À 23 ans, François-Joseph Fazi fait son entrée au conseil municipal d’Ajaccio comme le plus jeune élu de la ville. Mais derrière ce nouveau statut, il revendique surtout une continuité : celle d’un parcours déjà profondément politique, construit entre héritage familial, apprentissage dans l’ombre et fidélité à un réseau local.
Dimanche 22 mars, alors que le nouveau conseil municipal d'Ajaccio est installé, un jeune élu prend place pour la première fois sur les bancs de l'institution. Candidat sur la liste Forza Aiacciu !, victorieuse au second tour des municipales, François-Joseph Fazi, 23 ans, devient le plus jeune élu de ce conseil municipal. Mais lui refuse d’en faire une victoire personnelle. « J’ai ressenti beaucoup de fierté. Pas pour moi, mais pour l’équipe », confie-t-il.
Dans sa manière de raconter ce soir-là, le « je » s’efface presque toujours derrière le collectif. Comme si son entrée au conseil n’était qu’une étape de plus dans une histoire déjà commencée.
Dans sa manière de raconter ce soir-là, le « je » s’efface presque toujours derrière le collectif. Comme si son entrée au conseil n’était qu’une étape de plus dans une histoire déjà commencée.
Une enfance dans la politique
Chez les Fazi, la politique ne s’apprend pas : elle s’impose comme un décor quotidien. Sa grand-mère, Joselyne Fazi, alors maire de Renno et élue à l’Assemblée de Corse, l’emmène très tôt dans les réunions, les villages, les rencontres avec les maires. Une enfance où l’espace public fait partie du privé. « Normalement, quand une grand-mère vous garde, vous faites des gâteaux. Moi, j’allais en réunion », plaisante-t-il aujourd’hui.
Très tôt, il croise les élus, observe les échanges, assiste aux discussions locales. Mais cette proximité ne crée pas immédiatement une vocation. « Au début, je ne voulais pas faire ça. » Comme si l’évidence familiale appelait d’abord une mise à distance. Une forme de refus instinctif d’un destin trop tracé.
Chez les Fazi, la politique ne s’apprend pas : elle s’impose comme un décor quotidien. Sa grand-mère, Joselyne Fazi, alors maire de Renno et élue à l’Assemblée de Corse, l’emmène très tôt dans les réunions, les villages, les rencontres avec les maires. Une enfance où l’espace public fait partie du privé. « Normalement, quand une grand-mère vous garde, vous faites des gâteaux. Moi, j’allais en réunion », plaisante-t-il aujourd’hui.
Très tôt, il croise les élus, observe les échanges, assiste aux discussions locales. Mais cette proximité ne crée pas immédiatement une vocation. « Au début, je ne voulais pas faire ça. » Comme si l’évidence familiale appelait d’abord une mise à distance. Une forme de refus instinctif d’un destin trop tracé.
Le moment où l’on cesse de regarder
Le basculement se fait sans rupture nette. À 17 ans, il demande à rencontrer le maire d’Ajaccio, Laurent Marcangeli. Il se présente, parle de son intérêt pour la vie publique, évoque les échéances à venir. Puis les choses s’enchaînent : une entrée sur une liste électorale, un statut de benjamin, puis les premiers engagements locaux.
Parallèlement, François-Joseph Fazi s’engage au sein du conseil municipal des jeunes puis de l’Assemblea di a Giuventù. Rien encore d’un destin tracé, plutôt les premières étapes d’un apprentissage. « Je n’aime pas les gens qui se plaignent et qui, pourtant, ne s’engagent pas », glisse-t-il.
L’apprentissage dans l’ombre
Après des classes préparatoires à Bastia, hypokhâgne puis khâgne, il poursuit à Paris un master en ingénierie publique et politique. Une formation exigeante, mais surtout un passage vers les mécanismes de l’action publique.
À l’Assemblée nationale, il devient collaborateur parlementaire de Laurent Marcangeli. « Collaborateur, c’est être auprès de lui dans tout. » Circonscription, travail législatif, rédaction de discours, échanges avec les élus : il découvre une politique de l’ombre, faite de dossiers et de continuité.
Aujourd’hui encore, il reste collaborateur parlementaire tout en siégeant au conseil municipal d’Ajaccio. Une double position qu’il ne présente pas comme une rupture. « Ce que ça change, c’est que jusqu’à maintenant j’étais collaborateur… je le suis toujours. On aide des élus, on écrit pour des élus. »
Puis il précise : « Là, aujourd’hui, je vais pouvoir écrire pour moi-même. » Lors de son premier meeting, il rédige son discours. Une première expérience d’expression directe. « C’était la première fois que j’écrivais un discours pour moi. » Il sourit presque de la formulation, conscient de ce que cela implique, et ajoute : « Cela a un côté un peu égoïste dit comme ça, mais je trouve ça aussi intéressant. »
Entre celui qui accompagne et celui qui s’exprime, il refuse de choisir. Il occupe désormais les deux positions à la fois.
Le basculement se fait sans rupture nette. À 17 ans, il demande à rencontrer le maire d’Ajaccio, Laurent Marcangeli. Il se présente, parle de son intérêt pour la vie publique, évoque les échéances à venir. Puis les choses s’enchaînent : une entrée sur une liste électorale, un statut de benjamin, puis les premiers engagements locaux.
