La communauté d’agglomération de Bastia a adopté ce mercredi 22 avril son budget pour 2026, d’un montant de 80 millions d’euros. Dans un contexte économique incertain, l’exécutif fait le choix de la prudence en maintenant la fiscalité et en misant sur une gestion rigoureuse.
(Photos Gérard Baldocchi)
55,6 millions de fonctionnement et 24,4 millions d’investissement : c’est le budget voté par la communauté d’agglomération de Bastia pour l’année 2026 ce mercredi 22 avril. Ce premier budget de la nouvelle mandature à l'adoption duquel Gilles Simeoni a participé pour la première fois depuis 2015 comme maire de Bastia, a été l’occasion pour Louis Pozzo di Borgo de rappeler, comme à chaque fois, la situation financière de la CAB et le contexte budgétaire dans lequel celui-ci est construit : « notre gestion a permis d’amortir le choc », dans un contexte national et international très contraint : « Les problématiques de recettes, les inquiétudes sur le fonctionnement et 4 milliards d’euros de nouvelles économies annoncées par le Premier ministre ». Des décisions « qui vont nous impacter », a indiqué le président de la CAB.
Pourtant, selon lui :« ce budget vient fixer nos objectifs à atteindre pour l’année 2026 », avec l’ambition de « rester un moteur économique et développer nos politiques ».
Pas de hausse d’impôt
Guy Armanet, vice-président aux finances, a eu la charge de détailler le budget : « 12 millions d’euros d’excédent et une situation vraiment saine ». Pourtant, pas de fanfaronnade tant les temps restent incertains. Guerre, coût de l’énergie, crise politique, contexte géopolitique : autant de facteurs qui peuvent vite faire déraper les budgets des collectivités locales. Si l’anticipation semble être le maître mot du côté de la majorité, pas question de toucher à la fiscalité des Bastiais : le conseil communautairea validé « le maintien des taux et des taxes (Cotisation foncière des entreprises (CFE) à 24,39 %, Taxe foncière sur les propriétés non bâties (TFPNB) à 3,07 %, taxe foncière à 1,65 %, taxe d’enlèvement des ordures ménagères (TEOM) à 16,36 %) ». La communauté d’agglomération de Bastia s’attend à récolter 22,1 millions d’euros de recettes fiscales.
52,2 millions d’euros pour le budget principal
Dans les grandes lignes, le budget de la CAB pour l’année 2026 s’articule, pour le budget principal, autour de 32,2 millions d’euros de dépenses de fonctionnement. Avec, dans le détail, des charges de personnel qui restent stables (+150 000 euros) : « Sur la masse salariale, nous sommes sur une évolution de 1,5 point, avec l’augmentation du SMIC, les caisses de retraite. Nous avons réorganisé nos services et fait des choix de gestion assez forts », a expliqué Louis Pozzo di Borgo. Un budget principal auquel s’ajoutent 5,6 millions d’euros de charges générales et 20 millions d’euros d’investissement : « Le budget principal, malgré le retour de la TVA, présente un manque à gagner de 3 millions d’euros. On a réussi à équilibrer notre budget », a conclu Louis Pozzo di Borgo.
Le budget collecte des déchets (16 millions d’euros)
14,5 millions d’euros de fonctionnement, dont des charges de personnel stabilisées à 5,8 millions d’euros. Les charges générales, elles, sont en baisse de 36 % pour s’établir à 1,3 million d’euros : « On a fait des économies en internalisant certaines tâches et prestations, et on a rationalisé », a insisté Louis Pozzo di Borgo. La CAB compte investir 1,4 million d’euros dans la collecte des déchets, pour des achats de véhicules et de conteneurs.
La contribution au Syvadec sera de 6,6 millions d’euros. Un montant qui fait toujours parler sur les bancs du conseil communautaire : « nous restons soumis aux contraintes du SYVADEC qui pèsent sur nos équilibres financiers », a rappelé Marie-Hélène Padovani, maire de San-Martino-di-Lota. Inquiétude portée également par Guy Armanet, qui s’inquiète de « trous à l’avenir » dans le budget, évoquant une relation contrainte avec le SYVADEC.
Le budget transport sera de 9,3 millions d’euros au total, et de 2,5 millions d’euros pour le budget Gemapi (prévention des inondations). Ce dernier budget fera l’objet de 21 millions d’euros d’investissement durant la mandature.
Du côté de l’opposition, les discours sont plutôt mesurés. Julien Morganti (Uniti per Bastia) s’inquiète d’une « future hausse d’impôts », estimant que « la période dans laquelle l’on va entrer » pourrait fragiliser la CAB : « la CAB risque de décrocher. C’est le point faible d’une stratégie ». L’élu bastiais s’inquiète également d’investissements qui dépendent fortement de cofinancements, plaidant pour plus de mutualisation des moyens. Pour son colistier, Jean-Martin Mondoloni : « On sent bien la frilosité et la prudence ». L’élu de droite salue le mérite de la majorité de mettre sur la table des scénarios de réorganisation et de rationalisation des services, mais se demande dans combien de temps le levier fiscal sera activé : « On ne pourra pas résister longtemps ». Nicolas Battini (Populu di Bastia) y voit « un budget de contrainte » et a plaidé pour un budget de transition et « la présentation d’une véritable trajectoire financière pour anticiper les chocs plutôt que de les subir ».