Ce samedi matin, le conseil municipal de Bonifacio élisait son maire et ses adjoints, près d’une semaine après la victoire dans les urnes de « Bonifacio 21 », seule liste candidate. Maire de la commune depuis 2008, Jean-Charles Orsucci rempile sans surprise pour un quatrième mandat. D'humeur facétieuse, il a lu un discours écrit par l’intelligence artificielle.
Ce samedi matin, le conseil municipal de Bonifacio a réélu Jean-Charles Orsucci maire de Bonifacio. PHOTO MAIRIE DE BONIFACIO
Aussitôt réélu à la majorité des voix du conseil municipal (22 pour, 1 blanc), Jean-Charles Orsucci a réagi d’une manière insolite : « Je me suis amusé ce matin à demander à ChatGPT de me faire mon discours ! Je ne vous l’aurais pas lu si je n’y avais pas trouvé des choses pertinentes, a-t-il introduit. Ensuite, je vous parlerai avec mon coeur et mes tripes. Ce que ChatGPT est incapable de faire. »
Cet interlocuteur aussi artificiel qu’inattendu, qui se prend pour le maire de Bonifacio à la demande du vrai, appelons-le « Jean-ChatGPT ». Voici comment il a commencé : « Ce matin en prenant à nouveau la parole devant vous, je ressens à la fois une profonde émotion, une immense gratitude et un sens aigu des responsabilités, déroule l’IA. Le résultat de dimanche dernier (1 807 voix pour Bonifacio 21) est sans appel. »
« Ce n’est pas moi qui le dit, c’est Chat GPT... », rappelle à toutes fins utiles Jean-Charles Orsucci, avant de rendre la parole à Jean-Chat : « Au-delà des chiffres, c’est un message clair, fort, engageant, que les Bonifaciens nous ont envoyé. Un message de confiance mais aussi d’exigence. Je veux dire merci aux Bonifaciennes et aux Bonifaciens qui se sont déplacés massivement (71,2 % de participation). » Tel un ventriloque, Jean-Charles Orsucci reprend la main : « ChatGPT ne le sait pas, mais on eu des embouteillages comme rarement à Bonifacio. » Sauf peut-être à l’entrée du port, n’importe quel matin d’août… Il n’en demeure pas moins qu’une participation aussi massive pour un scrutin sans enjeu révèle tout l’intérêt que les Bonifaciens portent à leur ville. Jean-ChatGPT ne s’y est pas trompé : « Dans une époque où le doute démocratique progresse, où l’abstention gagne du terrain ailleurs, Bonifacio a fait le choix de la participation, de l’engagement et du débat. Et cela nous honore collectivement. »
Les félicitations d'Emmanuel Macron
Interrompant Jean-ChatGPT, le maire de Bonifacio a livré un scoop : « Je n’ai pas pour habitude de raconter mes relations avec le président de la République, mais là je vous le dis publiquement. C’est la première fois en dix ans qu’il m’appelle pour me féliciter. Je vous le dis parce que c’est un honneur, au-delà de ce qu’on peut penser de son action. » Evidemment, poursuit Jean-Charles Orsucci, « ça c’est moi qui vous le dit. ChatGPT ne savait pas qu’Emmanuel Macron m’avait appelé ».
Sans transition, l’IA enchaîne à la manière d’un tribun, utilisant nombre de formules usitées par des candidats en chair et en os dans les meetings : « Nous avons travaillé sans relâche pour faire avancer Bonifacio. Nous avons modernisé nos infrastructures. Nous avons renforcé l’attractivité de notre territoire. Nous avons soutenu notre tissu économique, nos commerçants, nos artisans. Nous avons investi dans nos écoles, dans notre cadre de vie, dans notre patrimoine exceptionnel. Mais, souligne Jean-ChatGPT, je le dis avec lucidité : tout n’est pas parfait et beaucoup reste à faire. En conséquence, ce quatrième mandat n’est pas une habitude. Ce n’est pas une routine. C’est une responsabilité renouvelée. Avec encore plus d’exigence. »
Cet interlocuteur aussi artificiel qu’inattendu, qui se prend pour le maire de Bonifacio à la demande du vrai, appelons-le « Jean-ChatGPT ». Voici comment il a commencé : « Ce matin en prenant à nouveau la parole devant vous, je ressens à la fois une profonde émotion, une immense gratitude et un sens aigu des responsabilités, déroule l’IA. Le résultat de dimanche dernier (1 807 voix pour Bonifacio 21) est sans appel. »
« Ce n’est pas moi qui le dit, c’est Chat GPT... », rappelle à toutes fins utiles Jean-Charles Orsucci, avant de rendre la parole à Jean-Chat : « Au-delà des chiffres, c’est un message clair, fort, engageant, que les Bonifaciens nous ont envoyé. Un message de confiance mais aussi d’exigence. Je veux dire merci aux Bonifaciennes et aux Bonifaciens qui se sont déplacés massivement (71,2 % de participation). » Tel un ventriloque, Jean-Charles Orsucci reprend la main : « ChatGPT ne le sait pas, mais on eu des embouteillages comme rarement à Bonifacio. » Sauf peut-être à l’entrée du port, n’importe quel matin d’août… Il n’en demeure pas moins qu’une participation aussi massive pour un scrutin sans enjeu révèle tout l’intérêt que les Bonifaciens portent à leur ville. Jean-ChatGPT ne s’y est pas trompé : « Dans une époque où le doute démocratique progresse, où l’abstention gagne du terrain ailleurs, Bonifacio a fait le choix de la participation, de l’engagement et du débat. Et cela nous honore collectivement. »
Les félicitations d'Emmanuel Macron
Interrompant Jean-ChatGPT, le maire de Bonifacio a livré un scoop : « Je n’ai pas pour habitude de raconter mes relations avec le président de la République, mais là je vous le dis publiquement. C’est la première fois en dix ans qu’il m’appelle pour me féliciter. Je vous le dis parce que c’est un honneur, au-delà de ce qu’on peut penser de son action. » Evidemment, poursuit Jean-Charles Orsucci, « ça c’est moi qui vous le dit. ChatGPT ne savait pas qu’Emmanuel Macron m’avait appelé ».
