Depuis lundi soir, les six ports de commerce de Corse sont paralysés par un mouvement de blocage des pêcheurs lié à la contestation du prix du carburant, empêchant tout départ de navire et perturbant fortement les déplacements essentiels, notamment médicaux.
Depuis lundi soir, les six ports de commerce de Corse sont touchés par un mouvement de blocage des pêcheurs qui perturbe fortement les liaisons maritimes avec le continent. Si les ferries en provenance du continent ont pu accoster ponctuellement pour débarquer des passagers en milieu de journée mardi et mercredi, aucun navire n’a quitté la Corse depuis lundi soir, illustrant l’ampleur de la paralysie.
Dans ce contexte de blocage prolongé, les conséquences commencent à se faire sentir sur les déplacements essentiels, en particulier pour les habitants contraints de quitter l’île pour des raisons médicales.
Des patients pris dans les blocages
C’est sur ce point que s’est exprimée Nathalie Lanfranchi, directrice de l’association Inseme, en tenant à préciser d’emblée le cadre de sa prise de parole. Elle insiste sur le fait qu’elle parle à titre personnel, « en (son) nom propre, pas au nom de l’association », après avoir publié un message sur les réseaux sociaux.
Elle décrit d’abord la réalité des patients concernés, pour lesquels les déplacements vers le continent ne relèvent pas du choix mais de la nécessité : « Ce ne sont pas des départs en vacances, ce sont toutes les personnes corses qui doivent partir se faire soigner ». Elle décrit des situations médicales où le déplacement est incontournable, parfois vital, notamment pour des traitements lourds ou programmés à long terme : « Il y a des pathologies qui empêchent les patients de prendre l’avion, et des rendez-vous, comme les chimiothérapies, qui sont fixés longtemps à l’avance. »
Des situations déjà annulées
Sur le terrain, les conséquences sont déjà visibles. Elle raconte notamment le cas d’un couple parti plusieurs heures pour rejoindre un port en direction de Marseille et de l’hôpital de la Timone : « On leur a dit que c’était débloqué, donc ils sont descendus de leur village, puis arrivé au bateau, on leur a dit que le port était re-bloqué. Ils sont rentrés chez eux et ont annulé le rendez-vous ». D’autres situations similaires se répètent, avec des patients contraints d’annuler faute de certitude sur les départs . « Une maman m’a appelée en pleurs parce que ni elle ni ses enfants ne peuvent partir rendre visite à leur soeur hospitalisée sur le continent. Ils avaient choisi le bateau car ils étaient quatre, et que prendre une cabine était moins cher que quatre billets d’avion », raconte Nathalie Lanfranchi.
Progressivement, les annulations s’enchaînent, parfois par anticipation. « Certains devaient partir ce soir mais ils ont eu écho du blocage donc ils annulent les rendez-vous de demain », explique-t-elle, évoquant un effet domino sur les soins. L’inquiétude porte aussi sur les solutions alternatives : « ensuite, les avions seront complets, il n’y aura pas assez d’avions pour tout le monde ».
Entre soutien au mouvement et appel à la mesure
Si Nathalie Lanfranchi réaffirme comprendre les raisons du mouvement social et soutenir le droit de grève, elle insiste sur les conséquences humaines du blocage. « Je soutiens les mouvements de grève, je suis pour le droit de grève, mais il faut aussi entendre qu’il y a des gens qui n’ont pas d’autre choix que de partir pour se faire soigner », dit-elle, avant de résumer son inquiétude : « À la limite qu’ils bloquent avec des retards, mais pas qu’on empêche des gens de partir ».
Elle élargit enfin son propos à une réflexion sur la stratégie du mouvement : « À l’avenir, il faut peut-être réfléchir qui on cherche à toucher. Est-ce qu’on cherche à toucher les pouvoirs publics ou est-ce qu’on cherche à toucher le Corse ? Un mouvement de grève ne doit pas être contre le peuple, il ne peut pas devenir impopulaire à ce point », conclut-elle.
Le mouvement, lui, se poursuit ce mercredi, et avec lui l’incertitude sur la reprise normale des traversées entre la Corse et le continent.
Dans ce contexte de blocage prolongé, les conséquences commencent à se faire sentir sur les déplacements essentiels, en particulier pour les habitants contraints de quitter l’île pour des raisons médicales.
Des patients pris dans les blocages
C’est sur ce point que s’est exprimée Nathalie Lanfranchi, directrice de l’association Inseme, en tenant à préciser d’emblée le cadre de sa prise de parole. Elle insiste sur le fait qu’elle parle à titre personnel, « en (son) nom propre, pas au nom de l’association », après avoir publié un message sur les réseaux sociaux.
Elle décrit d’abord la réalité des patients concernés, pour lesquels les déplacements vers le continent ne relèvent pas du choix mais de la nécessité : « Ce ne sont pas des départs en vacances, ce sont toutes les personnes corses qui doivent partir se faire soigner ». Elle décrit des situations médicales où le déplacement est incontournable, parfois vital, notamment pour des traitements lourds ou programmés à long terme : « Il y a des pathologies qui empêchent les patients de prendre l’avion, et des rendez-vous, comme les chimiothérapies, qui sont fixés longtemps à l’avance. »
Des situations déjà annulées
Sur le terrain, les conséquences sont déjà visibles. Elle raconte notamment le cas d’un couple parti plusieurs heures pour rejoindre un port en direction de Marseille et de l’hôpital de la Timone : « On leur a dit que c’était débloqué, donc ils sont descendus de leur village, puis arrivé au bateau, on leur a dit que le port était re-bloqué. Ils sont rentrés chez eux et ont annulé le rendez-vous ». D’autres situations similaires se répètent, avec des patients contraints d’annuler faute de certitude sur les départs . « Une maman m’a appelée en pleurs parce que ni elle ni ses enfants ne peuvent partir rendre visite à leur soeur hospitalisée sur le continent. Ils avaient choisi le bateau car ils étaient quatre, et que prendre une cabine était moins cher que quatre billets d’avion », raconte Nathalie Lanfranchi.
Progressivement, les annulations s’enchaînent, parfois par anticipation. « Certains devaient partir ce soir mais ils ont eu écho du blocage donc ils annulent les rendez-vous de demain », explique-t-elle, évoquant un effet domino sur les soins. L’inquiétude porte aussi sur les solutions alternatives : « ensuite, les avions seront complets, il n’y aura pas assez d’avions pour tout le monde ».
Entre soutien au mouvement et appel à la mesure
Si Nathalie Lanfranchi réaffirme comprendre les raisons du mouvement social et soutenir le droit de grève, elle insiste sur les conséquences humaines du blocage. « Je soutiens les mouvements de grève, je suis pour le droit de grève, mais il faut aussi entendre qu’il y a des gens qui n’ont pas d’autre choix que de partir pour se faire soigner », dit-elle, avant de résumer son inquiétude : « À la limite qu’ils bloquent avec des retards, mais pas qu’on empêche des gens de partir ».
Elle élargit enfin son propos à une réflexion sur la stratégie du mouvement : « À l’avenir, il faut peut-être réfléchir qui on cherche à toucher. Est-ce qu’on cherche à toucher les pouvoirs publics ou est-ce qu’on cherche à toucher le Corse ? Un mouvement de grève ne doit pas être contre le peuple, il ne peut pas devenir impopulaire à ce point », conclut-elle.
Le mouvement, lui, se poursuit ce mercredi, et avec lui l’incertitude sur la reprise normale des traversées entre la Corse et le continent.