Réunis mercredi après-midi à la préfecture de Corse-du-Sud autour du préfet et du procureur de la République d’Ajaccio, les principaux acteurs de la sécurité ont dressé le bilan 2025 de la délinquance et présenté le plan d’action pour 2026 en matière de sécurité du quotidien. Si les indicateurs confirment une situation globalement maîtrisée, la progression des stupéfiants, des délits routiers et des violences intrafamiliales impose de maintenir une forte pression des contrôles en Corse-du-Sud.
Dans un contexte globalement favorable, les autorités ont présenté, cet après-midi à la préfecture d’Ajaccio, leur bilan annuel. Avec 26 faits de délinquance hors délits routiers pour 1 000 habitants, la Corse-du-Sud reste nettement en dessous de la moyenne nationale, établie à 42 faits. Au total, 4 200 infractions ont été enregistrées en 2025, en baisse de 3,5 % sur un an et de 14,5 % depuis 2022.
« Nous sommes dans une situation où la délinquance générale est contenue », insiste le préfet, Éric Jalon. « Partout où nous avons centré la pression de contrôle, nous avons eu des résultats », ajoute-t-il.
La poussée des délits routiers recompose le paysage
Mais derrière cette stabilité globale, un phénomène s’impose : l’explosion des infractions routières. En 2025, 3 396 délits routiers ont été constatés, soit une hausse de 30 % en un an.
Une évolution directement liée à l’intensification des contrôles. Les forces de l’ordre ont augmenté leurs opérations de 50 %, multipliant dépistages et vérifications. « La pression de contrôle que l’on exerce sur les routes sera maintenue », prévient le préfet.
Les chiffres traduisent un relâchement des comportements : hausse des conduites sous alcool, sous stupéfiants et sans permis. Avec 91 tués par million d’habitants, la Corse reste le territoire le plus meurtrier de France métropolitaine sur les routes. Le bilan provisoire de la mortalité routière pour l’année 2025, avec 10 personnes tuées, marque une baisse nette par rapport aux années précédentes, mais reste fragile et appelle à la prudence.
Le procureur de la République d’Ajaccio, Nicolas Septe, établit un lien direct avec les stupéfiants : « Les conduites sous l’emprise de produits stupéfiants sont plus nombreuses que l’année dernière, ce qui génère aussi de l’insécurité routière ».
Stupéfiants : « des saisies tristement importantes »
La lutte contre les stupéfiants constitue justement l’un des axes majeurs de l’action des services. En 2025, 995 personnes ont été mises en cause, soit 40 % de plus qu’en 2024. Les saisies connaissent une hausse spectaculaire : 215 kg de cannabis, 31 kg de cocaïne, avec des progressions parfois proches de 200 %. « Les saisies sont tristement importantes », observe le procureur. « Elles traduisent naturellement une augmentation de la consommation ».
« Nous sommes dans une situation où la délinquance générale est contenue », insiste le préfet, Éric Jalon. « Partout où nous avons centré la pression de contrôle, nous avons eu des résultats », ajoute-t-il.
La poussée des délits routiers recompose le paysage
Mais derrière cette stabilité globale, un phénomène s’impose : l’explosion des infractions routières. En 2025, 3 396 délits routiers ont été constatés, soit une hausse de 30 % en un an.
Une évolution directement liée à l’intensification des contrôles. Les forces de l’ordre ont augmenté leurs opérations de 50 %, multipliant dépistages et vérifications. « La pression de contrôle que l’on exerce sur les routes sera maintenue », prévient le préfet.
Les chiffres traduisent un relâchement des comportements : hausse des conduites sous alcool, sous stupéfiants et sans permis. Avec 91 tués par million d’habitants, la Corse reste le territoire le plus meurtrier de France métropolitaine sur les routes. Le bilan provisoire de la mortalité routière pour l’année 2025, avec 10 personnes tuées, marque une baisse nette par rapport aux années précédentes, mais reste fragile et appelle à la prudence.
Le procureur de la République d’Ajaccio, Nicolas Septe, établit un lien direct avec les stupéfiants : « Les conduites sous l’emprise de produits stupéfiants sont plus nombreuses que l’année dernière, ce qui génère aussi de l’insécurité routière ».
Stupéfiants : « des saisies tristement importantes »
La lutte contre les stupéfiants constitue justement l’un des axes majeurs de l’action des services. En 2025, 995 personnes ont été mises en cause, soit 40 % de plus qu’en 2024. Les saisies connaissent une hausse spectaculaire : 215 kg de cannabis, 31 kg de cocaïne, avec des progressions parfois proches de 200 %. « Les saisies sont tristement importantes », observe le procureur. « Elles traduisent naturellement une augmentation de la consommation ».
Au-delà des volumes, les enquêteurs s’attaquent désormais aux profits. « On essaie de taper la délinquance là où ça fait mal : sur l’immobilier, les comptes bancaires, les biens de luxe », détaille le magistrat. Résultat : plus de 5 millions d’euros d’avoirs criminels saisis en 2025.