Sans transition, l’IA enchaîne à la manière d’un tribun, utilisant nombre de formules usitées par des candidats en chair et en os dans les meetings : « Nous avons travaillé sans relâche pour faire avancer Bonifacio. Nous avons modernisé nos infrastructures. Nous avons renforcé l’attractivité de notre territoire. Nous avons soutenu notre tissu économique, nos commerçants, nos artisans. Nous avons investi dans nos écoles, dans notre cadre de vie, dans notre patrimoine exceptionnel. Mais, souligne Jean-ChatGPT, je le dis avec lucidité : tout n’est pas parfait et beaucoup reste à faire. En conséquence, ce quatrième mandat n’est pas une habitude. Ce n’est pas une routine. C’est une responsabilité renouvelée. Avec encore plus d’exigence. »
Jean-Charles Orsucci confiera d’ailleurs avoir regardé avec attention les votes blancs ou nuls, lesquels, dans un scrutin à liste unique, ont valeur de vote contre. Et il y a eu un total de 133 bulletins nuls et 156 bulletins blancs. Animé par la même humilité, Jean-ChatGPT confiera d’ailleurs vouloir être « le maire de tous les Bonifaciens, sans distinction. Rien de tout cela ne se fera seul. Je veux ici saluer l’ensemble du conseil municipal dans sa diversité. Je continuerai à être un maire de terrain. Je veux être un maire accessible, un maire engagé. Chers Bonifaciens, ce mandat ne sera pas celui de la facilité. » « C’est vrai, j’en suis convaincu aussi », opine Jean-Charles Orsucci, qui finira néanmoins par caviarder la pensée de Jean-ChatGPT, lequel « a simplement récupéré notre programme de l’élection, alors je ne vais pas vous en faire une lecture exhaustive... » L’avatar politique prend un engagement ferme : « Continuer à travailler avec la même énergie, avec la même sincérité, avec le même attachement à Bonifacio. Je n’oublierai jamais d’où je viens (NDLR : d’un code informatique développé en Californie, mais Jean-ChatGPT se prend ici pour u veru bunifazincu...). »
Un peu d'humanité, pour finir
Arrivée au terme de ses dix minutes de discours, l’intelligence artificielle s’est ensuite effacée définitivement derrière le vrai maire de Bonifacio, lequel n’allait pas laisser un imposteur lui voler sa victoire : « Maintenant, je vais vous faire part de mon deuxième discours, celui qui n’est pas préparé. Celui du coeur », a annoncé Jean-Charles Orsucci. Et de remercier tous ceux qui ont pu oeuvrer depuis 2008 à ses côtés pour Bonifacio. « Avant tout, je veux remercier mes parents. Ils m’ont donné l’amour des autres. Ils m’ont donné l’amour de la région, et en particulier de la ville que j’ai l’honneur de servir. Et ils m’ont donné, pour le meilleur et pour le pire, l’amour de la politique. » Réelu pour six ans, Jean-Charles Orsucci l’assure : il n’entend pas mener une politique artificielle : « Ce qui va m’obséder, c’est le résultat électoral dans six ans. Nous avons le devoir et l’honneur de mettre en œuvre le programme sur lequel nous nous sommes fait élire. »
Les sept adjoints au maire élus : Odile Moracchini, Patrick Tafani, Marie-Jo Culioli-Vichera, Denis Lopez, Roxane Piriottu, Alain Di Meglio et Jonathan Catoire (adjoint spécial).
Un peu d'humanité, pour finir
Arrivée au terme de ses dix minutes de discours, l’intelligence artificielle s’est ensuite effacée définitivement derrière le vrai maire de Bonifacio, lequel n’allait pas laisser un imposteur lui voler sa victoire : « Maintenant, je vais vous faire part de mon deuxième discours, celui qui n’est pas préparé. Celui du coeur », a annoncé Jean-Charles Orsucci. Et de remercier tous ceux qui ont pu oeuvrer depuis 2008 à ses côtés pour Bonifacio. « Avant tout, je veux remercier mes parents. Ils m’ont donné l’amour des autres. Ils m’ont donné l’amour de la région, et en particulier de la ville que j’ai l’honneur de servir. Et ils m’ont donné, pour le meilleur et pour le pire, l’amour de la politique. » Réelu pour six ans, Jean-Charles Orsucci l’assure : il n’entend pas mener une politique artificielle : « Ce qui va m’obséder, c’est le résultat électoral dans six ans. Nous avons le devoir et l’honneur de mettre en œuvre le programme sur lequel nous nous sommes fait élire. »
Les sept adjoints au maire élus : Odile Moracchini, Patrick Tafani, Marie-Jo Culioli-Vichera, Denis Lopez, Roxane Piriottu, Alain Di Meglio et Jonathan Catoire (adjoint spécial).