Christophe Bourgois Costantini est auteur, conférencier, coach de vie. Dans son dernier roman « Chaînes de crimes », il soulève le cas du chimérisme qui défie les lois de la génétique et des test ADN. Un roman palpitant sur fond de vérité et de cette découverte qui fait état d’un possible double ADN chez un être humain chimère. Rencontre
Auteur de plusieurs romans policiers, sous le nom de Chris Costantini, il publie le 1er, La Note noire, en 2009, suivront À pas comptés, en 2011, Lames de fond, en 2013, Il n'est jamais trop tard, en 2014, Vazco, en 2021 et Chaîne de crimes, en ce début 2026. Avec ceux-ci il a obtenu plusieurs prix littéraires, dont le prix du premier roman du Festival international du film policier de Beaune pour La Note noire. Le personnage est passionnant car Christophe Costantini possède, à sa façon, un double ADN : Celui de romancier et celui de coach de vie…. Il s’en explique.
Ce Cold Case plonge le lecteur dans le New-York des années 70 à nos jours. Le meurtre de la meilleure amie du détective Thelonious Avogaddro vient d’avoir lieu à New-York. Un 10 juillet. La même date et le même modus operandi que celui irrésolu de Laura, perpétré plus de 50 ans auparavant et qui le hante toujours. Thel va se fier à son instinct de flic, à sa maitrise des ressorts psychologiques et à un programme IA qu’une jeune geek va développer, d’autant que ses certitudes vont être bousculées par un des rares cas ou l’ADN n’est pas une preuve absolue…
- Un mot sur vos racines ?
- Ma maman est une Costantini et on est depuis cinq générations sur Ghisoni. Mon arrière-grand-oncle est le premier homme à avoir survolé la Corse en SPAD (ndlr :avion biplan français utilisé lors de la Première Guerre mondiale) et a créé l'Alzitone à Ghisonaccia. Moi, je suis né au Gabon car à l’ époque mes parents étaient en Afrique.
- Comment votre goût pour l’écriture s’est-il déclaré ?
- Par un drame. Mes parents étaient des expatriés et ils m'ont envoyé très très jeune faire des études à Paris. Je partageais une habitation avec une cousine. En 1983 elle a été assassinée de quatre coups de couteau par un type qui sera libéré par la suite par Mitterrand lors de sa grâce. Cet épisode je l'ai longtemps caché en moi. Je n'ai jamais voulu qu'il ressorte. Lorsque j'ai écrit mon premier polar, « La note noire », je me suis rendu compte qu'en fait, même si mon héros était américain et que c'était sa sœur qui était la victime dans le roman, moi, c'était ma cousine. Quand j’ai réalisé cela, je suis allé voir ma tante pour lui expliquer qu’en fait j’avais écrit l’assassinat de sa fille. Elle m'a dit : « si tu peux la faire revivre, vas-y ». Et voilà un peu d'où est venu cet amour des polars.
- Avec un personnage récurent, ce détective new-yorkais du nom de Thelonius Avogadro…
- Je suis un passionné de jazz. Thelonius, c’est pour Thelonius Monk, un compositeur de jazz de génie. Avogadro car je voulais lui donner des racines latines mais en même temps new-yorkaises parce que j'aime bien ces polars à l'américaine avec ce type de flic un peu cabossé par la vie mais doté d’un instinct redoutable et qui tombent sous des charmes vénéneux ou sur de vrais pourris. J'ai été très impressionné par le cinéma de Coppola, de Michael Mann et j'essaye modestement de reconstituer un peu cette atmosphère.
- Et d’autres romans ont suivi..
- J'avais été tellement heureux d'écrire ce premier roman que les idées sont venues presque toutes seules.
- Pourtant en 2021 vous mettez « Thel » en parenthèses avec la publication de Vazco dont une partie de l’action se passe à Bastia?
- J'ai voulu changer de héros. Ça n'a pas été une bonne idée de ma part. J’ai toujours été hanté par le trésor de Rommel. Et j'ai commencé à effectuer des recherches, me rendre sur les lieux pour que tout soit véridique. J'ai ainsi découvert qu'il y avait mille milliards d'or enfouis dans les mers du monde, aussi bien en Méditerranée qu'au large de la Guadeloupe ou de la Jamaïque. Et finalement pour cette histoire j'ai inventé un héros qui ne me ressemblait pas.
