée Giocante de Casabianca à Bastia. Puis j'ai obtenu un master à l'Institut d'Etudes Politiques d'Aix-en-Provence. Aujourd’hui je travaille à la Collectivité de Corse. J'ai toujours été passionnée par la littérature, c'est une passion depuis ma plus tendre enfance. Mon père, René Teillaud-Muraccioli, a écrit trois livres sur l'univers de la Franc-Maçonnerie, publiés aux éditions DCL, qui ont eu un bel écho en Corse.
Est-ce votre premier ouvrage* ?
Oui. J'avais besoin d'écrire cette histoire, c'était viscéral pour moi. J'avais envie de prendre les thématiques culturels pour en faire une histoire moderne, contemporaine, un roman du merveilleux, fantastique, qui touche à la culture corse au rituel, au chant, aux villages abandonnés, à la langue corse. Un roman sensible sur la transmission et le déracinement, où le merveilleux s’invite pour tracer une voie juste entre hier et demain. Cette histoire me tiraille depuis 10 ans. Elle a mûri au fil des ans avec des recherches sur des faits historiques de la guerre et aussi les idées régionalistes. Ce roman est une invitation au songe, à la découverte de la Corse d’autrefois, à la rencontre de l’autre. Une porte ouverte vers un monde oublié, et une immersion totale dans la culture corse d’hier et d’aujourd’hui, pour mieux se connaître, pour mieux se comprendre, pour mieux s’aimer.
Quelle est l’histoire ?
Battistu, un soldat de la première guerre mondiale, est projeté de 1917 en 2017. Ce saut dans le futur le renvoie à ses racines et il va devoir renouer avec son passé, à partir de son identité. Une brèche entre deux époques. Soustrait à l’enfer de cette guerre, il découvre une île à la recherche d’elle‑même, oscillant entre ses racines profondes et ses aspirations modernes.
Pour ce titre, « Le schiste et l’asphodèle » ?
Il y le concret et l’imaginaire. Le schiste, c'est du concret, du visible. Les pierres ont une histoire, même silencieuse. L’asphodèle a un côté magique car on l’utilise pour certains rites anciens.
D’autres projets d’écriture ?
Ce roman appelle une suite !
*« Le schiste et l’asphodèle » de Diana-Eva Filippi aux éditions Maïa. En librairie et sur les plateformes dédiées.