Face au poids du secteur résidentiel dans la consommation d’énergie de l’île, l’Agence d’Urbanisme et d’Énergie de la Corse intensifie sa campagne de sensibilisation auprès des habitants et des élus. Avec son dispositif ORELI et un partenariat avec l’Agence nationale de l’habitat, l’agence mise sur des rénovations globales des logements pour atteindre l’objectif d’autonomie énergétique de la Corse d’ici 2050.
D’ici 2050, la Collectivité de Corse s’est fixé un objectif d’autonomie énergétique. Mais pour y arriver, « il va falloir faire des efforts », lance Antonia Orsoni, cheffe de département dans l’équipe énergie de l’Agence d’Urbanisme et d’Énergie (AUE) de la Corse. Afin d’inciter les habitants à réduire leur consommation énergétique, l’AUE a organisé deux réunions en début de semaine, en partenariat avec les communautés de communes de la Costa Verde et Castagniccia Casinca. Le but : présenter les dispositifs de rénovation de l’habitat aux particuliers et aux élus. « Quand on regarde aujourd'hui les consommations énergétiques stationnaires, plus de 30 % concernent le secteur résidentiel. Si on veut atteindre l'objectif d'autonomie énergétique, il va falloir agir sur la rénovation énergétique des bâtiments, et ça concerne aussi les élus qui sont derrière un vecteur pour pouvoir porter la bonne parole et qui ont une vraie connaissance du terrain, de leurs administrés, et qui savent où sont les besoins de rénovation énergétique. »
Pour cela, l’AUE porte le projet ORELI (Opérations de Rénovation Énergétique des Logements Insulaires), une prime destinée aux particuliers qui souhaitent réaliser des travaux de rénovation énergétique dans leur résidence principale située en Corse et dont le permis de construire a été déposé avant le 1er janvier 2013. Mais l’agence peut aussi s’appuyer sur un partenariat avec l’Agence nationale de l’habitat. « Pour que notre action soit plus forte en Corse, on s'est dit qu'on allait s'allier aux autres dispositifs qui existent, puisque l'objectif c'est aussi d'apporter de la lisibilité et de la simplicité pour les ménages », souligne Antonia Orsoni. « Dès qu'on parle de rénovation énergétique, tout le monde se dit que c'est compliqué, alors on a voulu parler des grands acteurs publics qui vont apporter des solutions de financement et des solutions techniques. On s’est donc inscrit dans un schéma de contractualisation avec l’ANAH, on a signé une convention de coopération et coordination régionale, et on a signé un pacte territorial. »
Dans le cadre du pacte territorial, 12 intercommunalités ont déjà répondues présentes pour accueillir des réunions. L’AUE espère couvrir 17 intercommunalités d’ici quelques mois. « Certains élus nous sollicitent directement pour aller dans leur commune faire une intervention, ou alors ils portent des événements et ils nous demandent d'intervenir ou de les aider à animer les événements », détaille Antonia Orsoni. « C'est un véritable échange pour voir quelles sont les actions qui seront les plus efficaces pour toucher un maximum de monde et engager cette démarche d'aller vers. »
L'objectif, pour l’AUE, est surtout de proposer « des projets cohérents ». « Ça ne va pas être du mono-geste, on ne va pas juste changer les fenêtres ou le chauffage. On va essayer de proposer des projets qui vont avoir au minimum deux gestes. C'est un bouquet de travaux qui va permettre d'atteindre une performance énergétique minimum de deux sauts de classe énergétique, c’est facilement atteignable. Les travaux les plus récurrents, c'est effectivement les travaux d'isolation, les travaux de changement de chauffage et d’eau chaude sanitaire. » D’autres réunions sont déjà prévues les 2 et le 4 juin, dans les communautés de communes de Marana Golo et Celavu-Prunelli.