- D’où le retour de « Thel » en janvier 2026, dans ce roman « Chaînes de crimes » ?
- Je suis revenu à Thel parce que je suis assez attaché à ce genre de roman-là et que le personnage me manquait. Et puis surtout j'ai découvert quelque chose d'absolument extraordinaire, à savoir que nous serions, dans beaucoup de cas, porteurs de plusieurs ADN.
- Vous apportez une vision nouvelle de l’ADN en fait ?
- Lors de mes recherches pour écrire le livre j’ai appris que certaines personnes disposeraient de plusieurs ADN et ce serait dû à trois phénomènes qu’il serait bien trop long à expliquer mais les preuves sont là. Ça s'appelle le chimérisme. Chez une chimère, par exemple, l’ADN prélevé dans sa salive peut ne pas être le même que celui trouvé dans son cheveu. Les gars du FBI sont parfaitement au courant. Et aujourd’hui sur une scène de crime, si les enquêteurs s’aperçoivent que le criminel est concerné par l'un de ces trois phénomènes, l'ADN n'est plus une preuve absolue. Et ça beaucoup de gens l’ignore. Ça remet en question tout le crime. Et c'est le premier polar qui en parle.
- Vous abordez aussi d’autres thèmes bien d’actualité ..
- Oui, notamment la lutte pour l'égalité des sexes, le combat des femmes, l'ingérence du pouvoir, la mafia.
- Ce livre est publié en partenariat financier auprès de l’association Laurette Fugain, la fille de Michel Fugain.
- Lors d’une conférence que je faisais pour un labo, Stéphanie Fugain, l’ex -femme de Michel, était présente. La leucémie a emporté leur fille Laurette. J’ai été touché par le témoignage de Stéphanie et j’ai décidé que je lui donnerais chaque euro gagné sur ce polar. Je tiens beaucoup à cette cause.
- Vous parliez de conférence à l’instant car vous êtes aussi coach de vie ?
- J'ai fait voilà longtemps une dépression profonde liée à une séparation. C’est là que j'ai plongé dans l'univers du développement personnel. J'ai vu une psy et ça a été formidable. J'ai senti cette armure se péter. Tout ce que j'avais pris, malgré moi, de la transgénérationnalité de ma famille, de mes parents, de mes arrière-grands-parents, toute cette histoire a volé en éclats. Je me suis rendu compte d'un monde sensationnel pour aider l'autre : Le monde du coaching, mais pas le coaching tel qu'on l'entend ou le voit à la télé et dont le nom est galvaudé. Il faut un vrai vécu pour pouvoir aider l'autre. J'ai fait HEC pendant un an et demi, un an de tour du monde, puis j'ai travaillé les sciences du comportement, le MBTI, la Procescom, les Ennéagrames. Et aujourd’hui j'aide des gens, des inconnus et des connus. Le coaching, ce n'est pas très cher et ça peut changer votre vie.
- Les projets ?
- Je vais partir du 22 avril au 15 mai, avec mon saxophone faire du chamanisme dans une tribu très reculée en Colombie avec l'autorisation du gouvernement colombien. J'ai un guide qui m'accompagne et on va faire sept heures de pirogue pour rallier cette tribu. Je pars un peu à l'aventure avec mon saxophone qui sera peut-être le premier à résonner dans une forêt primaire.
Ce Cold Case plonge le lecteur dans le New-York des années 70 à nos jours. Le meurtre de la meilleure amie du détective Thelonious Avogaddro vient d’avoir lieu à New-York. Un 10 juillet. La même date et le même modus operandi que celui irrésolu de Laura, perpétré plus de 50 ans auparavant et qui le hante toujours. Thel va se fier à son instinct de flic, à sa maitrise des ressorts psychologiques et à un programme IA qu’une jeune geek va développer, d’autant que ses certitudes vont être bousculées par un des rares cas ou l’ADN n’est pas une preuve absolue…