Cyco GT20 : des centaines de passionnés s'élancent de Bastia pour traverser la Corse à vélo

Written on 05/06/2026
Matteo Lanfranchi

Ce mercredi matin, la Place Saint-Nicolas de Bastia a donné le coup d'envoi de la Corsica Cyclo GT20. 250 coureurs venus de toute la France et de l'étranger se sont élancés pour traverser l'île du nord au sud en cinq étapes, sous les yeux de figures légendaires du cyclisme comme Claudio Chiappucci et Yoann Offredo.

(Photos Gérard Baldocchi)


Pour Pascal Serge, directeur de course et organisateur aux côtés de Jean-Marc Angelotti depuis cinq ans, le GT20 est un événement à part. "Il n'y a qu'ici, en Corse, qu'on fait ça. Sur le continent, ce n'est pas du tout pareil." Cinq étapes, des chronos intégrés, 598 km au total à travers les routes corses (retrouvez le détail du parcours dans notre article) : le concept est unique en France. Et cette année, une nouveauté de taille : pour la première fois, Chiappucci et Offredo ne suivront pas la course en voiture. Ils enfourcheront eux-mêmes leur vélo pour parcourir les cinq étapes aux côtés des coureurs amateurs. Au départ ce matin, 231 hommes et 19 femmes, dont 37 étrangers. Une majorité venue du continent, une proportion qui étonne encore Pascal Serge. "C'est pas possible qu'une cyclo organisée en Corse ait plus de participants du continent que de Corses", dit-il avec un sourire incrédule.

 


Offredo : "La Corse a tous les ingrédients"

Yoann Offredo (en rose)

Pour Yoann Offredo, ancien coureur professionnel, ce GT20 est une première mais la Corse ne l'est pas. Il y venait régulièrement en stage avec la Française des Jeux, du côté de Porto Vecchio et Porticcio. Mais c'est après sa carrière qu'il a vraiment découvert l'île. "J'avais un peu la tête dans le guidon quand j'étais coureur cycliste. Après ma carrière, je suis tombé malade, une maladie qui m'a touché la vue. Dans mon parcours de soins, je me suis remis au vélo et j'ai levé la tête du guidon. Je me suis rendu compte qu'il fallait en profiter et qu'il y avait de belles choses à voir." C'est Bernard Hinault, parrain de l'édition précédente, qui lui a parlé du GT20. Pour lui, la Corse réunit tout ce qu'un cycliste peut espérer. "Il y a la mer et la montagne, cette connexion aux éléments. C'est très particulier d'être sur une île et de faire du vélo dans un endroit si magnifique. À mon avis, toute objectivité mise à part, c'est une des plus belles cyclosportives du monde." Et quand on lui demande s'il appréhende une étape, sa réponse dit tout sur le chemin parcouru. "Depuis la maladie, je ne redoute plus rien. Quand c'est une souffrance choisie, elle est acceptée."

Chiappucci, une légende sur le vélo

Claudio Chiappucci

Claudio Chiappucci, légende du Tour de France et du Tour d'Italie, foule le sol corse pour la première fois. "Ça fait un moment que je voulais venir en Corse, je n'avais jamais eu l'occasion, même pas pour des vacances." Sur les routes corses, lui qui a gravi les plus grands cols du monde est impatient. "À l'époque c'était mon boulot, maintenant c'est le plaisir."

Des coureurs venus de toute l'Europe

Dans le peloton, les profils sont aussi variés que les origines. David Tripodi, venu de Genève, a sauté sur l'occasion dès qu'il a vu passer l'événement sur les réseaux sociaux. "Ça fait de nombreuses années que je viens en Corse pour des vacances, je n'ai jamais fait de vélo ici. L'idée de traverser du nord au sud, c'est quelque chose que je voulais faire depuis longtemps." Pas de prétention sportive pour lui : "Je viens vraiment pour le plaisir et pour découvrir le pays."
Même état d'esprit pour Mounir Bouyakhrichan et ses trois amis, venus de Belgique. "On s'est dit que c'était l'occasion de tester notre niveau amateur et de découvrir l'île. C'est liberté, découverte et plaisir." Pour leur groupe, l'objectif est simple : "Finir les cinq étapes, peu importe le temps." Mais comme tous les autres coureurs interrogés ce matin, c'est la quatrième étape qui les inquiète le plus, avec ses plus de 3 000 mètres de dénivelé. "Ça va être une première pour nous. On va faire ça à notre rythme."

Et après ?

L'avenir du GT20 s'annonce ambitieux. Jean-Marc Angelotti, l'organisateur, nourrit un projet de GT20 féminine pour 2027, sur le même parcours mythique du nord au sud de l'île.