Le phénomène s’adapte également. « Il n’y a pas de point de deal comme sur le continent, mais une ubérisation du trafic », explique Frédéric Martinez, directeur interdépartemental de la police nationale de Corse-du-Sud. « C’est notamment pour cela que l’on travaille beaucoup sur le vecteur routier et les lieux de livraison ».
Côté gendarmerie, l’activité a fortement progressé. « L’action a augmenté de 70 % sur les stupéfiants », souligne le général Gonzague-Arnaud Prouvost, à la tête de la Gendarmerie de Corse. « On systématise les contrôles et on poursuit par des perquisitions dès que possible ».
Armes : une menace diffuse mais réelle
La question des armes reste étroitement liée à ces trafics. En Corse, les services recensent plus de 72 000 armes pour quelque 17 500 comptes déclarés dans le système d’information des armes. En 2025, 103 détentions illégales ont été constatées et 171 armes saisies. Le procureur insiste sur une réalité quotidienne : « Tous les jours, policiers et gendarmes saisissent des armes de poing lors d’interpellations ».
Autre point de vigilance pour les autorités, les violences intrafamiliales demeurent à un niveau élevé. En 2025, 539 faits ont été recensés, en hausse de 7 % par rapport à 2024. La réalité statistique est implacable : trois faits sur quatre ont lieu dans le cadre conjugal, et trois victimes sur quatre sont des femmes.
Moins visibles mais bien présentes, les infractions environnementales ont également été pointées. Avec 0,78 infraction pour 1 000 habitants, le département se situe nettement au-dessus de la moyenne nationale.
Des résultats en amélioration et une stratégie confirmée
Dans ce contexte, les résultats judiciaires progressent. Les taux d’élucidation atteignent 21 % pour les atteintes aux biens et 66 % pour les atteintes aux personnes, des niveaux désormais supérieurs à la moyenne nationale. Pour les autorités, ces résultats confortent les choix opérés. « Les chiffres montrent que nous avions raison de donner ces priorités », affirme le préfet. « Cela nous encourage à continuer l’effort ». Le cap est donc maintenu pour 2026 : « Nous mobilisons tous les outils à notre disposition ».
Si la Corse-du-Sud reste l’un des territoires les moins touchés par les faits de délinquance générale, les mutations observées imposent une vigilance constante. « Plus on fait de procédures, plus on découvre d’avoirs, d’armes, de réseaux », résume le Procureur. Une réalité qui souligne l’ampleur du travail encore à mener.
Le phénomène s’adapte également. « Il n’y a pas de point de deal comme sur le continent, mais une ubérisation du trafic », explique Frédéric Martinez, directeur interdépartemental de la police nationale de Corse-du-Sud. « C’est notamment pour cela que l’on travaille beaucoup sur le vecteur routier et les lieux de livraison ».
Côté gendarmerie, l’activité a fortement progressé. « L’action a augmenté de 70 % sur les stupéfiants », souligne le général Gonzague-Arnaud Prouvost, à la tête de la Gendarmerie de Corse. « On systématise les contrôles et on poursuit par des perquisitions dès que possible ».
Armes : une menace diffuse mais réelle
La question des armes reste étroitement liée à ces trafics. En Corse, les services recensent plus de 72 000 armes pour quelque 17 500 comptes déclarés dans le système d’information des armes. En 2025, 103 détentions illégales ont été constatées et 171 armes saisies. Le procureur insiste sur une réalité quotidienne : « Tous les jours, policiers et gendarmes saisissent des armes de poing lors d’interpellations ».
Autre point de vigilance pour les autorités, les violences intrafamiliales demeurent à un niveau élevé. En 2025, 539 faits ont été recensés, en hausse de 7 % par rapport à 2024. La réalité statistique est implacable : trois faits sur quatre ont lieu dans le cadre conjugal, et trois victimes sur quatre sont des femmes.
Moins visibles mais bien présentes, les infractions environnementales ont également été pointées. Avec 0,78 infraction pour 1 000 habitants, le département se situe nettement au-dessus de la moyenne nationale.
Des résultats en amélioration et une stratégie confirmée
Dans ce contexte, les résultats judiciaires progressent. Les taux d’élucidation atteignent 21 % pour les atteintes aux biens et 66 % pour les atteintes aux personnes, des niveaux désormais supérieurs à la moyenne nationale. Pour les autorités, ces résultats confortent les choix opérés. « Les chiffres montrent que nous avions raison de donner ces priorités », affirme le préfet. « Cela nous encourage à continuer l’effort ». Le cap est donc maintenu pour 2026 : « Nous mobilisons tous les outils à notre disposition ».
Si la Corse-du-Sud reste l’un des territoires les moins touchés par les faits de délinquance générale, les mutations observées imposent une vigilance constante. « Plus on fait de procédures, plus on découvre d’avoirs, d’armes, de réseaux », résume le Procureur. Une réalité qui souligne l’ampleur du travail encore à mener.