Parallèlement, François-Joseph Fazi s’engage au sein du conseil municipal des jeunes puis de l’Assemblea di a Giuventù. Rien encore d’un destin tracé, plutôt les premières étapes d’un apprentissage. « Je n’aime pas les gens qui se plaignent et qui, pourtant, ne s’engagent pas », glisse-t-il.
L’apprentissage dans l’ombre
Après des classes préparatoires à Bastia, hypokhâgne puis khâgne, il poursuit à Paris un master en ingénierie publique et politique. Une formation exigeante, mais surtout un passage vers les mécanismes de l’action publique.
À l’Assemblée nationale, il devient collaborateur parlementaire de Laurent Marcangeli. « Collaborateur, c’est être auprès de lui dans tout. » Circonscription, travail législatif, rédaction de discours, échanges avec les élus : il découvre une politique de l’ombre, faite de dossiers et de continuité.
Aujourd’hui encore, il reste collaborateur parlementaire tout en siégeant au conseil municipal d’Ajaccio. Une double position qu’il ne présente pas comme une rupture. « Ce que ça change, c’est que jusqu’à maintenant j’étais collaborateur… je le suis toujours. On aide des élus, on écrit pour des élus. »
Puis il précise : « Là, aujourd’hui, je vais pouvoir écrire pour moi-même. » Lors de son premier meeting, il rédige son discours. Une première expérience d’expression directe. « C’était la première fois que j’écrivais un discours pour moi. » Il sourit presque de la formulation, conscient de ce que cela implique, et ajoute : « Cela a un côté un peu égoïste dit comme ça, mais je trouve ça aussi intéressant. »
Entre celui qui accompagne et celui qui s’exprime, il refuse de choisir. Il occupe désormais les deux positions à la fois.
Une légitimité à construire malgré la jeunesse
À 23 ans, la question de l’âge s’impose d’elle-même. Trop jeune, diront certains. Lui refuse d’en faire un argument. « Ce n’est pas l’âge qui prime. Si on connaît les dossiers, si on travaille, on n’a pas à rougir face à quelqu’un qui a 40 ans de plus », affirme-t-il.
Dans cette réponse, une conviction, mais aussi une méthode : compenser la jeunesse par le travail, l’anticipation, la maîtrise des sujets, même si, le respect des parcours plus longs, dit-il, reste essentiel.
Malgré ses années parisiennes et son travail à l’Assemblée nationale, François-Joseph Fazi revendique un attachement clair au terrain : « J’adore le local. » Ajaccio apparaît comme un point d’ancrage, presque comme une évidence. Il évoque la jeunesse, la culture, la langue corse… autant de sujets qui relèvent, pour lui, d’un engagement concret.
Mais il n’ignore pas la réalité des rapports de pouvoir. « Si on veut que le local avance, il faut être au national. »
Une trajectoire encore ouverte
Dans dix ans, il se projette sans emphase. « J’espère être encore à la mairie d’Ajaccio ». Peut-être à l’Assemblée de Corse. Le reste demeure ouvert, sans projection figée.
Et au-delà de la politique, il rappelle ce qui le structure autrement : l’histoire, la musique, la langue corse. « J’adore tout ce qui est culturellement lié à la Corse. »
Comme une manière de rappeler que son engagement ne se réduit pas à une fonction, mais s’inscrit dans un rapport plus large à un territoire et à une culture. À 23 ans, François-Joseph Fazi prolonge une histoire déjà engagée, tout en commençant à y écrire sa propre ligne.
À 23 ans, la question de l’âge s’impose d’elle-même. Trop jeune, diront certains. Lui refuse d’en faire un argument. « Ce n’est pas l’âge qui prime. Si on connaît les dossiers, si on travaille, on n’a pas à rougir face à quelqu’un qui a 40 ans de plus », affirme-t-il.
Dans cette réponse, une conviction, mais aussi une méthode : compenser la jeunesse par le travail, l’anticipation, la maîtrise des sujets, même si, le respect des parcours plus longs, dit-il, reste essentiel.
Malgré ses années parisiennes et son travail à l’Assemblée nationale, François-Joseph Fazi revendique un attachement clair au terrain : « J’adore le local. » Ajaccio apparaît comme un point d’ancrage, presque comme une évidence. Il évoque la jeunesse, la culture, la langue corse… autant de sujets qui relèvent, pour lui, d’un engagement concret.
Mais il n’ignore pas la réalité des rapports de pouvoir. « Si on veut que le local avance, il faut être au national. »
Une trajectoire encore ouverte
Dans dix ans, il se projette sans emphase. « J’espère être encore à la mairie d’Ajaccio ». Peut-être à l’Assemblée de Corse. Le reste demeure ouvert, sans projection figée.
Et au-delà de la politique, il rappelle ce qui le structure autrement : l’histoire, la musique, la langue corse. « J’adore tout ce qui est culturellement lié à la Corse. »
Comme une manière de rappeler que son engagement ne se réduit pas à une fonction, mais s’inscrit dans un rapport plus large à un territoire et à une culture. À 23 ans, François-Joseph Fazi prolonge une histoire déjà engagée, tout en commençant à y écrire sa propre ligne.