Blocage des ports corses : Paul-André Colombani interroge le gouvernement sur les aides aux pêcheurs

Written on 04/07/2026
Manon Perelli

Ce mardi après-midi, le député de la 2nde circonscription de Corse-du-Sud a interrogé le gouvernement sur les aides qu'il entend apporter aux pêcheurs corses face à l'augmentation des prix du carburant. Depuis le début de journée, ces derniers bloquent les ports de commerce de l'île afin de dénoncer une situation qui pousse leur secteur vers la faillite. En réponse, la ministre en charge de l'énergie a indiqué que des échanges sont en cours afin de trouver "une solution concrète qui permette à l'activité économique de reprendre et qui ne mette pas en péril les emplois et le secteur localement"

(Capture d'écran streaming Assemblée Nationale)

Alors que depuis ce mardi matin, les ports de commerce corses sont bloqués par les pêcheurs qui « dénoncent la spirale mortifère de l'augmentation des prix du carburant », Paul-André Colombani a entendu porter le sujet au niveau national, en posant une question au Gouvernement à l’Assemblée nationale en milieu d’après-midi. S’il a convenu que la crise énergétique liée lié au contexte mondial « frappe tous les territoires et met partout à mal, particuliers comme professionnels », le député de la 2e circonscription de Corse-du-Sud a souligné qu’en Corse « la crise conjoncturelle vient aggraver de lourdes difficultés structurelles ».
 
« Depuis 2019, j'interpelle le gouvernement sur le surcoût des carburants dans l'île. Rappelons que dans de nombreux territoires ultramarins, des mécanismes de régulation permettent de contenir les prix à la pompe sous la barre des 2 euros malgré cette forte hausse liée au contexte mondial. En Corse, à l'inverse, l'application du bouclier tarifaire de Total, en dehors de toute régulation, fragilise le réseau de distribution largement assuré chez nous par des indépendants qui ne peuvent s'aligner », a-t-il rappelé en pointant le fait que « dans ce contexte tendu, l'explosion du coût des carburants se répercute directement sur la petite pêche artisanale déjà fragilisée », le gasoil détaxé y étant historiquement « 20 à 30% plus cher en Corse que sur le continent ». S’il a noté que les pêcheurs dénoncent cette situation de longue date, Paul-André Colombani a martelé qu’aujourd’hui « la situation devient intenable ». « Le différentiel de prix s'accroît de jour en jour et avoisine désormais les 50%. En effet, si sur le continent, le prix moyen du gasoil détaxé est passé de 64 centimes à 1,09 en un mois, en Corse, il atteint désormais le prix record de 1,45 euros », a-t-il déploré. 
 
Ainsi, si face à la flambée des prix, le gouvernement a annoncé un plan de soutien à la pêche avec un remboursement de 20 centimes par litre, le député a indiqué qu’en Corse « cette aide est totalement insuffisante » et « ne permettra ni de couvrir les coûts, ni d'éviter l'arrêt de l'activité ». « Les pêcheurs réclament des mesures spécifiques à la hauteur de la réalité économique de l'ordre de 40 centimes par litre », a-t-il encore indiqué en interrogeant le Gouvernement sur les mesures immédiates qu’il compte prendre « pour répondre à l'urgence dans les ports corses » et sur les réformes structurelles qu’il envisage « pour mettre fin à cette inégalité durable ». « De votre réponse dépend la survie de la pêche corse. », a-t-il encore argué. 
 
En réponse, Maud Bregeon, ministre en charge de l'énergie a assuré qu’elle comme Catherine Chabaud, ministre en charge de la pêche, sont pleinement « conscientes des difficultés auxquelles les pêcheurs font face, évidemment en Corse, mais partout ailleurs ». « C'est pour cela que la pêche a fait partie des tout premiers secteurs que l'on a souhaité aider dans les jours qui ont suivi le conflit. Parce qu'effectivement, quand le gasoil pêche atteint un certain niveau, il n'est même plus soutenable d'aller en mer. Et donc c'est toute une activité économique qui s'arrête avec les impacts sociaux que ça a derrière », a-t-elle soutenu en reprenant : « Nous entendons que les 20 centimes annoncés qui étaient une aide d'urgence, là encore pour pallier à des premières difficultés dans un contexte qu'on sait évolutif et auquel on doit s'adapter, peuvent être insuffisants pour le contexte particulier que connaît la Corse ». Et d’annoncer : « Il y a des échanges avec les acteurs concernés et la ministre qui, je l'espère, pourront déboucher rapidement sur une solution concrète qui permette à l'activité économique de reprendre et qui ne mette pas en péril les emplois et le secteur localement ».
 
Par ailleurs, la ministre en charge de l’énergie a rappelé que Paul-André Colombani s’est vu confier une mission pour faire baisser le prix des carburants sur l’île par le Premier ministre. « Vous l'avez dit, quand bien même la fiscalité est inférieure en Corse par rapport à Paris, le prix est supérieur. Et donc il y a une réflexion à porter, et c'est ce que vous allez faire, sur une objectivation », a-t-elle détaillé en ajoutant : « Il y a des facteurs structurels que l'on connaît et qui peuvent expliquer partiellement, je pense aux approvisionnements par voie maritime, je pense à la saisonnalité des consommations, je pense à un marché moins concurrentiel. C’est le travail que vous allez mener, qui commence le 9 avril, pour une durée de 9 mois, et qui doit apporter des réponses structurelles qui permettront de faire durablement baisser les prix du carburant en Corse ».