Le STC occupe depuis ce lundi matin, les locaux de l’ARS à Ajaccio, à la suite selon eux « de propos jugés insultants » de la part de Jean-Luc Pesce, le directeur général du CH Ajaccio, tenus en réunion. A l’origine du conflit, un mouvement de grève entamé par un collectif des brancardiers, suite à un projet de réorganisation de la profession au sein de l’Hôpital de la Miséricorde avec notamment la mise en place de tablettes numériques pour fluidifier les mouvements. Le collectif regrette « une déshumanisation de la profession » et demande le retrait du projet.
Le Syndicat des Travailleurs Corses (STC) occupe depuis le lundi matin les locaux de l’ARS à Ajaccio. Une vingtaine de membres du syndicat protestent contre les propos tenus à l’encontre de l’un d’entre eux, par Jean-Luc Pesce, le directeur du CH Ajaccio, ce vendredi, en réunion. Rémy Bizzari, membre du STC Miséricorde explique : « Nous soutenons le collectif des brancardiers, qui représente la totalité de la profession an sein du CH Aiacciu. Nous avons déposé un préavis de grève en raison de désaccords sur la réforme proposée par la direction. Durant cette réunion, le directeur a clairement insulté un de nos de délégués syndicaux. Nous sommes allés au bout de la réunion par mesure de responsabilité. Mais, pour nous, il n’est plus notre interlocuteur. Nous avons tenu à alerter l’ARS sur les propos qui ont été tenus. Nous occupons ce matin leurs locaux pacifiquement pour demander des explications. Nous attendons des réponses claires. Le dialogue social est totalement rompu ».
« Une perte de temps importante »
A l’origine du conflit, un projet de réorganisation des brancardiers au sein du Centre Hospitalier de la Miséricorde d’Ajaccio, que détaille Ghjuvan-Paulu Satgia, membre du collectif, qui représente une quarantaine de personnes au sein de l’établissement : « La direction veut nous imposer la mise en place de la numérisation par le biais de tablettes numériques, qui nous enlèverait tout contact physique avec les patients et les soignant » et ajoute : « en cas d’urgence vitale, le soignant doit passer par un logiciel pour envoyer la mission au brancardier par le biais de la tablette. Concrètement, il y a une perte de temps importante mais aussi une déshumanisation de la profession. Nous y sommes totalement opposés. Nous ne travaillons pas dans une usine mais dans le milieu hospitalier. Ce qui nous importe, c’est le bien du patient » et pointe le risque de suppression de postes : « ce qui leur importe c’est le chiffre avec forcément, des suppressions de postes dans les années à venir ».
Depuis quelques semaines, le collectif qui rassemble la quasi-totalité de la quarantaine de brancardiers du CH Ajaccio, dit ne pas se sentir écouté par la direction et a déposé un préavis de grève en ce sens. « On continue malgré tout de travailler parce qu’on ne peut pas jouer avec la vie des patients ». Ce lundi matin, les membres du STC et du collectif ont été reçus par l’ARS, et notamment sa nouvelle directrice Christelle Boucher-Dubos « dans un rôle de médiation » et occupent toujours les locaux dans l’attente de « réponses concrètes ». Joint par téléphone, la direction de l'Hôpital n'a pas souhaité s'exprimer.