​Municipales à Sartène : Ludovic Cerlini et Pascal Quilichini se retirent

Written on 03/17/2026
Patrice Paquier Lorenzi

Le second tour des élections municipales à Sartène opposera finalement Christophe Mondoloni à Paul-Félix Benedetti. Après Pascal Quilichini, Ludovic Cerlini a annoncé ce mardi son retrait, sans donner de consigne de vote. Dans un contexte de forte participation et de résultats serrés, les reports de voix s’annoncent déterminants.

La campagne municipale à Sartène connaît un tournant décisif. Arrivé quatrième au premier tour avec 12,61 % des suffrages (306 voix), Ludovic Cerlini a officialisé ce mardi matin son retrait de la course, rejoignant ainsi Pascal Quilichini, troisième avec 17,8 %, qui avait déjà annoncé son désistement la veille. Aucun des deux candidats n’a donné de consigne de vote, laissant leurs électeurs libres de leur choix à quelques jours d’un second tour qui s’annonce particulièrement ouvert.

« Je suis un très modeste candidat. Donner une consigne de vote, pour moi, c’est un concept très abstrait », explique Ludovic Cerlini, refusant toute idée d’appropriation des voix. « Je ne suis propriétaire d’aucune voix, si ce n’est la mienne », ajoute-t-il, insistant sur la nature profondément locale et personnelle du scrutin.

Même posture du côté de Pascal Quilichini (« Anima Sartinesa »), qui assumait son retrait dès hier après un résultat jugé insuffisant. « J’ai fait un mauvais score », reconnaît-il, estimant qu’il n’y avait pas de sens à se maintenir « pour, au fond, ne pas pouvoir faire grand-chose ». Marqué par les divisions internes et le poids des mandatures précédentes, il appelle surtout à laisser les futurs élus travailler, sans pour autant masquer ses doutes sur l’avenir de la commune.

Pour qui voteront les électeurs de Pascal Quilicchini et Ludovic Cerlini ?

Dans ce contexte, la configuration du second tour est désormais claire : un face-à-face entre Christophe Mondoloni (« Sartè pà fà la campà »), arrivé en tête avec 35,99 % des voix, et Paul-Félix Benedetti (« Aiò Sartinesi ! »), crédité de 33,59 %. Une soixantaine de voix seulement séparent les deux hommes, rendant l’issue du scrutin particulièrement incertaine.

Christophe Mondoloni se félicite d’un premier tour marqué par une participation exceptionnelle, proche de 90 %, malgré une météo défavorable. « Cela nous conforte dans l’idée que les habitants veulent du renouveau, une renaissance de la ville de Sartène », souligne-t-il. Il met également en avant la singularité de sa liste, composée à 90 % de personnes novices en politique : « Ils sont là par envie, pas par besoin. » Revendiquant son indépendance vis-à-vis des appareils politiques, il entend désormais élargir son socle électoral en convainquant les électeurs des listes éliminées.

Contacté par notre rédaction, Paul-Félix Benedetti n'a pu être joint ce mardi. Il confiait hier à nos confrères de France 3 Corse Via Stella abordait ce second tour avec « sérénité » mais aussi avec « la ferme ambition de porter la démarche vers la victoire ». Dans une campagne qu’il qualifie de « compliquée », il appelle à un « renversement structurel » pour mettre fin à ce qu’il décrit comme des années de « mauvaise gestion » et de décisions guidées « par l’affectif ». Pour lui, l’enjeu dépasse l’alternance : il s’agit d’instaurer « une gouvernance nouvelle », portée par une équipe « compétente et soudée ».

Reste désormais une inconnue majeure : le comportement des électeurs de Ludovic Cerlini et de Pascal Quilichini. Sans consigne claire et officielle du moins, leurs voix deviennent l’arbitre d’un duel particulièrement serré. Dans une commune où la mobilisation a atteint un niveau rare, chaque bulletin pourrait faire basculer l’élection et où les 380 abstentionnistes du premier vont être également particulièrement convoités.